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Vendredi, c’est le jour du lapin !



Depuis plus de 14 ans, le vendredi est jour de sortie pour L’affranchi... et rude journée pour sa petite équipe. Il lui faut en effet, après une nuit souvent très courte, facturer chez les diffuseurs de presse les anciens numéros vendus et récupérer les invendus. Puis, vers midi, lorsque nous sont livrés les journaux fraîchement imprimés, il convient d’approvisionner le plus tôt possible les points de vente.
Mais ce n’est pas tout : les «Affranchis» ont encore à plier et mettre sous bande les exemplaires destinés aux abonnés, servis par la Poste. Sans oublier que ces journaux doivent être déposés au centre de tri postal avant 17 heures.
Et enfin, bien que de jeunes lycéens se chargent de la livraison à domicile (et à vélo) des abonnés de Chaumont, les membres de la rédaction sont amenés à assurer une distribution (en voiture) dans les endroits un peu trop éloignés. Il leur arrive aussi parfois de suppléer un porteur absent.
Bref, on comprend qu’avec tout cela les journalistes ne soient guère disponibles ce jour-là pour les manifestations, assemblées générales et conférences de presse de toutes sortes.

Notre précieux «plus»

Soyons clairs : nous ne sommes pas en train de nous plaindre. Au contraire, nous revendiquons cette vision artisanale qui nous permet de maîtriser pratiquement toutes les étapes de fabrication d’un journal ; depuis la conception de l’article jusqu’à la livraison du produit, en passant par la mise en page. Le choix est en grande partie économique bien sûr : il nous faudrait une ville beaucoup plus grande pour pouvoir embaucher en conséquence. Mais ça nous permet aussi de rester bien ancrés dans les réalités locales.
Les autres journalistes n’ont jamais, comme nous, chaque semaine auprès des vendeurs et des consommateurs, un retour direct de ce qu’ils ont écrit... ou parfois oublié. Le vendredi est riche en rencontres de toutes sortes qui nous détendent souvent et nous aident parfois à imaginer déjà la base du numéro suivant.
Le vendredi donc, nous avons peu de temps et d’énergie à consacrer aux menus événements locaux. Mais ce n’est pas vraiment gênant. Parce qu’en attendant la parution du vendredi suivant nous avons le temps de mesurer l’importance d’une information, de nous renseigner éventuellement et d’y consacrer un article si nécessaire.
Toutefois, les choses sont en train de changer...

Ces rendez-vous manqués

Le vendredi, c’est désormais le jour de Luc Chatel.
Arrivant généralement à Chaumont le jeudi soir pour repartir 24 heures plus tard, le ministre n’a pas beaucoup d’autres jours pour accomplir ses principaux actes municipaux. Du coup, les réunions du conseil se déroulent le jeudi soir (mais il arrive même qu’elles soient reportées quand il est retenu à Paris) et c’est principalement le vendredi que le maire effectue ses sorties officielles à Chaumont (quand il ne va pas à Langres).
Tout cela complique la tâche des journalistes de L’affranchi. Mais il y a pire encore : de plus en plus, les organisateurs de réunions publiques, portes-ouvertes, assemblées générales ou inaugurations choisissent le vendredi dans l’espoir de voir le ministre y assister. Et il est vrai que parfois il annonce sa venue. Mais il apparaît aussi qu’il se trouve régulièrement dans l’incapacité de venir.
Dans les trois dernières semaines, il a - entre autres - posé deux énormes lapins. Le premier (vendredi 30 mai) au lycée agricole où l’attendaient des centaines de personnes en compagnie de l’ancien ministre Edgar Pisani, le second (vendredi 13 mai) au nouvel hôpital de jour pour enfants et adolescents, où, avec le Directeur de l’Agence régionale d’hospitalisation, était reçu le professeur Mises, une sommité du monde de la psychiatrie.
Fait unique à Chaumont : en moins de 15 jours des personnalités d’envergure internationale ont, de leur vivant, donné leur nom à des établissements locaux. Elles ont même trouvé le moyen de venir sur place. Un journaliste de L’affranchi s’est débrouillé pour assister quand même à ces événements du vendredi. Mais à chaque fois le maire a été absent.
Il faudra s’y faire...

Le vrai scoop

Dans l’article ci-dessus dont le regard se veut plutôt amusé, on relèvera tout de même un scoop : c’est le fait que Luc Chatel ne passe généralement que 24 heures par semaine (nuit comprise) à Chaumont.
Chacun en pense ce qu’il en veut. Et nous nous garderons bien d’émettre aujourd’hui un jugement de valeur. Car si, depuis Paris, le maire-ministre parvient déjà à sauver le 61e RA puis à mener son programme chaumontais, il faudra bien constater que son mode de fonctionnement aura été efficace.
On peut juste relever actuellement l’ampleur de la tâche qui l’oblige à disposer d’une équipe très performante sur le terrain.
Luc Chatel est donc plutôt présent à Chaumont le vendredi (mais pas toujours), rarement le samedi (sauf en cas d’événements exceptionnels : festival de l’affiche, 24 heures solex) et pratiquement jamais le dimanche. Il lui arrive aussi de venir faire un saut de quelques heures en voiture, le lundi matin. Mais si on retire maintenant le temps qu’il passe aussi dans le reste de la circonscription, il est indéniable qu’il ne reste pas plus d’une journée par semaine à Chaumont.
Ce qui nous intéresse en fait dans cette information, c’est qu’elle n’est donnée par personne d’autre. Pire même, le Journal de la Haute-Marne s’ingénie à nous faire croire que Luc Chatel passe trois jours sur sept dans son bon département. Et là, ça devient gênant.
Il n’a échappé à personne, bien sûr, que le JHM a choisi de soutenir à fond Luc Chatel, dès avant même les élections. C’est son droit. Mais il nous semble ici qu’il va trop loin dans le souci de promouvoir son poulain. En tout cas, nous sommes persuadés qu’en ne disant pas la vérité, le journal fait plutôt du tort à celui qu’il croit protéger.
Luc Chatel a des fonctions au sein du gouvernement qui l’occupent énormément. En tant que porte parole il doit être disponible pratiquement toute la semaine. C’est encore beau s’il arrive à s’échapper le vendredi. Et puis il a aussi une famille qui ne vit pas en Haute-Marne. On comprend qu’il cherche à lui consacrer au moins le week-end. Expliquer les choses autrement, c’est donner une fausse image de lui. Or on sait que ce genre de chose revient toujours en boomerang au plus mauvais moment.

Lionel Thomassin
Vendredi 20 Juin 2008
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