Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Travail : les syndicats dénoncent les «indécences» locales

Déclinant au niveau départemental la journée mondiale pour le travail décent, les principaux syndicats locaux (FO excepté) ont voulu dénoncer les récents problèmes locaux (CFA, FJT, MJC, BSMAT...). Ils ont donné une mention spéciale à Didier Cognon...



La CSI (Confédération internationale des syndicats) a organisé mardi dernier une journée mondiale pour le travail décent. Cet événement, qui concernait 311 organisations syndicales de plus de 100 pays, s’est traduit en France par un défilé parisien et un rassemblement-concert au Trocadéro. Il s’agissait, face aux dérives de la mondialisation, de rappeler les droits fondamentaux de l’homme au travail. L’idée étant de montrer les effets de la déréglementation qui sévit depuis des décennies et de proposer des règles de décence vis à vis de celles et ceux qui travaillent dans le monde.
Le sujet est vaste. Aussi la plupart des syndicats organisateurs ont-ils voulu décliner dans les départements les différents thèmes de la journée. Seule FO en fait n’a pas souhaité aller au delà de la manifestation parisienne (1).
Mardi, un petit mouvement de grève a été lancé (sans grand succès) dans les administrations. De même, quelques entreprises haut-marnaises ont connu des débrayages d’une heure ou deux. Puis une conférence de presse a été organisée à Chaumont par les syndicats CGT, CFDT, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires.

Travailleurs pauvres et inégalités

Même si la France n’est pas le pays au monde le plus mal loti, les syndicats considèrent que la situation des Français par rapport au travail ne va pas en s’améliorant. Ils rappellent que 7 millions de personnes vivent avec moins de 813 euros par mois et ils précisent qu’en beaucoup d’endroits il est impossible de se loger quand on ne gagne que le SMIC. La question des travailleurs pauvres, la dégradation des conditions de travail, la précarité grandissante, les inégalités hommes/femmes... sont autant de sujets qui s’éloignent de ce qu’on peut considérer comme décent dans une société comme la nôtre.
Et, pour un département comme la Haute-Marne, les syndicats ajoutent le recul des services publics. Ce qui rend la vie et l’accès au travail de plus en plus difficiles.
Pénibilité, précarité...
En Haute-Marne, ils constatent comme ailleurs des problèmes de pénibilité au travail. Avec cette nuance qu’en France les difficultés sont plus souvent d’ordre psychologique (rentabilité, pressions, horaires décalés...) que physiques. Ils n’oublient pas néanmoins que, dans le nord du département notamment, certaines usines fonctionnent avec du matériel et des méthodes d’un autre âge.
Au passage, ils s’attardent sur le secteur public qui est aujourd’hui celui qui a le plus recours aux contrats précaires. Il existe des situations parfaitement indécentes à La Poste, mais aussi à l’éducation nationale. La FSU dénonce ainsi des embauches de 200 heures qui, à leur terme, ne donnent lieu ni à indemnités, ni à chômage.

MJC, CFA et BSMAT

Donnant des exemples locaux de ce qu’ils considèrent comme de l’indécence, les syndicats se sont attardés sur les situations qui font peser une lourde incertitude sur les salariés. Ainsi ils ont parlé de la M.J.C. et de la remise en cause par la ville de Chaumont de la première association chaumontaise. A tel point que les employés se demandent tous les jours à quelle sauce ils vont être mangés.
Et puis les syndicats n’ont pas digéré le chantage qui a été exercé dernièrement sur les employés du CFA du Bâtiment. Un financeur a carrément annoncé qu’il ne verserait pas les sommes promises s’ils ne retiraient pas une action intentée auprès des prud’hommes et s’ils ne renonçaient pas à certains avantages. Ils ont été obligés d’accepter, sinon l’établissement était obligé de fermer ses portes.
Les syndicats n’apprécient pas non plus les faux espoirs laissés par le maire-ministre de Chaumont, Luc Chatel, lorsqu’il a été question du départ de la BSMAT. Il avait annoncé la reprise de l’activité par un privé. Or aujourd’hui rien de concret n’est réalisé. Et les employés, qui croyaient à cette solution de rechange, se voient proposer simplement un déplacement en Touraine. Quelle douche froide !... Il aurait mieux valu ne rien promettre...

(1) FO a fait savoir qu’elle ne voulait pas mélanger des revendications nationales à un mouvement international.





Une mention «spéciale» à Didier Cognon

Didier Cognon, l’adjoint chaumontais aux affaires sociales, est l’élu que les syndicats haut-marnais, dans leur chasse à l’indécence, tiennent le plus dans leur collimateur. Ils lui reprochent la fermeture du Foyer des jeunes travailleurs de Chaumont. Ils l’accusent d’ailleurs d’être récidiviste, considérant qu’à titre privé, il a liquidé le FJT de Saint-Dizier dont il était le responsable. Ils estiment donc qu’il était le plus mal placé pour s’occuper de ce dossier à Chaumont.
Résultat, selon les syndicats : des jeunes travailleurs aujourd’hui ghettoïsés dans des immeubles HLM ; un accueil, un encadrement et des formations retirés à des jeunes qui en ont vraiment besoin ; un service de restauration supprimé alors qu’il s’adressait à ceux qui ont peu de moyens ; et des agents mutés au petit bonheur la chance (2).
Ils ajoutent que l’argument de la vétusté des locaux ne tient pas, puisque ceux-ci vont être réutilisés. Ils ne retiennent pas plus celui de l’économie étant donné que la formule FJT fonctionne toujours parfaitement à Langres.
Conclusion des syndicats : «Didier Cognon a œuvré à l’encontre de l’insertion (c’est pourtant son métier) et a complètement occulté le volet social (ce qui ressort pourtant de sa fonction d’élu)».

(2) Ils affirment qu’un des employés ayant 35 années d’ancienneté a été convoqué le jour de la fermeture du FJT (le 30 septembre) pour envisager son reclassement.


Lionel Thomassin
Vendredi 10 Octobre 2008
Lu 418 fois
Notez

Nouveau commentaire :