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Une image encore intacte, mais...

Dans l’esprit de la plupart des Chaumontais, l’image de Luc Chatel est toujours très bonne. Il faut dire qu’il a su se montrer à son avantage. Mais pour 2009 on est surpris de le voir se mettre quelques handicaps.



Il se présente souvent comme un spécialiste du marketing. Mais dans les faits, Luc Chatel est d’abord aujourd’hui un technicien de la communication. Ce n’est pas par hasard d’ailleurs qu’il a été nommé porte-parole de l’UMP, puis porte-parole du gouvernement.
Ses talents de communicant sont apparus bien sûr lors de la campagne électorale pour la conquête de la mairie de Chaumont. Mais on a pu les mesurer plus encore après son élection. Il nous semble en effet qu’au bout de 10 mois son image n’est pas du tout écornée auprès des Chaumontais. Pourtant bien d’autres à sa place auraient déjà essuyé des reproches. On nous expliquerait que le maire n’est pas assez présent et que les affaires d’une ville de cette taille ne sauraient évoluer favorablement lorsque le premier magistrat est occupé ailleurs, plus de cinq jours par semaine.
On le disait de Jean-Claude Daniel lorsqu’il était député et qu’il était pourtant beaucoup plus présent à Chaumont.

La force du communicant

On s’aperçoit en fait que Luc Chatel sait parfaitement utiliser le temps qu’il passe en Haute-Marne. Même s’il ne vient que pour quelques heures, il trouve le moyen de se montrer auprès du plus grand nombre. On nous dira évidemment qu’il est bien aidé en cela par le quotidien local, le moindre de ses faits et gestes étant rapporté dans le journal. Certes, mais ça n’explique pas tout.
La question de ses obligations parisiennes ayant été évoquée un jour dans un petit groupe de personnes, nous avons eu la surprise d’entendre l’une d’elles s’insurger contre cette présentation des choses. Elle avait vu le maire assister à l’assemblée générale d’une association comptant un nombre d’adhérents respectable, mais dont les activités ne prêtaient pas à débats. Et elle en concluait finalement que si Luc Chatel prenait le temps d’assister à ce genre de réunion sans importance particulière, c’est qu’il avait dû être là assez longtemps pour s’occuper forcément aussi des affaires urgentes.
Ça nous a fait comprendre pourquoi il arrivait parfois au maire de faire un aller et retour Paris-Chaumont à l’occasion d’une simple inauguration ne nécessitant pourtant pas son déplacement. Tous ceux qui l’auront su présent là ce jour-là auront eu l’impression en fait qu’il a été disponible pour la ville durant toute la journée.
On ne saurait lui reprocher cette attitude, car il peut toujours à juste titre répondre qu’avec les moyens de communication modernes, il est parfaitement possible de régler les problèmes de Chaumont depuis Paris. Ce qui nous intéresse ici, c’est comment ce communicant parvient à contrer par avance, sans même avoir à se justifier, une critique que d’autres à sa place devraient essuyer.

Pourquoi ces handicaps ?

Fort de ce savoir-faire et de son aura de ministre, Luc Chatel pourrait laisser se dérouler la vie municipale à son rythme normal. Or, on est assez surpris de le voir s’engager dans des directions qui risquent de lui apporter plus d’effets négatifs que positifs.
Pourquoi s’acharne-t-il autant sur la MJC au risque de rassembler contre lui une gauche jusqu’ici assez divisée ? Pourquoi voulait-il fermer le local qui rassemblait des jeunes de La Rochotte, au risque de montrer qu’il ne maîtrise plus rien sur les quartiers ? Et surtout, pourquoi a-t-il éprouvé le besoin, devant le Conseil municipal, de transformer en projets toutes ses promesses de campagne alors qu’il n’a aucune certitude de pouvoir les financer tous ? Personne ne lui en aurait voulu de les prendre un par un au fil du mandat. Alors que désormais, dès la première année, l’opposition sera fondée à lui reprocher tout ce qu’il n’aura pas su mettre en route.
Luc Chatel, qui terminait l’année 2008 sans problèmes particuliers, a trouvé le moyens de se mettre lui-même des handicaps pour 2009.
Nous avouons ne pas comprendre pour l’instant la stratégie du maire-ministre dont l’image risque de souffrir dans les mois qui viennent. Mais peut-être se prépare-t-il de nouveaux événements qui nous apporteront des explications avant la fin de l’année.
Nous restons à l’affût du plus petit indice...

Lionel Thomassin
Vendredi 9 Janvier 2009
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