Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Volley : ce gâchis qui menace la survie du CVB

A force de ne pas être à la hauteur des attentes qu’il suscite et des financements qu’il lève chaque année, le CVB 52 HM finit par lasser ses partenaires et son public. Le club est en danger. Il faut réagir vite.



Samedi soir, nous étions assis à côté d’accompagnateurs de l’équipe de Brive. L’un d’eux téléphonait régulièrement à des amis pour les informer de la progression du match. A la fin des deux premiers sets gagnés par le Chaumont-Volley-Ball 52 Haute-Marne, on a pu l’entendre dire : «Notre équipe joue bien. Mais si tu voyais les gars en face. Quand ils s’y mettent c’est d’un niveau incroyable. Je n’ai jamais vu ça !». Et pourtant, n’en croyant toujours pas ses yeux, il a pu finalement assister à la victoire de son équipe. Il en était fou de joie, comme on peut s’en douter.
Cette anecdote vient simplement montrer que les Chaumontais ne sont pas les seuls à considérer leur équipe comme faisant partie des meilleures du championnat de Pro B.
Comme d’habitude, mais certainement plus encore cette année, le CVB s’est donné les moyens d’attirer d’excellents joueurs et de monter une équipe bien équilibrée. Pratiquement tous les titulaires ont évolué à un niveau supérieur avec un certain succès. On sait qu’ils ont toujours un bon esprit d’équipe. Ils ont en outre suivi une préparation très sérieuse plus de deux mois et demi avant la compétition.
Bref, toutes les conditions sont réunies pour qu’ils évoluent aux premières places du championnat. Or, actuellement, ils sont 12ème sur 14, à 1 point du dernier.
Bien sûr, ils ont encore le temps de se rattraper. Mais l’an dernier déjà, avec une équipe considérée comme très bonne, le CVB 52 HM a terminé 10ème. Et on pourrait multiplier les exemples de ce type.
Le problème aujourd’hui c’est que tout le monde en a un peu marre.

Le PSG du volley ?

Les choses ont rarement été simples pour le volley chaumontais. Les premiers pas en seconde division nationale ont parfois été trébuchants. Mais tout le monde l’acceptait. Parce qu’on nous disait que le club disposait d’un des plus petits budgets du championnat. Du coup, tout résultat se situant au dessus du minimum nécessaire pour le maintien était vécu comme un succès.
Aujourd’hui c’est un peu l’inverse. Il est difficile de comparer des budgets dont les montants sont rarement étalés au grand jour. Mais on peut affirmer sans se tromper que, financièrement parlant, le CVB se situe désormais dans le premier tiers du championnat de Pro B. Ainsi, lorsqu’on fait le rapport entre les moyens et les résultats, on en vient vite à considérer que Chaumont est un peu le PSG du volley.

La lassitude des financeurs

Comparé à beaucoup d’autres, le club chaumontais a le mérite d’avoir su trouver un très bon apport de sponsors privés. Mais la plus grande part de son budget vient quand même des collectivités locales (Conseil général et ville de Chaumont). Or, celles-là ont des comptes à rendre aux citoyens. Et elles commencent à faire grise mine. Il est évident en tout cas que le club ne leur donne plus en ce moment les moyens de justifier des subventions.
En effet, si les collectivités apportent des financements exceptionnels au volley, c’est parce qu’il propose régulièrement un spectacle extraordinaire à plus de 600 personnes, voire 800 certains soirs. C’est aussi parce qu’il donne une image positive de la ville et du département. Il montre qu’il se passe ici aussi quelque chose de haut niveau. Ça peut alors constituer un sujet de fierté pour les habitants et donner confiance à ceux qui sont appelés à venir à Chaumont.
Le problème, c’est qu’en perdant ses matchs, le CVB perd aussi ses spectateurs. Et le pire, c’est que ceux qui viennent encore salle Jean-Masson ont tendance, comme samedi dernier, à siffler l’équipe.
Lorsque le spectacle n’intéresse plus grand monde et que l’image devient négative, les collectivités n’ont pas d’autre choix que de reconsidérer leurs aides.

