Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Ville de Chaumont : le poids de la CGT, des emplois et des économies

A l’issue des élections professionnelle, la CGT reste largement majoritaire à la ville de Chaumont où le nombre d’agents est passé de 608 à 567 entre 2001 et 2008. Par ailleurs, l’heure est aux économies en matière de fonctionnement.



Il y a quelques semaines, après avoir interviewé Danièle Prost, L’affranchi s’était amusé à souligner que la CGT décernait des bons points à Luc Chatel. Non seulement ce syndicat majoritaire à la ville de Chaumont approuvait la nouvelle organisation des services municipaux, mais il ne cachait pas que les relations étaient bien meilleures avec la nouvelle municipalité qu’avec l’ancienne.
A la suite de cet article, Danièle Prost, la responsable du syndicat CGT à la ville de Chaumont, a fait l’objet de moqueries, y compris de la part de certains de ses camarades syndicaux. Mais elle ne regrette pas pour autant d’avoir exprimé ces propos, même s’il ne s’agissait pas selon elle de décerner des «bons points».

Une participation de 78%

En tout cas, les employés de la ville de Chaumont ne lui en ont pas tenu rigueur. Bien au contraire. Lors des élections professionnelles qui se sont déroulées le 6 novembre, la CGT est arrivée largement en tête dans toutes les catégories. Et elle a gagné des sièges en améliorant son score par rapport à 2001 : 68% en CAP C (commission administrative paritaire) contre 57% il y a 7 ans ; 100% en CAP B, contre 69% ; 67% en CTP (comité technique paritaire) contre 56% ; et 66% en CHS (comité d’hygiène et de sécurité) contre 57%.
Dans toutes ces catégories, la CGT devance largement la CFDT, qui progresse toutefois également par rapport à 2001, même si son score est inférieur au cumul CFDT/UNSA d’il y a 7 ans (cette année, l’UNSA n’était pas représentée).
A noter aussi que, malgré certaines craintes, la participation a été assez forte et est restée sensiblement la même que la fois précédente : de l’ordre de 78%. Le maire Luc Chatel qui, avant les élections, avait déclaré qu’il avait besoin d’avoir en face de lui des organisations représentatives, est donc servi !

Les cadres A restent frileux

Seule ombre au tableau : aucun syndicat n’a été en mesure de présenter au 1er tour une liste de cadres de catégorie A. Et il y aura donc un nouveau scrutin le 11 décembre prochain. Deux listes ont enfin pu se constituer : l’une sera présentée par la CGT et l’autre par la Fédération autonome de la fonction publique territoriale (FAFPT). Mais ce retard à l’allumage semble montrer que les cadres de la ville de Chaumont sont frileux et ont peur de s’engager. En tout cas, selon Danièle Prost, ils donnent le mauvais exemple aux agents et semblent plus préoccupés par le déroulement de leur carrière que par le combat pour défendre l’emploi public.
Ces élections sont aussi pour la CGT l’occasion de commencer à tourner une page. Car si Danièle Prost est candidate dans la catégorie A et reste pour le moment secrétaire générale du syndicat CGT, elle ne cache pas que l’heure de la retraite approche et qu’il convient de former la relève.



Quand tout le monde cherche à faire des économies...

La ville, le département et la région ne devraient pas augmenter leurs taux d’imposition en 2009. Mais ils sont tous à la recherche d’économies.

Dernièrement, le président du festival (et adjoint en charge de la culture) Vincent Galantier a précisé que le budget de la 20e édition du festival international de l’affiche et du graphisme serait «beaucoup plus important» que celui de cette année. Il a révélé que la SNCF, dont le président Guillaume Pépy a été approché par le maire-ministre Luc Chatel, allait peut-être investir dans cette manifestation. Et il n’a pas caché qu’il espérait un effort des différents partenaires. Mais il a aussi fait savoir qu’il n’était pas question pour le moment de demander à la ville de Chaumont d’augmenter sa subvention. Avec cet argument : «Il faut qu’on économise l’an prochain entre 1 et 2 millions d’euros en matière de fonctionnement. Tout le monde doit faire un effort.»
Et il explique cette nécessité de serrer le budget de fonctionnement de la ville par la baisse annoncée de la dotation de fonctionnement accordée par l’Etat (- 750 000 euros), par l’augmentation quasi-mécanique de la masse salariale (en raison de l’ancienneté et des avancements) et par la promesse de ne pas augmenter les taux d’imposition. 

Il y a des dents qui grincent dans le monde culturel chaumontais

Résultat : non seulement la ville va avoir du mal à augmenter ses subventions aux associations, mais elle pourrait bien en diminuer certaines. En tout cas, il y a déjà des dents qui grincent dans le monde culturel chaumontais...
Mais l’argument de la pause fiscale est désormais également employé par la Région. «Si les impôts n’augmentent pas, il y a peut-être le risque d’une simple reconduction des subventions», a ainsi déclaré Sylvie Cotillot lors de l’assemblée générale de l’association du festival. Avant d’ajouter que la Région n’avait aucunement l’intention de compenser les défaillances de l’Etat. 
«Le Département se doit aussi de faire des économies», a souligné à son tour le vice-président du Conseil général Gérard Groslambert. «Mais, pour le 20e festival de l’affiche, il devrait quand même y avoir un abondement de la subvention par rapport à l’an dernier». Il y en a qui sont plus chanceux que d’autres...



567 agents en 2008 contre 608 en 2001

Les élections professionnelles à la ville de Chaumont permettent de constater une réalité qui va à l’encontre de certaines idées reçues : la baisse du nombre d’employés. Le 6 novembre 2008, les effectifs municipaux s’élevaient très précisément à 567 agents, alors qu’ils étaient 608 lors des élections précédentes en 2001.
Après avoir créé pas mal de postes, notamment au moyen des emplois-jeunes, lors du premier mandat de Jean-Claude Daniel, la ville de Chaumont en a donc supprimé une quarantaine lors du deuxième mandat. Une partie de ces agents (une douzaine) ont en réalité été transférés à la Communauté de communes du Pays chaumontais. Parfois, plusieurs temps partiels ont permis de créer un seul temps plein. Mais il y a aussi des départs à la retraite qui n’ont jamais été remplacés. Et même si Luc Chatel a promis de ne pas tailler à la hache dans les effectifs, le nombre d’employés devrait continuer de diminuer dans les années à venir avec la réorganisation des services, l’informatisation, la dématérialisation de certains actes, l’abandon de certaines tâches (le RMI, par exemple) et la mutualisation des moyens avec l’organisme d’HLM Chaumont Habitat.

Christophe Poirson
Vendredi 21 Novembre 2008
Lu 912 fois
Notez

Nouveau commentaire :