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Volley en danger : qui saura débloquer la situation ?

A 15 jours de la date limite des inscriptions en Pro B, les dirigeants du CVB n’ont pris aucun engagement. Ils estiment n’avoir pas suffisamment de garanties. Si rien ne bouge, le haut niveau disparaîtra.



Bonne nouvelle : les finances du Chaumont-Volley-Ball 52 Haute-Marne sont toujours parfaitement saines. La DNACG (Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion) ne voit aucun inconvénient à la poursuite des activités du CVB en Ligue B masculine (le nouveau nom de la Pro B). Ce qui ne sera peut-être pas le cas de tous les clubs.
Mauvaise nouvelle : les dirigeants du club haut-marnais estiment pour leur part qu’ils n’ont pas, pour l’instant du moins, les moyens d’assumer une nouvelle saison en Pro B. Ils expliquent ne pas se sentir capables de faire fonctionner correctement le club avec moins de 650 000 euros. Et comme ils sont encore loin d’être assurés de récolter des sommes suffisantes auprès de certains de leurs partenaires, ils préfèrent ne prendre aucun engagement.
Concrètement, ils n’ont pas remplacé l’entraîneur (Pompiliu Dascalu) dont ils ne voulaient plus et qui est parti tenter sa chance en Ligue A féminine. Ils n’ont pas non plus signé le moindre contrat avec un joueur.
Quand on sait que certaines équipes ont terminé leur recrutement depuis plusieurs semaines et que les tractations battent leur plein actuellement, il y a déjà quelque chose d’inquiétant. Mais le pire, c’est que la date limite d’engagement des clubs en Ligue B est fixée au 15 juin. Et les dirigeants affirment que s’ils n’ont rien de nouveau d’ici là, ils ne prendront pas le risque d’inscrire le club dans le championnat professionnel.
Autant dire qu’on est à deux doigts de voir disparaître le sport de haut niveau à Chaumont. Heureusement, malgré l’urgence, rien n’est encore perdu.

Suspendus à la décision du Conseil général

Pour la saison qui vient de s’achever, le CVB a disposé d’un budget d’un peu moins de 800 000 euros. L’objectif étant la montée en Pro A, à court ou moyen terme, on ne peut pas dire que l’effort financier ait été couronné de succès. Au contraire, le club a régressé dans la hiérarchie de Pro B au point d’avoir dû même se battre pour ne pas descendre.
La déception est grande, forcément. Et il est évident que la future saison ne se prépare pas dans l’enthousiasme.
Les partenaires institutionnels et les sponsors privés sont moins chauds.
Le club a certainement voulu faire un geste en leur direction en annonçant qu’il se séparait de l’entraîneur présent à Chaumont depuis 5 ans. Pour les dirigeants, c’était la preuve qu’ils s’engageaient dans une autre voie.
Partant de là, conscient qu’ils ne pouvaient quand même plus espérer les mêmes sommes, ils ont calculé le montant minimum qui leur permettrait de s’engager à nouveau. Et la majorité est tombée d’accord sur 650 000 euros. Soit à peu près le budget de la saison 2007/2008.
Le tout est de savoir si un retour en arrière de deux ans est réaliste ou pas du point de vue de la volonté et de la capacité des financeurs. Quand la crise économique et financière vient s’ajouter à la déception d’un objectif manqué, les bonnes volontés ne se mobilisent pas facilement.
La principale inconnue porte sur la participation du Conseil général.
Avec plus de 260 000 euros, le Département à été le principal financeur du projet de montée en Pro A. Il est normal aujourd’hui qu’il revoie ses subventions à la baisse. Il reste à savoir maintenant à combien il estime l’intérêt de conserver un club en Pro B.
S’il reste à un bon niveau (disons pas trop en dessous de 200 000) la confiance reviendra et les sponsors privés locaux suivront, à peu près certains de passer une saison correcte.
Ce week-end, les dirigeants du volley vont rencontrer des élus de la commission des sports du Conseil général. Auront-ils une réponse satisfaisante avant le 15 juin ?
Ça paraît difficile. Et, de ce point de vue, on a du mal à rester optimiste...

De combien dispose-t-on aujourd’hui ?

A ce stade, on a envie de prendre le problème dans l’autre sens. C’est à dire de voir de quoi le club peut d’ores et déjà disposer et d’imaginer ce qu’il serait possible de faire avec.
On se souvient que Luc Chatel s’était engagé sur une somme à peu près identique à celle du Conseil général. Mais en deux temps : la ville donnant une subvention de 130 000 euros, le reste venant de sponsors nationaux trouvés par le maire-ministre. On n’imagine pas qu’il puisse revenir sur cette position. De toutes façons, il n’a aucun intérêt à voir s’écrouler le seul sport-spectacle de haut niveau pratiqué dans sa ville.
En partant donc de cette base et de tout ce qui peut suivre (autres collectivités, sponsors locaux... et spectateurs), il est tout à fait réaliste de compter sur un budget total d’environ 500 000 euros. Dès lors, on peut toujours recruter un entraîneur et tenter de monter un projet avec lui.
Certaines équipes, qui se créent avec un bel enthousiasme, y arrivent bien.

Le choix entre deux minces espoirs

Chaumont a connu des années de vaches maigres avec des budgets encore inférieurs à celui-là. Mais le problème, c’est que les dirigeants du CVB 52 HM n’en sont plus là. Il leur faut gérer un budget correct qui leur permet de recevoir au final l’assentiment de la DNACG.
Ils se sont usés à monter chaque année des projets sérieux et à rencontrer malgré tout mille difficultés.
On s’est étonné d’apprendre qu’ayant remercié l’entraîneur, ils n’aient pas tout de suite prévu son remplacement par un homme nouveau. Mais ils sont sincères quand ils disent qu’il leur est impossible de signer le moindre contrat de travail sans savoir de combien ils pourront disposer pour former l’équipe. On peut les croire aussi quand ils disent qu’ils n’arriveraient plus à porter une équipe manquant cruellement de moyens. Ils n’ont plus la moelle des clubs qui viennent tout juste de monter.
Il est logique en fait qu’ils refusent de se lancer dans le moindre recrutement s’ils ne sont pas sûrs d’aller au bout de l’aventure.
L’équation est donc assez simple.
Soit ils obtiennent 650 000 euros et ils repartent avec un nouveau projet. Soit le club est repris par des dirigeants tout neuf ayant suffisamment d’enthousiasme pour ne pas craindre la galère (voire l’aventure) des petits moyens.
Il reste deux semaines pour mettre en place l’une de ces deux solutions. Sinon, il faut considérer qu’au mieux, la salle Jean-Masson ne connaîtra plus, dès la rentrée, que des rencontres de niveau régional.
Le volley va-t-il nous faire revivre en 2009 la mésaventure du foot en 1991 ?

Lionel Thomassin
Samedi 30 Mai 2009
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