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Un hôpital de jour pour le mieux-être d’enfants et ados

Inauguré vendredi dernier, rue du Vieux-Moulin, en présence de Roger Misès, inventeur de la pédopsychiatrie moderne, l’hôpital de jour qui porte son nom, aide les jeunes enfermés dans des troubles psychiatriques, à élargir leur horizon. Ce nouveau bâtiment permet aussi de rationnaliser le fonctionnement de la pédopsychiatrie à Chaumont. D’ailleurs, le Directeur de l’agence régionale d’hospitalisation a profité de l’occasion pour délivrer un mystérieux message sur l’utilité des regroupements...



Inauguré par (de gauche à droite) : Jean-Pierre Staebler, directeur du Centre hospitalier de la Haute-Marne, Yves Guillot, préfet, Philippe Darbourg, pédopsychiatre, responsable du pôle de prise en charge des enfants et adolescents, Gilles de Lacauss
Inauguré par (de gauche à droite) : Jean-Pierre Staebler, directeur du Centre hospitalier de la Haute-Marne, Yves Guillot, préfet, Philippe Darbourg, pédopsychiatre, responsable du pôle de prise en charge des enfants et adolescents, Gilles de Lacauss
A l’inauguration de l’hôpital de pédopsychiatrie de jour «Roger Misès», vendredi dernier, il y avait un monde fou. Des spécialistes en tous genres et de nombreuses personnalités... Et puis il y avait aussi des parents courageux et des enfants utilisateurs de la structure. Des enfants qui avaient parfois un peu de mal à retrouver leurs repères au milieu de tous ces gens. Mais des enfants aussi qui faisaient du vélo dans la cour, là où les grands prononçaient leurs discours. Tout comme on aurait pu le voir dans une école.
L’hôpital de jour accueille une vingtaine d’enfants et adolescents souffrant d’autisme ou d’autres troubles mentaux assez lourds. Mais cette journée d’inauguration a pu montrer aux visiteurs que tout était fait pour les aider à s’ouvrir au monde.

Des progrès contre l’autisme

Les jeunes habitent chez leurs parents (ou parfois dans une famille d’accueil). C’est dans la journée qu’ils fréquentent l’hôpital Roger-Misès. Là, diverses activités leurs sont proposées (y compris scolaires) pour leur permettre d’avancer. Les accompagnants sont là pour observer et proposer. «On chemine avec eux», commente une infirmière.
Le Dr Philippe Darbourg, pédopsychiatre, précise d’ailleurs que, contrairement à une idée trop souvent répandue, il est possible de faire évoluer très favorablement la plupart des personnes atteintes d’un autisme.
L’hôpital de jour existait déjà à Chaumont, au centre Alexis Juvet (où ne se font plus désormais que les consultations). Mais la nouvelle construction, outre le fait qu’elle rationalise les moyens donnés à la pédopsychiatrie (deux autres lieux sont supprimés dans Chaumont), a été conçue en fonction des besoins. Le personnel a été largement consulté par l’architecte. Si bien que les locaux sont distribués de manière à rendre le plus efficace possible le travail auprès de chaque enfant ou adolescent.

Une bonne approche «à la française»

Cet hôpital de jour a le grand mérite aussi de conforter une approche «à la française», qui a largement fait ses preuves. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il est baptisé Roger Misès, du nom d’un des fondateurs de la pédopsychiatrie moderne.
Il est un des premiers en effet à être sorti des médicaments, qui ne faisaient que traiter provisoirement les comportements, pour effectuer un travail plus en profondeur auprès des individus. L’idée est d’arriver à établir le contact pour les amener à évoluer d’eux-mêmes. C’est beaucoup plus prenant et long, mais les résultats sont bien plus satisfaisants et durables.
Lors de l’inauguration, Roger Misès a pu entendre tous les éloges dont il a fait l’objet. De même qu’Anne-Marie Groleau qui, sur ses traces, a créé le service local.
Tout cela a été rappelé car il existe aujourd’hui la tentation de revenir en arrière sur la base d’un modèle américain. Pour des questions de coûts essentiellement, on est en train de s’intéresser à une classification grossière de comportements qu’on traite avec de nouveaux médicaments. Ainsi on cherche à effacer les symptômes sans prendre la peine de s’attaquer à la maladie.
La méthode utilisée à Chaumont demande certes plus de moyens. Mais, compte tenu de ses résultats, il aurait été dommage de ne pas profiter de ses avancées.

Un hôpital de jour pour le mieux-être d’enfants et ados

Le mystérieux message du DARH

Directeur de l’agence régionale de l’hospitalisation en Champagne-Ardenne, Gilles de Lacaussade a saisi l’opportunité de cette inauguration pour parler de tous les investissements réalisés dans la région. Histoire de montrer qu’on ne se situe pas uniquement dans une logique de suppression.
Il n’a pas manqué de souligner que le nouvel hôpital de jour Roger-Misès regroupait plusieurs structures, ce qui permettait de réaliser des économies de gestion. Il a donc insisté sur les avantages des regroupements (et pas seulement en psychiatrie), achevant son propos par cette remarque : «Je ne le dis pas par hasard, dans ce territoire du sud de la Haute-Marne». D’autant moins par hasard d’ailleurs qu’il avait le matin même visité le centre hospitalier de Chaumont.
Mais étant donné que personne ne semble ici opposé au principe d’un regroupement de moyens entre les divers établissements publics et privés de Chaumont et Langres, on aurait aimé qu’il précise son idée. Notamment sur les lieux...
En poste depuis plus d’un an, le DARH se montre décidément beaucoup moins direct que son prédécesseur. Il ne parle ni de Rolampont, ni de Marnay, mais rien n’indique que ce changement de style corresponde finalement à un changement de politique.

Lionel Thomassin
Vendredi 20 Juin 2008
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