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Un bon coup pour l’emploi

Luc Chatel fait venir à Chaumont, dans les locaux de Capdevielle, une entreprise (Arvato) qui avait à l’origine contacté ses services à Bercy et qui va créer, dans un premier temps, 90 emplois.



Cinq jours après le vote au conseil municipal de l’installation d’Arvato dans l’ancien site de Capdevielle, les responsables de l’entreprise sont venus à l’hôtel de ville de Chaumont participer à une conférence de presse. Ils ont alors donné en assez peu de temps une somme considérable d’informations sur leurs activités, leurs principes, leurs besoins et leurs projets.
A Chaumont donc, Arvato a l’intention de faire fonctionner un «Centre de contacts» dès le mois de février 2009. Dans un premier temps seront installés 60 postes de travail, pour 90 employés. Mais l’entreprise espère pouvoir rapidement passer sa capacité à 160 positions pour 200 personnes environ.
Il s’agira avant tout d’un centre d’appels entrants. Les opérateurs seront là pour renseigner les clients de grandes entreprises (genre SFR, Orange...) ou pour recevoir leurs réclamations. Il n’est pas prévu pour l’instant de faire de la télévente. De toutes façons les responsables d’Arvato rappellent que ce domaine ne représente que 3 % des activités de l’entreprise.
A Chaumont on fera aussi du tri et du classement de données appartenant aux clients. La diversité des taches étant voulue pour éviter aux employés de passer 7 heures de suite au téléphone.

Du haut de gamme en France

M. Hervé Milcent, le PDG d’Arvato pour le sud de l’Europe, précise que les opérateurs disposent de postes de travail nettement plus spacieux que chez les concurrents.
Il présente le service comme étant de haut de gamme.
L’entreprise qui, dans le domaine des centres de contacts, se présente comme étant le N° 2 sur le marché français, compte neuf lieux d’implantation en France et deux au Maroc. M. Milcent explique qu’il ne joue pas sur les prix, mais sur la qualité. Seules quelques activités sont délocalisables pour les clients. Mais l’essentiel étant basé sur l’accueil et le renseignement pointu, les opérateurs doivent posséder des connaissances et une culture de l’entreprise française qu’on aurait du mal à trouver à l’étranger.
Arvato Services précise aussi que plus de 70 % de ses managers ont débuté comme conseillers clientèle.

Du travail pour 90 bacheliers

Arvato embauche des personnes ayant bac à bac plus deux. Mais ses exigences peuvent descendre jusqu’à bac-1, en fonction de l’expérience. Elle recherche aussi des superviseurs à bac + 2, sachant que ceux-là (des sortes de chefs d’équipes) devront avoir une expérience de management en grande surface ou en restauration rapide, par exemple.
A Chaumont, les 90 personnes retenues, dans un premier temps, devront suivre une formation durant tout le mois de janvier. Et elles commenceront le travail en février.
Pour Arvato, il s’agit un peu d’une première. D’habitude, les centres de contacts sont installés dans des villes plus grandes. On n’est donc pas sûr de trouver le personnel nécessaire dans le bassin d’emploi local.
Mais pour Luc Chatel la formule est d’autant plus intéressante qu’elle doit permettre de remplir un de ses engagements avec l’armée : trouver de l’emploi pour les conjoints de militaires. Et l’entreprise veut y croire. Hervé Milcent annonce que, si tout va bien, il espère pouvoir expérimenter à Chaumont une nouvelle formule souhaitée par un de ses clients : le travail sur ordinateur à domicile.
Mais c’est une autre histoire...



A gauche, Olivier Offerle, le responsable du centre de contacts de Metz, dont dépendra Chaumont. A droite, Tarik Yaker, le futur responsable du site de Chaumont.
A gauche, Olivier Offerle, le responsable du centre de contacts de Metz, dont dépendra Chaumont. A droite, Tarik Yaker, le futur responsable du site de Chaumont.

Avec l’aide de la ville

Lorsque le dossier Arvato a été présenté en toute hâte samedi matin au conseil municipal, plusieurs élus des oppositions ont un peu «tiqué».
Céline Gromek et Philippe Debref ont annoncé qu’ils ne prendraient pas part au vote, tant les éléments d’information étaient trop tardifs et insuffisants pour juger de la situation. Le montage financier surtout leur semblait hasardeux. Finalement, ils se sont abstenus.
La gauche, en revanche, a voté pour, mais Lionel Blondelle s’est inquiété de la qualité des emplois et il a calculé que l’investissement de la ville ne serait remboursé qu’au bout de 6 ans.
Luc Chatel a répondu qu’il avait obtenu un accord de l’entreprise le jeudi soir et qu’il ne voulait pas retarder la décision du conseil, ne serait-ce que de 10 jours.
En fait, la ville propose à Arvato d’occuper la partie administrative de l’ancienne entreprise Capdevielle, rue du Val Poncé. Ce secteur couvre une surface d’un peu plus de 1 700 m2. Mais pour l’instant, 800 m2 suffiront. Le reste est réservé pour l’éventuelle seconde tranche.
En tant que propriétaire des locaux, la ville va réaliser divers travaux d’aménagement. Elle va faire en sorte avant tout, que la partie dévolue à Arvato Services soit isolée du reste du bâtiment. Ainsi, il n’y aura pas de problème avec PKR, si cette entreprise arrive un jour...
Le conseil municipal a donc décidé de démolir, de reconstruire un mur, puis de séparer aussi les réseaux, etc. Il y en aura au total pour 235 000 euros. Mais Luc Chatel espère obtenir 150 000 euros de subventions. Il a déjà quelques accords en provenance du GIP et du Conseil général.
L’entreprise mettra 550 000 euros pour la première phase du projet. Et peut-être 500 000 si la seconde partie voit le jour.
Considérant que certains travaux pris en charge par Arvato sont plutôt de la responsabilité du propriétaire, la ville entend faire cadeau du loyer à l’entreprise pendant un an et demi à deux ans. A 30 000 euros par an, c’est ce qui a fait le plus grincer...



Carte de visite et filiations

Hervé Milcent, le PDG de Arvato Sud Europe
Hervé Milcent, le PDG de Arvato Sud Europe
Les centres de contacts d’Arvato Services emploient 4700 personnes pour le marché français, traitent 90 millions d’appels téléphoniques (entrants) par an et présentent un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros.
Mais Arvato services fait aussi de la logistique et du marketting direct (mailings par exemple). Ce qui lui permet d’annoncer au total 28 000 employés et 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Cependant, elle appartient au groupe Arvato qui fait aussi de l’imprimerie, de la production de DVD, de la technologie informatique dans 37 pays avec 52 000 collaborateurs et un chiffre d’affaires de 4,9 milliards d’euros.
Et puis Arvato appartient au groupe de communication Bertelsman qui embauche 102 500 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 18,8 milliards d’euros. Dans ce groupe on trouve, entre autres, RTL, M6, Gala, Voici, Femme actuelle, Télé 2 semaines, Télé loisirs, Capital... et puis aussi France Loisirs.

Lionel Thomassin
Vendredi 24 Octobre 2008
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