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Travaux à la basilique : à roublard et demi, roublard à demi

Jean-Claude Daniel avait fait estimer des travaux à la Basilique (pour un total de 4 millions d’euros !) qu’il n’avait pas l’intention de réaliser. Et Luc Chatel a tenté de faire croire, sans conviction, que la ville ne pouvait pas y échapper.



Drôle de partie qui s’est jouée vendredi soir au Conseil municipal.
Luc Chatel a expliqué avoir découvert des dépenses imprévues. Celles-ci s’élèvent à 4 millions d’euros. Il s’agit de travaux de mise aux normes et de sécurité à exécuter à la Basilique. Ça résulte d’une étude que Jean-Claude Daniel a fait effectuer et qu’il s’est bien gardé de diffuser avant les élections.
Le nouveau maire ne voit pas d’autre solution que d’assumer les engagements de son prédécesseur. Il propose une dépense de 105 000 euros cette année (parce qu’on ne peut pas faire plus quand ça n’est pas prévu), mais il annonce qu’il faudra aller au bout du programme dans les 9 années qui viennent. Il prévoit ainsi 200 000 euros en 2009, 400 000 en 2010, 500 000 en 2011, 2012, 2013 et 600 000 en 2014, 2015 et 2016. Ce sera d’autant plus difficile que rien n’est a priori subventionnable.
Il ajoute que la ville va quand même s’efforcer de trouver des partenaires pour cette aventure.

400 000 euros obligatoires «seulement»

Les anciens de la liste de Jean-Claude Daniel, aujourd’hui élus dans l’opposition, ne l’entendent cependant pas de cette oreille.
Patrick Lefèvre se souvient de cette étude portait sur une réfection globale de la Basilique. Il affirme que Jean-Claude Daniel comptait s’engager sur 161 000 euros seulement ; soit la remise en état de l’électricité. Et Lionel Blondelle ajoute qu’avec le chauffage et les mises aux normes obligatoires, la somme de dépenses auxquelles la ville ne pourra échapper n’excède pas 400 000 euros.
Luc Chatel tente bien de revenir sur l’idée du squelette dans le placard. En baissant la tête, il marmonne que la dépense de 4 millions sera finalement obligatoire et il propose de clore la discussion en passant au vote.
Le projet est finalement accepté à l’unanimité, moins 5 voix contre.

Roublardises de maires

La lecture de l’étude nous montre que celle-ci porte sur des travaux de toutes sortes ; y compris même le dépoussièrage et la restauration de statues. La partie consacrée aux aménagements dictés par un souci de sécurité est assez minoritaire.
On se dit que si Luc Chatel a essayé de faire passer pour obligatoire l’ensemble des aménagements étudiés, c’est parce qu’il ne voyait pas comment en refuser la plus grande partie. Mais son air gêné prouve qu’il a du mal à assumer sa petite roublardise. C’est presqu’un aveu d’honnêteté.
Parallèlement, on peut s’interroger sur les motivations de Jean-Claude Daniel. Pourquoi a-t-il fait réaliser une étude très complète, alors qu’il n’avait pas l’intention de s’engager sur plus du dixième des dépenses suggérées ? Il savait d’ailleurs que nombre de ses colistiers auraient refusé d’aller plus loin.
Inutile de le lui demander, il aura dix bonnes raisons à exposer. Mais celle qu’il ne donnera pas n’est certainement pas la moins importante : mettre son successeur dans l’obligation de prendre une décision politique difficile...

Lionel Thomassin
Vendredi 18 Avril 2008
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