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Vélos/autos : La polémique n’en finit pas

Notre article de la semaine dernière sur l’accident qui a vu une voiture faucher un groupe de cyclistes, et sur les passions suscitées, a provoqué à son tour de nombreuses réactions...



La semaine dernière, nous avons consacré un article à l’accident qui a vu une voiture faucher un groupe de cyclistes, et surtout aux passions que ce malheureux événement avait suscitées.
A l’origine, nous avons été contactés par des automobilistes qui voulaient dire à quel point les cyclistes leur font peur sur la petite route de la vallée de la Suize. A Neuilly, Crenay et Villiers-sur-Suize, le nombre de personnes qui ont des choses à reprocher aux cyclistes est proprement impressionnant.
Certains lecteurs, comme Jean Vautrin, le président du Comité départemental de cyclisme, nous accusent aujourd’hui de partialité remarquant que nous avions fait une part plus belle aux réactions d’automobilistes que de cyclistes. Ils n’ont pas tout à fait tort. Mais il faut reconnaître qu’une phrase a tout fait basculer après l’accident. C’est l’affirmation des cyclistes selon laquelle ils roulaient deux par deux.
Or les automobilistes affirment n’avoir jamais vu de peloton circuler de manière aussi disciplinée. Ils se mettent à la place de celui qui a fauché les cyclistes et ils se disent que, face à la parole de 20 personnes, celle du conducteur ne pèsera pas lourd. Ils ont l’impression qu’une injustice se prépare et ils ont envie de témoigner pour essayer d’équilibrer les choses.

Une conviction que nous laissons transparaître

A titre personnel (et à tort peut-être), nous avons tendance à considérer comme crédible la version du jeune conducteur qui dit que, connaissant bien la route, il n’avait aucune raison de freiner s’il avait vu sa partie de route complètement dégagée. Il apparaît par ailleurs, comme le montre l’enquête, qu’il roulait à droite et à vitesse normale. Il nous semble en tout cas injuste de l’accabler comme certains le font encore aujourd’hui.
Mais lorsque vous dites aux cyclistes qu’ils ne roulaient peut-être pas tous comme ils le prétendent, ils vous répondent sur un ton lourd de sous entendus : «C’est très grave ce que vous dites-là. Imaginez que les assurances s’en servent pour ne pas indemniser les blessés !».
Alors rassurons-les.
D’abord, le conducteur est fautif puisque, quoi qu’il arrive, il doit toujours rester maître de son véhicule. Ensuite, sachant qu’en freinant, la voiture a glissé sur la gauche, on peut en conclure que les blessés sont ceux qui, ne l’ayant pas vu venir, circulaient eux, bien à droite à l’arrière du peloton.

Des points de vue que nous avons aussi exprimés

Mais trêve d’hypothèses stériles ! Si nous reconnaissons que notre article a pu laisser transparaître notre intime conviction, il n’en demeure pas moins que nous avons exprimé aussi les griefs légitimes des cyclistes vis à vis des automobilistes. Nous avons aussi mis en perspective (maladroitement peut-être) la souffrance des blessés. Et nous avons terminé notre article sur la nécessité d’aménagements routiers ainsi que sur l’espoir d’une meilleure compréhension entre usagers différents devant partager une même route.
Ça n’a pas empêché qu’une nouvelle vague de réactions, souvent passionnées, nous parviennent. Nous laisserons de côté celles des automobilistes puisque nous leur avons largement donné la parole la semaine dernière et nous essaierons de sortir quelques éléments nouveaux de ce qui nous est parvenu de cyclistes.

Le plus virulent

Le plus excessif d’entre eux n’est autre que Roland Grosmaire, le président du Vélo-Club Chaumontais. Il nous écrit :
«...Je suis surpris que vous citiez abondamment et complaisamment cette personne (NDLR : Claude Hury) et que vous ne fassiez pas mention de mon courrier. Votre article de presse prend fait et cause en faveur des automobilistes et met au ban des accusés tous les cyclistes. Cela est particulièrement révoltant quand on constate les faits sur la voie publique.
Il y a certes des cyclistes qui ne respectent pas toujours les dispositions du code de la route mais il en est de même pour certains automobilistes et considérer les seuls cyclistes comme responsables, c'est faire preuve d'un manque total d'objectivité...».

Nous avions pourtant écrit :

Pour lui répondre, nous ne pouvons que reprendre un extrait de notre article de la semaine dernière :
«Les cyclistes ont peur des voitures qui ont tendance à les frôler. La distance réglementaire d’un mètre et demi est rarement respectée. Par ailleurs, chacun se méfiant des accotements, personne n’aime vraiment rouler à droite. Les cyclistes détestent alors les voitures qui cherchent à les dépasser même lorsqu’un véhicule arrive en face.
«Roland Grosmaire, le président du Vélo-Club Chaumontais nous explique aussi que, bien souvent, les coups de klaxon surprennent et font faire des écarts...».

