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Tes Edelweiss



Un poème, en hommage à ma mère nourricière, qui m'a recueilli de la Ddass, voici 52 ans, et qui vient de décéder, laisser un vide incommensurable.

C'est aussi un hommage à toutes les familles d'accueil.


Tes Edelweiss


Allongée en son fauteuil médicalisé,
A la fenêtre de sa cuisine, trop sombre,
Elle observe, d’un regard comme balisé,
Le monde extérieur qui la perçoit comme une ombre.


Ses voisines, veuves aussi, lui font visite,
Plusieurs fois par jour, les yeux plein de tristesse.
Elles devisent sur leur passé qui s’effrite,
Mais pas un mot de ce futur qui les oppresse.


A sa fenêtre elle sourit, la vieille dame,
Quand elle voit de ses enfants, la silhouette.
Transperçant la vitre, s’extirpant de son âme,
Son sourire apaise tout ce qui la fouette.


Ses frères et sœurs que, pour seconder leur mère,
Elle éleva dans sa lointaine jeunesse,
Viennent redorer sa solitude amère,
Redonner à son corps défaillant quelque ivresse.


La vieille dame, notre chère Maman,
Allongée en son fauteuil, du matin au soir,
Détourne ses pleurs, cache douleurs et tourments,
Mais chacun sait et ressent son grand désespoir.


Toute la journée, entassée en son fauteuil,
Elle attendait quelque fin ou commencement…
Et te voici endormie dans ton linceul,
En partance, là, vers quelque autre firmament.


Ainsi tu laisses un vide incommensurable ;
Et même si le temps use granit et gneiss,
Demeurera ton souvenir inoubliable,
Et jamais ne s’effeuilleront tes Edelweiss.


Patrick




Patrick BULLE
Lundi 17 Juin 2013
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