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Volley : première analyse après le soulagement

L’équipe, qui a acquis samedi dernier son maintien en Pro B, limite enfin les dégâts d’une saison bien décevante. Quelles analyses en tirer et dans quelles conditions peut se poursuivre l’aventure ?



Le Chaumont-Volley-Ball 52 Haute-Marne a eu la bonne idée de remporter haut la main son dernier match de la saison à domicile. Par cette nette victoire (3 à 0), il a donc su se mettre à l’abri d’un retour de ses principaux adversaires.
Tout risque d’une descente en N1 est écarté. Et c’est tant mieux, car nombre de dirigeants prétendent qu’une relégation aurait entraîné l’effondrement du club. Selon eux, en tout cas, jouer à ce niveau coûte presqu’aussi cher que d’évoluer en Pro B. Or il leur paraît impossible de trouver le financement nécessaire.
Peut-être ont-ils tort. Mais chacun est bien aise aujourd’hui de n’avoir pas à l’expérimenter...
Toujours est-il qu’en battant Canteleu-Maromme samedi dernier - une équipe qu’il n’avait jamais dominée jusqu’à présent - le CVB 52 HM a évité d’être confronté au pire. N’ayant plus besoin de compter sur la défaillance d’un concurrent direct, il a montré qu’il était encore capable de se sortir seul d’un très mauvais pas. Ce qui lui a permis au moins de se réconcilier avec son public.
Une victoire samedi prochain à Aix, pourrait même le hisser à la 10e place du championnat. Ce qui, finalement, ramènerait le club au même niveau que l’an dernier.

L’absence «bénéfique» de deux grands attaquants

Le plus étonnant, c’est que le léger mieux de la fin de saison correspond au retrait sur blessures de deux joueurs du 6 majeur : l’attaquant prioritaire Zakaria Bairi et le réceptionneur-attaquant Constant Tchouassi. L’un étant international marocain, l’autre ancien pensionnaire de Pro A qui a parfois évolué aussi en pointu.
Ils ont été remplacés par des joueurs réputés moins percutants à l’attaque, mais qui se sont d’abord avérés solides en réception et en défense (à l’image de Maxime Leseur qui s’est montré complet et déterminé). Ce qui a permis de mieux servir le passeur ; lequel a, dès lors, mis en valeur les attaquants les mieux placés. On a alors assisté à un festival de Vadim Evtoukhovitch.
Il est difficile de tirer des conclusions définitives de cette expérience ; d’autant que Canteleu a laissé apparaître des faiblesses assez inhabituelles. Encore fallait-il savoir en profiter et ne jamais laisser l’adversaire reprendre confiance. Ce que le CVB a rarement su faire jusqu’ici.
Après coup, on peut se dire que, dans une telle configuration, les Chaumontais auraient certainement connu un parcours moins difficile cette année. Mais ils ne pouvaient cependant guère espérer accrocher les meilleures équipes du championnat.
Et voilà l’éternel débat.

Avantages et inconvénients de la formule offensive

Il est un fait que Chaumont a beaucoup perdu cette saison à cause de la mauvaise qualité de ses réceptions. Mettre des spécialistes de ce geste particulier aurait amélioré les choses. Mais, pour battre les meilleurs et monter en Pro A (c’était l’objectif initial de Chaumont), il fallait tout de même aligner une grosse force de frappe.
L’entraîneur Pompiliu Dascalu est un ancien grand attaquant. Il est naturellement enclin à constituer des équipes très offensives. Et c’est en se basant sur sa propre expérience qu’il croit à leur succès.
Pour lui, un bon attaquant doit être capable de marquer, même quand il est mal servi. Et si une équipe possède plusieurs phénomènes de ce genre, qu’importe si leur geste en réception n’est pas idéal, ils sauront finir le point, dans la plupart des cas.
Malheureusement, la formule n’a pas toujours fonctionné. On a vu des équipes chaumontaises capables de mettre en difficulté n’importe qui, mais susceptibles aussi de s’effondrer n’importe quand. En fait, le mental a rarement suivi.
Pour que la formule fonctionne, il faut des joueurs qui ne se posent pas de questions en réception et qui, à l’attaque, ne cherchent pas à savoir si la balle est bien arrivée ou non. Du moment qu’elle passe à portée de main, ils cherchent à faire le point par tous les moyens.
L’année où Chaumont a raté d’un cheveu la montée, il y avait un phénomène de ce genre : Serguey Sayfulin. Il y avait aussi Guy Valentin, un pointu qui n’a peur de rien (suppléé parfois par Fabien Pelc), et déjà... un certain Vadim Evtoukhovitch. Et puis, en joker, était arrivé le Finlandais Antti Siltala.
C’est peu de dire que cette équipe était très offensive. C’est aussi pourtant celle qui a le plus beau palmarès.
Depuis, malgré un budget plus élevé, la mayonnaise n’a jamais pris de la même façon.

La question de l’entraîneur

Le maintien étant quand même acquis cette année, il reste à savoir de quoi sera faite la prochaine saison.
Une chose est à peu près sûre : il va falloir se débrouiller avec un budget en baisse. Il est vrai qu’après avoir annoncé l’objectif de la montée et s’être finalement battu pour ne pas descendre, il n’est pas facile de trouver encore des arguments pour motiver tous les partenaires. Le Conseil général, par exemple, qui était le plus gros financeur, a déjà laissé entendre qu’il allait s’impliquer nettement moins. Et puis on peut craindre, pour toutes sortes de raisons, le désengagement de quelques sponsors privés locaux.
En revanche, on se souvient que Luc Chatel avait promis d’amener un gros sponsor national.
Si tel est le cas, les dirigeants peuvent peut-être compter sur un budget en baisse, certes, mais pas trop.
Le problème, c’est que les transactions ont déjà lieu un peu partout pour monter les équipes. Or, pour cause d’incertitudes en tous genres, il ne se passe pas grand chose du côté de Chaumont.
La première question est de savoir qui sera l’entraîneur. Puis quelle équipe il souhaitera mettre en place et avec quel argent.
Il n’est pas exclu que, pour envoyer un signe aux partenaires financiers, les dirigeants souhaitent s’attacher les services d’un nouvel entraîneur, histoire de miser sur un nouveau départ. Toutefois, Pompiliu Dascalu nous a confié n’avoir pas encore réussi à obtenir une discussion sur le sujet avec les dirigeants.

Lionel Thomassin
Jeudi 30 Avril 2009
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