Chercher d’autres solutions

Privé d’une bonne partie de ses ressources, le CVB 52 HM devrait forcément quitter la sphère professionnelle. Il n’est plus possible aujourd’hui de faire vivre une équipe avec les moyens qu’on a connus au début.
Le club est donc au pied du mur. S’il ne se ressaisit pas, il est condamné à disparaître de l’élite. Mais que peut-il faire pour arrêter de perdre ?
Samedi dernier encore, on a pu voir en fin de match une équipe vraiment désemparée. Les joueurs ont fait des fautes techniques assez incroyables. Le cauchemar, tant de fois vécu à Chaumont, se répétait encore.
Chaque année nous constatons une forme d’inhibition chez les Chaumontais. Il est très rare qu’on les voie, comme leurs adversaires, complètement libérés, lâcher leurs coups et exprimer leur joie.
Ils ne jouent pas. Ils sont comme paralysés par la peur de mal faire.
Et chaque année nous écrivons que la solution n’est probablement pas de leur mettre une pression supplémentaire. L’idée réflexe de leur passer un savon quand ils ratent une balle n’est pas de nature à faire avancer les choses. Ça fait peut-être du bien à celui qui se défoule en hurlant, mais ça n’aide pas celui qui a fait une erreur parce qu’il était déjà crispé.
Les mêmes difficultés se répétant chaque année avec des joueurs différents et dont la qualité n’est pas mise en cause, il faut bien admettre qu’il existe un problème bien chaumontais. Si le club veut bien le reconnaître, il a peut-être les moyens de trouver la solution. La crise qui menace sa survie aujourd’hui doit l’inciter à trouver des réponses nouvelles.
Les méthodes employées jusqu’ici n’ayant jamais fonctionné, c’est le moment de se montrer inventif. On est dans le haut niveau ou on ne l’est pas ?




Se méfier des comparaisons sans raison

Dans un article consacré aux difficultés du CVB, le JHM donne la parole à Frédéric Perrin, le conseiller municipal délégué aux sports qui établit une comparaison avec le foot. Il donne en exemple le CFC dont la plupart des joueurs ont été formés au club. Mais c’est bien mal connaître le sujet que d’établir ce genre de parallèle.
Il faut savoir d’abord qu’à quelques exceptions près, le volley n’est pratiqué à très haut niveau que par des joueurs mesurant près de deux mètres. On aura beau former tous les jeunes Chaumontais qu’on voudra, il est peu probable qu’on déniche toutes les qualités nécessaires pour monter une équipe professionnelle. Il y a eu de bons joueurs formés à Chaumont et il y en a encore un (Maxime leseur) qui a de l’avenir. Il est d’ailleurs entré quelques minutes sur le terrain, samedi dernier. Mais ça ne sera jamais suffisant.
D’autre part, en admettant que le foot local atteigne le haut niveau national (ce qui est impossible pour Chaumont compte-tenu des salaires et des budgets délirants du foot) le club pourrait au moins valoriser sa formation en «vendant» des joueurs. Dans le volley en revanche, vous pouvez avoir passé des années à former un jeune, le jour où il décide d’aller vendre ses services ailleurs, personne ne vous doit rien.
Enfin, dans le même article, le JHM et l’élu regrettent le manque d’attractivité de Chaumont (du moins avant l’arrivée de Luc Chatel, pensent-ils). Ça expliquerait le fait que les joueurs ne restent pas. Ce qui n’est qu’en partie vrai.
Il est effectivement plus difficile de faire venir des volleyeurs à Chaumont que dans des clubs du bord de la Méditerranée. Mais, lorsqu’ils sont là, beaucoup reconnaissent qu’ils s’y trouvent bien. S’ils repartent rapidement, c’est pour des questions sportives ou financières, rarement parce que la ville leur a déplu.
Samedi dernier le Briviste qui a marqué plus de 40 points contre Chaumont (presqu’un record) s’appelle Guy Valentin. A la fin du match, il nous a confié : «Je suis heureux. J’avais un petit compte à régler avec Chaumont. C’est fait, maintenant». Son «petit compte», c’est qu’il a joué deux ans pour le CVB et qu’on lui a finalement préféré un autre joueur dont on espérait plus. Si on avait voulu le garder aux conditions qu’il proposait, il serait toujours là. Et il n’est pas le seul.

Lionel Thomassin
Vendredi 14 Novembre 2008
Lu 1093 fois
Notez

Nouveau commentaire :