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Voeux : C’est moi Chatel, c’est toi Zupan...

Le maire Luc Chatel et le directeur général des services municipaux Jean- Michel Zupan se sont livrés à un petit numéro de duettistes assez étonnant lors de la cérémonie des voeux.



«C’est moi Chatel, c’est toi Zupan. C’est moi le bon et toi le méchant...».
Cette petite chanson nous trottait dans la tête vendredi dernier à la fin de la cérémonie des vœux échangés entre élus et employés, qu’ils soient de la ville ou de la communauté de communes. Il faut dire que le maire Luc Chatel et le directeur général des services municipaux, Jean-Michel Zupan, se sont livrés à un petit numéro de duettistes assez étonnant.
Remarquez, cette réunion annuelle qu’on pourrait croire faite de civilités insipides nous réserve régulièrement son lot de surprises.
L’ancien DGS, François Lavandier, se servait parfois de cette occasion pour porter quelques contentieux sur la place publique. On se souvient que son ire s’était une année déversée sur L’affranchi. Ce que nous avions bien sûr raconté et commenté par le détail.
Si on ne s’ennuie pas dans ce type de rassemblement, c’est peut-être parce que c’est la seule possibilité pour le directeur de prendre librement la parole en public.
La différence cette fois-ci, c’est que le discours du nouveau DGS paraissait s’inscrire dans un jeu concerté avec le nouveau maire.

Jean-Michel Zupan : «on prendra le temps de sanctionner»

D’ordinaire, le directeur des services est là pour présenter les vœux du personnel au maire et aux membres de la municipalité. On s’attend donc à ce qu’il parle aux élus au nom des employés. Or, vendredi dernier, Jean-Michel Zupan s’est adressé plutôt aux agents ; et plus particulièrement à ceux qui, selon lui, ne font pas bien leur travail.
«Actuellement, a-t-il déclaré, il nous faut passer plus de temps avec les agents qui posent problèmes qu’avec ceux qui donnent satisfaction. Il est cependant indispensable de mettre en place des procédures pour sanctionner. Et nous prendrons le temps qu’il faut...».
Le directeur a par ailleurs expliqué que les services de la ville étaient trop dispersés et qu’il faudrait créer un guichet unique moderne. Il en a alors profité pour juger que la ville avait besoin de se concentrer sur du patrimoine utile. Ce qui l’a amené à déplorer qu’une grande partie du vieux Chaumont soit propriété de la ville.
On en conclut que la collectivité aurait intérêt à se débarrasser des bâtiments situés au sein de la vieille ville. Mais outre la basilique, dont on ne peut changer la destination, on s’aperçoit que la ville possède surtout l’école de musique, la MJC et l’annexe Sainte-Marie d’une part, puis les locaux des différents syndicats, d’autre part.
Voilà une considération qui pourra peser d’un certain poids dans les discussions à venir.
M. Zupan a terminé son discours sur les réorganisations actuelles et à venir, sur les décloisonnements nécessaires des services, sur l’audit en cours... et sur l’intérêt de travailler dans la bonne humeur et dans une bonne ambiance.
Du côté du personnel, les applaudissements qui ont suivi ont singulièrement manqué de chaleur.

Luc Chatel : «je rends hommage aux syndicats»

Le discours de Luc Chatel a en revanche été nettement mieux accueilli. Le maire a, pour sa part, brossé à peu près tout le monde dans le sens du poil.
Il a d’abord cru remarquer que le déneigement avait été plus efficace cette année que lors des hivers précédents. Et il y a vu une volonté commune de faire bouger les choses. D’ailleurs il a su constater une réelle volonté d’adaptation des agents aux nouveaux besoins de la ville.
Ça tombe bien, parce que la collectivité a beaucoup de projets à mener de front (sinon rien ne sera jamais fait). Tout le monde va donc devoir se mobiliser pour donner la priorité aux investissements. Il demande à chacun, quel que soit son poste, de faire des propositions dans son domaine.
Déjà, il a apprécié la qualité et la réactivité des agents lorsqu’il s’est agi d’accueillir des entreprises. Ensuite il s’est réjoui de la manière dont chacun a joué le jeu de l’audit. Ce qui permettra de tirer rapidement des conclusions et de mettre en place une nouvelle organisation des services dès la fin du premier semestre.
Selon lui, une relation de confiance s’est nouée entre employés et élus. Et il tient à rendre hommage aux organisations syndicales pour la qualité du dialogue qui s’est instauré.

Entre la carotte et le bâton...

Dans la salle, le partage des rôles n’est pas complètement passé inaperçu. Or, à défaut d’entrevoir clairement l’éventuelle carotte de Luc Chatel, beaucoup ont surtout retenu le bâton de Jean-Michel Zupan.
Un employé nous a confié : «Il commence à y aller fort. Si ça continue, il va se retrouver avec une grève sur les bras». Tandis qu’un autre nous disait : «Certains agents ont commis des fautes qui n’avaient pas été sanctionnées jusqu’à présent. Il est normal qu’ils subissent enfin les conséquences de leurs comportements».
Tout est toujours affaire d’équilibre. Entre le méchant et le gentil, la nouvelle équipe dirigeante va devoir jouer fin.
D’autant que chacun sait que, pour pouvoir financer ses investissements, le maire a besoin de faire des économies de fonctionnement. Or, il compte beaucoup sur une diminution de la masse salariale. Et on sent bien que, du moins pour les premières années, le non remplacement des départs à la retraite ne suffira pas.
C’est une situation que tout le monde avait forcément en tête vendredi soir. Même si ça n’a pas été dit dans la chanson.

Lionel Thomassin
Vendredi 23 Janvier 2009
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