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Volley : à l’abordage ou au sabordage ?

Difficile de gagner quand on se focalise sur l’attaque... Devenu plus conquérant (grâce peut-être à son stage de motivation), le CVB a perdu samedi parce qu’il a pêché en réception. La faute à quoi ?



La prise en compte d’un problème de confiance au sein du groupe professionnel du CVB 52 HM et les premières interventions du Club sportif et artistique de l’école de gendarmerie ont porté des fruits samedi dernier. Devant un public galvanisé aussi par l’apport de 150 élèves gendarmes enthousiastes, les Chaumontais ont fait preuve d’une combativité nouvelle, face à Dunkerque. Malheureusement, ce qui aurait très probablement permis de remporter les deux précédentes rencontres (devant les derniers du championnats) n’était pas encore suffisant pour vaincre une bonne équipe de milieu de tableau.
On ne saurait bien sûr se contenter de cela. Le bon esprit offensif entrevu samedi ne mènera pas encore bien loin. Et si le CVB 52 HM veut montrer que son niveau naturel est bien celui des premières places, il va devoir travailler encore beaucoup sur la confiance. Notre avis est qu’il en a le potentiel. Pourtant, au vu de ce qu’il a présenté samedi, d’autres sont persuadés du contraire.
Voilà qui mérite quelques explications...

L’hypothèse de Daniel Manchin

Daniel Manchin, qui est à la fois sponsor et dirigeant du club, nous a reproché, par mail d’abord, puis de vive voix, de ne pas mettre le doigt sur les vrais problèmes. Selon lui, un journal «poil à gratter» comme le nôtre, se doit dans les circonstances actuelles de mettre en cause la qualité du recrutement et l’efficacité du management de l’entraîneur.
Il faut dire qu’il a quelques arguments : les résultats décevants des dernières années, le fait que 15 jours plus tôt un joueur adverse bien connu ici ait pu marquer plus de 40 points toujours un peu de la même manière, ou le fait encore que contre Dunkerque, le CVB a fait à peu près les mêmes erreurs trois sets durant.
Samedi dernier, le CVB a presque toujours mal réceptionné les services adverses. Si bien qu’on a vu le passeur courir un peu dans tous les sens pour essayer de toucher la balle. Bien souvent, c’est à l’arrière du terrain et à genoux qu’on l’a vu tenter de faire des passes aux attaquants.
Il est évident que, dans ces conditions, non seulement le geste d’attaque est plus difficile à réaliser, mais en plus l’adversaire a tout le temps de préparer son contre au bon endroit.
Du côté de Dunkerque en revanche, le passeur s’est régalé en recevant les balles où il les attendait, près du filet. Il a pu varier le jeu à plaisir, mettant en valeur ses différents attaquants. Il faut dire aussi que les timides services chaumontais avaient peu de chance de mettre les réceptionneurs dunkerquois en difficulté.
Si samedi soir, au tableau d’affichage, Chaumont est toujours resté au contact de Dunkerque, c’est parce qu’il possède un potentiel offensif supérieur à la moyenne.
Mais au volley, comme dans tous les sports collectifs, même en disposant des meilleurs attaquants, il est pratiquement impossible de gagner si on ne peut pas s’appuyer sur une base défensive solide. On peut donc imaginer que le CVB souffre d’une erreur de casting et que l’analyse de Daniel Manchin est la bonne. Mais c’est peut-être aller un peu vite.

Les inconnues

Samedi dernier, François Mérel le libéro titulaire était indisponible pour cause de blessure. Il n’a cependant pas été remplacé par Romain Fernandez, le libéro de l’équipe réserve. L’entraîneur a considéré qu’il n’était pas possible de faire peser sur lui tout le poids d’un match à fort enjeu. Il a donc préféré confier le rôle à un réceptionneur-attaquant plus expérimenté : Igor Jérôme. Ce dernier s’est d’ailleurs plutôt bien acquitté de sa tâche. Ses interventions sur les services adverses ont été satisfaisantes.
Mais les serveurs dunkerquois se sont bien vite aperçus que l’autre partie de terrain était tenue par Davy Chedemail, qui était beaucoup moins sûr. Dès lors ils ont tout joué sur lui. Et le pauvre réceptionneur-attaquant Chaumontais a vécu un calvaire. Avec les conséquences que nous avons décrites plus haut. Or il était difficile de le sortir puisque son remplaçant habituel, Igor Jérôme, était déjà sur le terrain.
A ce stade, on peut toujours reprocher à l’entraîneur de n’avoir pas pris la bonne option de départ. Mais honnêtement, personne ne pouvait penser que ce choix n’était pas le bon.
Ceci étant, même imprévisible, la défaillance technique de Davy Chedemail aurait dû être compensée. Or, plus il allait mal, plus les autres lui laissaient de la place. L’autre réceptionneur-attaquant et capitaine de l’équipe, Constant Tchouassi, est passé en attaquant de pointe, pour pallier un pointu en manque d’efficacité. Il se cachait donc derrière Davy Chedemail.
S’agit-il d’une mauvaise option prise par l’entraîneur, ou d’un manque de solidarité de toute l’équipe ? La réception étant un geste qui demande beaucoup de sérénité, on avait l’impression qu’en dehors du courageux mais malheureux Chedemail (qui a su par ailleurs s’illustrer lui aussi à l’attaque), personne ne voulait prendre le risque de le tenter.

L’hypothèse de L’affranchi

On en revient toujours à un problème de confiance. Celui-ci est récurrent chaque année quelles que soient les équipes. Et nous pensons qu’il est proportionnel à l’attente de toute une ville, voire d’un département. Plus on mise sur le club, moins il réussit.
Certains pensent qu’on ne sait pas trouver les bons joueurs. D’autres (plus nombreux) imaginent qu’il faudrait changer l’environnement des joueurs (à commencer bien sûr par l’entraîneur). Nous on se dit qu’il serait plus judicieux et peut-être plus efficace de trouver en interne les moyens d’utiliser la pression plutôt que de la subir.
De ce point de vue, le travail mené du côté de l’école de gendarmerie est assez séduisant. On a vu en tout cas qu’au bout d’une semaine, il a réveillé au moins l’esprit offensif. Reste à savoir si le petit bénéfice n’a pas été perdu dans la défaite de samedi et s’il est possible de faire le même travail sur le service et la réception.
Au point où on en est, on peut leur laisser encore ce temps-là.
L’entraîneur, qui estime n’avoir pas le droit de s’octroyer encore une défaite, a décidé de s’appuyer au maximum dès maintenant sur ce qui fonctionne : l’attaque. Il fait le pari que si les joueurs réussissent des points difficiles, la réception sera moins fébrile et donc plus efficace elle aussi.
Pas simple ! Mais sait-on jamais... Pompiliu Dascalu explique que, lorsque la confiance est absente, on a beau élaborer les schémas tactiques les plus intelligents face aux spécificités de l’adversaire, rien ne fonctionne vraiment. Et là, il est difficile de lui donner tort.
A voir samedi à Montpellier face au Centre national de Volley-Ball. Cette jeune équipe du pôle masculin de la fédération française a été récemment battue par Dunkerque, au cinquième set seulement.

Lionel Thomassin
Dimanche 30 Novembre 2008
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