Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Syndicats : Petite manif et grosses bagarres

Entre 250 et 300 personnes ont manifesté à Chaumont le 17 juin pour la défense des retraites et le respect du dialogue social. FO n’a pas voulu s’associer à cette journée d’action. Explications.



Le 22 mai, environ 800 personnes défilaient dans les rues de Chaumont pour défendre les retraites en général et s’opposer en particulier au passage à 41 années de cotisations. Le 17 juin, elles n’étaient plus qu’entre 250 et 300. Il faut dire que l’heure n’est plus à l’unité syndicale puisque, tout en rappelant sa farouche hostilité aux 41 années de cotisations, FO a refusé de s’associer à cette journée d’action. Il faut dire aussi que le message lancé par la CGT, la CFDT et la FSU pour le 17 juin n’était pas bien clair. Outre la défense des retraites, il y avait «la volonté de voir respecter d’une façon concrète le dialogue social et les partenaires sociaux», c’est-à-dire la fameuse «position commune» signée récemment par le MEDEF, la CGPME, la CGT et la CFDT sur la représentativité syndicale qui permet de déroger au contingent conventionnel d’heures supplémentaires. «Position commune» sur laquelle s’est assis le gouvernement pour aller beaucoup plus loin dans «l’assouplissement» des 35 heures. Ce qui a évidemment rendu furax les syndicats signataires.

Des actions qui «épuisent les salariés»

«Avec ce feu vert donné au gouvernement, la CGT et la CFDT lui ont permis de déréglementer le temps de travail en livrant, ainsi, les salariés au seul bon vouloir de leur patron», commente Dominique Perchet, secrétaire générale de l’union départementale FO 52. Mais, selon elle, plutôt que d’organiser de nouvelles manifestations, la CGT et la CFDT feraient mieux de retirer leurs signatures de la «position commune». Et, au sujet des retraites, elle ajoute : «Le gouvernement n’a pas entendu les 700 000 personnes descendues dans la rue le 22 mai. Ce n’est pas une manifestation de plus qui le fera changer d’avis. Des actions sectorisées, sur des revendications multiples et saute-moutons, bien que légitimes, épuisent les salariés. Force Ouvrière milite pour une journée de grève interprofessionnelle public/privé. Mais cette proposition a été rejetée, notamment par la CFDT et la CGT».
En attendant, lors de sa prise de parole le 17 juin devant la mairie, Jérôme Marcel (CGT) a haussé le ton. «En passant au travers des principes mêmes des accords partenariaux (respecter les règles du jeu, tenir parole), nos dirigeants politiques se discréditent totalement aux yeux de tout le monde», a-t-il martelé. «Exit le travailler plus pour gagner plus, nous sommes passés en deux temps trois mouvements au travailler plus, plus longtemps, plus vieux, pour gagner pas grand-chose !»
Malgré les pétards et les fumigènes, une délégation de manifestants a été reçue par un représentant du préfet. Mais cette fois, le cortège n’est pas passé devant la permanence du porte-parole du gouvernement Luc Chatel. Son nom n’a même pas été cité…

Christophe Poirson
Vendredi 20 Juin 2008
Lu 412 fois
Notez

Nouveau commentaire :