«Les mauvais comportements ne viennent pas des membres de clubs»

M. Vautrin affirme pour sa part que, s’il existe bien des cyclistes «dont le comportement peut à juste raison énerver les conducteurs», ceux-là «n’appartiennent pas aux structures organisées de la FFC ou de la FFCT».
Donnant des exemples d’incivilités d’automobilistes lui paraissant plus graves que celles des cyclistes, Jean Vautrin ajoute :
«Je trouve particulièrement ignoble que les personnes citées dans l'Affranchi se soient crues obligées d'exprimer leur vindicte à l'encontre des cyclistes en général sur internet ou par le biais d'une lettre ouverte et de jouer les moralisatrices, alors qu'elles sont les plus mal placées pour le faire selon le principe du "je n'ai rien vu et je vous dirai tout", et qu'il y a des victimes gravement blessées, je dis bien des victimes et non des fauteurs de trouble...
«Suite à cet article les cyclistes du VCC et des autres clubs impliqués dans cet accident vivent très mal la mise en cause de leur conduite alors qu'ils respectaient leurs devoirs d'usagers de la route. L'objectivité était de condamner les comportements accidentogènes des uns et des autres et pas d'essayer de blanchir le conducteur fautif d'avoir manqué de maîtrise et de noircir les victimes hospitalisées».

«Ceux qui n’ont pas la culotte propre»

Jean-Christophe Fèbvre, qui circulait ce jour-là à vélo sur la même route, et précise avoir été rattrapé par le groupe victime de l’accident, nous écrit aussi :
«Je suis scandalisé par les reflexions qui vous parviennent de personnes qui pensent que la route leur appartient, ce qui est le cas des automobilistes vous ayant visiblement contactés. Combien de fois, ceux-ci arrivent en sens inverse et coupent les virages en empruntant la chaussée opposée, combien de fois ceux-ci lors d'un dépassement sont à deux doigts de nous mettre au "tas" ne respectant pas de distance de dépassement de 1m50, enfin, je pense que "tout le monde n'a pas la culotte propre" , sans parler des professionnels de certaines entreprises, plus particulièrement basée à Villiers sur Suize (je pense que les intéressés se retrouveront) qui roulent à des vitesses qui ne sont pas en rapport avec cette voirie..».

La réaction de l’épouse d’un blessé

Mme Michèle Panfili, l’épouse d’un des cyclistes gravement blessés, nous écrit qu’elle a ressenti notre article comme une insulte à sa souffrance. Elle précise qu’ayant subi des fractures multiples, il lui faudra des semaines avant de pouvoir bouger et que s’en suivront des mois de rééducation.
Mme Panfili nous explique ce qu’elle vit lorsqu’elle circule elle même à vélo dans la vallée de la Suize. Et, retournant le titre de Mme Hury, elle affirme elle-aussi : «Il fallait bien que ça arrive !». Mais, reprenant les arguments cités ailleurs dans cet article, elle met surtout en cause le comportement dangereux (voire délibérément provocateur) de certains automobilistes.
Et elle conclut : «Il existe probablement autant d’irresponsables chez les cyclistes que chez les automobilistes. La différence, et elle est de taille, est que les premiers ne peuvent mettre en péril la vie des seconds...».

Dignes et indignes

Cette affirmation de Mme Panfili peut toujours se discuter. Mais, dans l’ensemble ses propos sont équilibrés. De même, sur le site laffranchi.fr nous avons reçu un commentaire très objectif de Dominique Arbelin.
Ce cycliste fait bien la part des responsabilités des uns et des autres.
En revanche, on a quand même envie de dire quelques vérités à ceux qui soutiennent que les pelotons du VCC roulent toujours dans le respect des règles. Et puis surtout, nous ne publierons pas certains propos indignes et infondés de la part de responsables locaux mettant en cause Claude Hury. Ceux-ci mériteraient de toutes façons un procès en diffamation.

L' affranchi
Vendredi 21 Novembre 2008
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1.Posté par JC FEBVRE le 24/11/2008 01:19
Je souhaite réagir vivement à mon tour sur cet accident du 08/11/2008 et pour cause, ce jour j'étais sur cette même route au moment des faits, comme chaque samedi où j'mprunte cette route soit dans un sens ou dans l'autre, le plus souvent seul.

Ce 08/11/08, je circulais dans le sens Crenay - Villiers lorsque rattrapé par le groupe de cyclistes, il y eu cet accident REGRETABLE POUR TOUS, mais là ou je trouve que ça va trop loin c'est dans les jugements primaires et attifs de certaines personnes.

Comme la pluspart des cyclistes, j'ai le permis de conduire 'A' et me comporte en citoyen repectueux du code de la route, par contre inversement combien d'automobilistes font du vélos et savent aborder un cycliste sur la route ?

Je suis scandalisé par les refléxions qui vous parviennent de personnes qui pensent que la route leur appartient, ce qui est le cas des automobilistes vous ayant visiblement contactés. Combien de fois, ceux-ci arrivent en sens inverse et coupent les virages en empruntant la chaussée opposée, combien de fois ceux-ci lors d'un dépassement sont à deux doigts de nous mettre au "tas" ne respectant pas de distance de dépassement de 1m50, enfin, je pense que "tout le monde n'a pas la culotte propre" , sans parler des professionnels de certaines entreprises, plus particulièrement basée à Villiers sur Suize ( Je pense que les intéressés se retrouveront) qui roulent à des vitesses qui ne sont pas en rapport avec cette voirie...

Certes, tout n'est pas toujours rose et il faut apprendre à vivre les uns avec les autres, cela s'appelle la tolérance, Messieurs - Mesdames les automobilistes.
Bon nombre de personnes se plaingnant font de cet accident une généralité , cela est navrant.

Enfin, si cette route buccolique, agréable est ainsi prisée par les vélos car c'est qu' il y a moins de circulation, le paysage y est magnifique, et il serait dommage de s'en priver.

Parole d'Haut-Marnais.

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