Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Volley : le CVB 52 HM se sépare de Pompiliu Dascalu

Après cinq saisons passées à Chaumont, l’entraîneur du CVB 52 HM Pompiliu Dascalu vient d’être remercié pour manque de résultat. Une décision qu’il comprend. Mais avant de partir, il tient à donner quelques explications. 



Lorsque Pompiliu Dascalu est arrivé à Chaumont, Le Chaumont-Volley-Ball 52 Haute-Marne était aux 36èmes dessous. Il venait d’éviter par miracle la relégation en N1. Il s’était sauvé le dernier jour, dans le 5ème set d’un match disputé à Agde. Les Chaumontais étaient menés 14 à 11 dans le tie break. Mais, contre toute attente, ils ont su revenir au score et gagner, envoyant Agde en enfer.
Les conditions étaient alors loin d’être idéales pour constituer une nouvelle équipe ; d’autant qu’incertain sur son avenir, le CVB a commencé son recrutement longtemps après les autres clubs.
Pompiliu Dascalu, qui sortait à peine d’un statut d’entraîneur-joueur, était arrivé avec son passeur (Tomislav Misin). On savait qu’il avait l’expérience de l’accession au plus haut niveau (il avait même réussi à faire passer en deux ans une équipe de N1 en Pro A).
Ça tombait bien puisque la montée était déjà l’objectif affiché par Chaumont, mais pas dans l’immédiat. L’équipe étant constituée de joueurs trouvés ici et là, le club entendait construire dans la durée.
Et puis tout s’est déroulé merveilleusement. Le CVB a finalement disputé les Play Off. Il a raté la montée de trois fois rien, dans une salle Jean-Masson archi-comble et déchaînée.

De déceptions en déceptions

L’année suivante, après un savant recrutement (12 joueurs de bon niveau permettant de doubler tous les postes), il ne faisait de doute pour personne que la Pro A était à portée de main. Mais les joueurs, qui étaient de huit nationalités différentes ne se comprenaient pas. Et beaucoup d’entre eux ont mal vécu la concurrence.
Le club s’est classé 5e.
Puis, ça a été le début de la descente. Chaque année l’équipe a été profondément modifiée. Elle a terminé 7ème, puis 10ème et enfin 11ème cette année. On a même pu craindre à nouveau la relégation en N1.
Ces résultats en constante régression, année après année, ont conduit les dirigeants à envisager le changement d’entraîneur. Ils ont finalement annoncé lundi à Pompiliu Dascalu qu’ils ne souhaitaient plus renouveler son contrat.
Le président Christian Marcenac s’en déclare désolé. «C’est un grand Monsieur, qui a d’énormes qualités humaines. Nous n’avons jamais eu l’ombre d’un problème avec lui...
«Je regrette que l’équipe n’ait pas pu obtenir son maintien en Pro B avant le dernier match à domicile. Parce qu’alors on aurait pu annoncer son départ avant la fin du championnat et lui rendre hommage devant le public de la salle Jean-Masson».

«Les dirigeants ont raison !»

«Je n’aurais certainement pas aimé, répond aujourd’hui Pompiliu Dascalu. Il m’aurait été pénible de me faire applaudir par certaines personnes qui ont passé toute l’année à réclamer mon départ auprès des dirigeants...
«De même, j’en ai un peu marre d’entendre parler de mes qualités humaines... Si je suis venu à Chaumont, c’est parce qu’on me reconnaissait à l’époque quelques qualités professionnelles.
«Je sais que j’ai complètement échoué ici. Et je donne complètement raison aux dirigeants qui ne me gardent pas, parce que mes résultats sont mauvais. Mais il est difficile d’entendre critiquer mon travail par des personnes qui ne savent rien de ce que je fais...».

Entraîneur trop exigeant ou joueurs sans ambition ?

Pompiliu Dascalu est, à l’instar de son prédécesseur (Olivier Lardier), un entraîneur qui prépare énormément les rencontres, en étudiant l’adversaire de façon quasi scientifique.
Nous avons d’ailleurs entendu des joueurs lui en faire le reproche, expliquant que s’ils jouaient en Pro B plutôt qu’en Pro A, c’est parce qu’ils n’avaient pas toutes les qualités requises. «Nous faire évoluer en fonction de l’adversaire, expliquaient-ils, c’est nous obliger à réaliser des gestes que nous ne maîtrisons pas toujours bien. Mieux vaut nous laisser faire ce qui nous réussit le mieux, même si l’adversaire s’y attend».
Pompiliu Dascalu, qui se plaignait souvent de ne pas voir ses consignes appliquées, regrette pour sa part le manque d’ambition des joueurs. «J’en ai très peu vu qui cherchaient à s’améliorer, constate-t-il. La plupart vivent sur leurs acquis. Ils refusent même de me croire quand je leur dis qu’ils sont capables de réaliser telle ou telle action».
Et là, il adresse aussi une critique aux dirigeants : «On me dit que je ne suis pas assez méchant. C’est certainement vrai. Mais l’exemple n’est jamais venu de l’encadrement. Les joueurs à Chaumont sont des rois. Il arrive qu’on crie après eux pendant le match, ce qui n’est pas la meilleure chose à faire. En revanche, le reste du temps, ils ont droit de tout. Ce n’est pas un hasard si, une année, deux d’entre eux ont été contrôlés positifs au cannabis. Cette année-là d’ailleurs on était 2ème à l’issue des matchs aller. Tout s’est dégradé par la suite...

Entraîneur et club en recherche

Pour le reste, Pompiliu Dascalu explique en partie aussi le mauvais parcours chaumontais par l’emballement de la première année et la déception excessive de la deuxième. «Le 5ème place était honorable, rappelle-t-il. Or ça a été vécu comme une catastrophe».
Le besoin impérieux de se rattraper chaque année. La recherche de joueurs capables de faire la différence... et puis quelques coups du sort, peuvent ensuite expliquer la spirale négative.
Toutefois, dans la discussion, il revient régulièrement à lui, se jugeant responsable de n’avoir pas su apporter les bonnes solutions.
De toutes façons, quelle que soit leur point de vue sur le travail de l’entraîneur, les dirigeants étaient condamnés à prendre une décision radicale. Aujourd’hui beaucoup de partenaires du club hésitent à s’impliquer de nouveau. Il fallait un geste fort pour montrer que quelque chose allait changer.
Mais ils ne sont pas dans la meilleure situation qui soit. Car il leur faut trouver un nouvel entraîneur et décider avec lui de la nouvelle équipe. Sans connaître toutefois le budget dont ils pourront disposer. Il faut pourtant faire vite. Partout les négociations ont commencé et certaines équipes (comme Cambrai) sont déjà constituées pour la saison 2009/2010.
Pompiliu Dascalu, pour sa part, s’est mis sur le marché. Déclarant aimer la France, il espère trouver un poste dans l’Hexagone. Il n’est donc pas exclu qu’on le revoie salle Jean-Masson.

Lionel Thomassin
Jeudi 7 Mai 2009
Lu 1831 fois
Notez

Nouveau commentaire :