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Volley : budget en hausse de 175 000 euros grâce à la ville et à Luc Chatel

Toujours dans l’objectif d’une montée en Pro A, la ville de Chaumont met une rallonge de 50 000 euros et Luc Chatel s’engage à trouver un sponsor national. Ça explique le recrutement assez musclé du CVB 52 HM.



Le Chaumont-Volley-Ball 52 Haute-Marne, qui a tenu son assemblée générale vendredi dernier, projette toujours de monter en Pro A. Officiellement, il prépare l’ascension sur plusieurs années. Mais cette fois-ci enfin il entre dans la bonne démarche, puisqu’il parvient pour la première fois à monter sa nouvelle équipe avec une forte base d’anciens joueurs chaumontais. Ils sont six au total à avoir déjà évolué sous le maillot du CVB (quatre l’an dernier et deux il y a quelques années). Ça devrait éliminer au moins une bonne partie des problèmes d’intégration qui se posent régulièrement. De plus, trois d’entre eux ont été titulaires dans des équipes de Pro A françaises. Et parmi les nouvelles recrues on trouve encore un habitué de la Pro A. Il était encore l’an dernier le capitaine de l’équipe de Toulouse.
Avec cette équipe, et sachant que d’autres se sont également bien renforcées (Marseille notamment), le CVB 52 HM se donne pour objectif de terminer la nouvelle saison dans les 3 premiers du championnat de Pro B. Or on sait que, dans une volonté de reconfiguration des groupes, la ligue professionnelle prévoit de faire monter trois clubs.
Il faut comprendre donc que le club chaumontais s’engage sur une accession en Pro A dès l’an prochain.


Un budget de 807 000 euros

S’offrir les services de quatre anciens pensionnaires de Pro A nécessite quelques moyens financiers. Et c’est d’autant plus vrai que le club a décidé cette année de recruter prioritairement des Français et francophones. Ça permet d’anticiper les exigences à venir de la fédération internationale et ça limite les incompréhensions en interne. Mais ces joueurs-là sont plus onéreux que certains athlètes en provenance directe de pays de l’Est.
Concrètement, le budget du club devra augmenter de 175 000 euros.
Celui de la saison 2007/2008 (qui sera arrêté définitivement en septembre) avoisine les 632 000 euros. Il présente un déficit de près de 10 000 euros, dû essentiellement à la baisse de fréquentation du public lorsque les résultats escomptés n’ont pas été au rendez-vous. Mais le trésorier, Patrick Royer, précise que cette perte n’affectera pas les finances du club. Elle est compensée en effet par les bilans positifs des années précédentes.
Compte tenu des augmentations de dépenses, essentiellement salariales, le prochain budget sera donc de 807 000 euros. Et c’est Luc Chatel qui permet de voir plus grand que le club ne l’a jamais fait jusqu’à présent.

Luc Chatel en V.R.P. du club

En tant que maire, il promet d’abord une rallonge de 50 000 euros sur la subvention municipale. La participation financière directe de la ville devrait ainsi atteindre 185 000 euros (en tenant compte des quelques milliers d’euros versés chaque année lorsque le club s’implique dans des animations municipales en direction des jeunes chaumontais). Sans oublier au passage que le Conseil général donne habituellement plus de 260 000 euros.
Le club rappelle cependant, en citant les chiffres de la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion) que, pour les clubs français de Pro B, les subventions représentent en moyenne 85 % du budget annuel. A Chaumont, elles se maintiennent aux alentours de 60 %.
Pour le reste, en dehors de ses recettes propres (entrées, manifestations...), le CVB a su développer un partenariat privé que beaucoup lui envient. Et justement, Luc Chatel s’est engagé également à aller chercher au moins 100 000 euros de sponsoring national. On ignore quelle(s) entreprise(s) il pense intéresser. Mais l’affaire est forcément bien avancée puisque le club signe des contrats avec des salaires correspondant aux sommes attendues.


