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Un coup de pouce attendu pour les entreprises locales

La convention qui a été signée lundi en grande pompe à la préfecture doit aider certaines entreprises industrielles de Haute-Marne et de Meuse à décrocher de nouveaux marchés ; y compris dans le nucléaire.



Un coup de pouce attendu pour les entreprises locales
Soyons clairs ! Voilà deux semaines qu’on nous parle de subventions pour le développement d’actions d’ingénierie en Haute-Marne. Mais ça ne nous en dit guère plus sur ce que ça peut changer par rapport à la situation actuelle et sur ce qu’on peut en espérer.
On sait en fait que les entreprises locales sont assez appréciées pour leur savoir faire. A partir de plans précis, elles sont capables de réaliser toutes sortes de pièces correspondant parfaitement aux besoins des clients ; même lorsqu’il s’agit de ce qu’on appelle les «moutons à cinq pattes».
En revanche, étant bien souvent trop petites pour pouvoir s’attacher les services d’ingénieurs, elles n’ont guère la possibilité de concevoir et de dessiner la pièce qui conviendrait le mieux à un client. Or, il apparaît que les donneurs d’ordres sont de plus en plus intéressés par ce type de prestation.
Concrètement, une grande entreprise nationale ou internationale est susceptible de dire : «J’ai besoin d’une pièce ayant telle fonction, travaillant dans telles conditions de température et de pression et devant tenir dans tel volume». Ce gros client ne souhaitant plus réaliser les études lui-même, il faut, pour obtenir le marché de la fabrication, être en capacité de concevoir la pièce à sa place. Et puis aussi de réaliser les essais, études et contrôles nécessaires. Ce qui suppose de disposer de moyens humains et financiers particuliers.
D’où l’aide nationale proposée aujourd’hui aux entreprises industrielles de Haute-Marne et de Meuse.


Jusqu’à 90 000 euros par projet

Soyons justes ! Cette aide n’arrive pas par hasard ou pour les beaux yeux des Haut-Marnais et des Meusiens. Elle s’inscrit dans les engagements de développement économique liés à la construction du laboratoire pour l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure. Il est apparu nécessaire d’intégrer cette nouvelle dimension pour rendre efficace l’opération lancée sur les deux départements.
Désormais, chaque fois qu’une entreprise sollicitera une aide extérieure pour pouvoir répondre à un marché, elle pourra prétendre recevoir une subvention de l’Etat correspondant à 45 % de la dépense spécifique ; cette aide étant plafonnée à 90 000 euros.
C’est la Chambre de commerce et d’industrie qui sera chargée des dossiers et qui s’occupera des relations entre l’Etat et les structures privées.
Bien entendu, s’il est permis à une entreprise seule de solliciter les aides, il est encore plus conseillé aux différents acteurs économiques locaux de se regrouper pour s’adapter à certaines grosses demandes. Les subventions n’en seront que plus justifiées.

A la préfecture, la signature de la convention a attiré beaucoup d’observateurs.
A la préfecture, la signature de la convention a attiré beaucoup d’observateurs.

Les représentants d’AREVA, du CEA, d’EDF et de l’ANDRA sont venus dire qu’ils entendaient s’impliquer dans l’apport de nouveaux marchés pour les entreprises locales.
Les représentants d’AREVA, du CEA, d’EDF et de l’ANDRA sont venus dire qu’ils entendaient s’impliquer dans l’apport de nouveaux marchés pour les entreprises locales.
Avec les acteurs du nucléaire

Soyons précis ! Parmi les signataires de la charte, à côté de Luc Chatel et des organismes économiques locaux (CCI, UIMM, Energic, Nogentech), on trouvait EDF, le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), AREVA (groupe spécialiste de l’énergie, constructeur de centrales nucléaires) et l’ANDRA (Agence nationale pour les déchets radioactifs).
Tous se sont engagés à faire appel aux entreprises locales, en cas de besoin, quitte à les mettre en relation avec des sociétés d’ingénierie, ou même à orienter leurs propres clients vers les fabricants haut-marnais et meusiens.
Pour l’Andra, cette opération tombe bien puisqu’elle arrive au moment où l’agence entre, du côté de Bure, dans une phase d’ingénierie industrielle. Par ailleurs, le CEA, qui œuvre au niveau de la recherche, se dit prêt à valoriser le savoir faire industriel local. Enfin Areva se fait plus précise encore en rappelant que la demande de nucléaire civil ne cesse de progresser tout autour de la planète. Elle envisage de confier plus que la fabrication de pièces de rechange avec des entreprises du territoire. Elle pense maintenant à des collaborations pour la construction d’ensembles complets.
Reste à savoir si toutes ces intentions vont se concrétiser.
En attendant, le représentant de Nogentech rappelle que beaucoup de choses se font déjà dans le domaine médical et que cette nouvelle action peut amener les entreprises locales à poursuivre leur nécessaire transformation.

Lionel Thomassin
Vendredi 16 Janvier 2009
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