Projet municipal, comité de pilotage et contrat d’objectifs

La nouvelle municipalité semble être convaincue de l’intérêt du volley en termes de communication. Elle part de l’idée, comme le dit le président du comité départemental, Jean-Louis Fernandez, qu’on se trouve en présence du «niveau de pratique sportive le plus élevé de Haute-Marne et le plus populaire». Et Frédéric Perrin, conseiller municipal délégué aux sports ajoute qu’il se place dans une logique de sport-spectacle. Il mesure l’animation que le volley apporte aux Chaumontais et il apprécie la vitrine que ça peut représenter vis à vis de l’extérieur. Bref, le CVB dispose de tous les atouts nécessaires pour entrer dans le projet municipal.
Dans la foulée, il annonce aussi que le club disposera d’une place privilégiée dans la grande salle multiactivités que la ville projette de construire.
En attendant, le club met en place un Comité de pilotage. Gilbert Gleyot, qui est chargé de mener à bien le projet, explique que cette structure sera à la fois force de proposition et de contrôle. Elle travaillera sur l’image du club et son utilisation. Et elle s’intéressera de près au contrat d’objectifs que le club signera (pour trois ans en principe) avec ses différents partenaires.
Elle sera composée de deux représentants du Conseil général, deux représentants de la municipalité, plusieurs partenaires privés (ceux qui voudront venir, en fait) et cinq membres du club.

Conseiller municipal délégué aux sports Frédéric Perrin a remis les récompenses à l’équipe amateur la plus méritante du club : celle de Régionale 1 féminine
Conseiller municipal délégué aux sports Frédéric Perrin a remis les récompenses à l’équipe amateur la plus méritante du club : celle de Régionale 1 féminine

Maillot de consolation

Eric Vigneron n’aura pas été le président le plus heureux du Chaumont-Volley-Ball 52 Haute-Marne. Contraint aujourd’hui de se mettre un peu en retrait pour raisons professionnelles, il a dû assumer la saison la plus difficile du club chaumontais.
Il lui a fallu d’abord, avant même le début du championnat, gérer la mort subite d’un joueur au cours d’un entraînement. Et il a connu la descente aux enfers d’une équipe qui n’a été qu’une seule fois au complet. Celle-ci était partie pour jouer les premiers rôles, elle a finalement connu les Play Down...
Heureusement, le bon esprit et la solidarité n’ayant jamais fait défaut, elle a su se sortir rapidement de ce mauvais pas.
Pour remercier celui qui a su tenir les rênes au plus fort de la tempête (et qui reste quand même vice-président), le club lui a fait cadeau d’un maillot ayant été porté par Stéphane Antiga, l’actuel capitaine de l’équipe de France de volley (272 sélections).

Du relâchement chez les amateurs

L’an dernier, l’assemblée générale du CVB 52 HM avait été longuement consacrée à la partie amateur du club. L’équipe de N3 avait terminé à la troisième place de son championnat après un très beau parcours. De plus, les effectifs chez les jeunes étaient en augmentation. Néanmoins, l’un des dirigeants avait tiré la sonnette d’alarme expliquant que nombre de bons résultats étaient trompeurs. Il précisait en effet que la Ligue de Champagne-Ardenne était une des plus faibles de France et que les jeunes ayant connu autrefois les compétitions nationales étaient désormais sur le départ.
Un an plus tard, C’est Daniel Channaux, le responsable du secteur amateur, qui a officiellement alerté l’assemblée.
La progression des effectifs s’est arrêtée (le club compte 113 joueurs et joueuses au total). Le trop faible nombre de licenciés chez les tout-petits ne permet pas de constituer des équipes. Et la N3 (9e sur 12) ne s’est probablement maintenue qu’à la faveur du forfait de deux clubs dans le groupe.
Il y a urgence à réagir...
Le président Marcenac a néanmoins pu féliciter les minimes garçons pour leur beau parcours en Coupe de France ainsi que l’équipe de Régionale 1 féminine (4e sur 9) qui a eu un comportement exemplaire.
La Régionale 1 masculine (7e sur 10) aurait certainement pu faire mieux. A condition, précise l’encadrement, qu’elle sache se discipliner...

Vive les pros !

Par ses subventions spécifiques, ses sponsors et ses entrées, l’équipe de Pro B apporte 90 % des recettes du CVB 52 HM. Mais elle ne dépense que 85 % du budget. Conclusion, que ne manque jamais de tirer le trésorier Patrick Royer : le secteur professionnel apporte une certaine aisance financière au secteur amateur.
De quoi désamorcer les éventuelles récriminations d’amateurs qui trouveraient qu’on en fait un peu trop avec les pros.
Après tout, 5 % de 800 000, ça fait quand même 40 000 euros !

Lionel Thomassin
Vendredi 27 Juin 2008
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