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Sommes-nous toujours bien représentés ?

Un maire qui veut défendre les intérêts particuliers de sa commune est à sa place tant qu’il n’exerce pas un mandat plus large. L’affranchi s’interroge sur trois cas d’élus et les réponses différentes à apporter.



Encore une fois, nous allons parler de nos élus. Chacun aura compris que la question «Sommes-nous toujours bien représentés ?» appellera de notre part une réponse négative. Il est toujours facile d’imaginer que tel ou tel élu n’est pas à la hauteur de la tâche qui lui a été confiée par ses concitoyens. Mais là n’est pas notre propos. Si nous ne faisons pas de cadeaux à ceux qui nous dirigent, nous ne remettons généralement pas plus en cause leur légitimité que leur bonne volonté.
Nous avons besoin d’élus pour que la démocratie fonctionne et il serait malsain de dénier, à ceux qui ont eu le courage de se présenter, le droit de nous représenter.
Néanmoins, il existe un domaine dans lequel il nous arrive de juger que certains élus ne sont pas à leur place : c’est dans l’intercommunalité.

Des noms !
Un élu n’a pas sa place en fait, à la tête de n’importe quelle collectivité, quand il ne se soucie plus de l’intérêt général. Le maire qui n’œuvrerait que pour satisfaire une catégorie de ses administrés (une famille dans un village, un quartier ou un secteur socio-professionnel dans une ville) serait hautement condamnable.
On peut le comprendre en revanche de la part d’élus de base.
Même si elles nous agacent quelquefois au conseil municipal de Chaumont, les positions de Patrick Viard répondent à une certaine logique. Le maire délégué de Brottes est là bien souvent pour défendre des options exclusivement brottaises et pour tirer un maximum de moyens vers son village. Il se bat même pour récupérer un peu d’autonomie. Mais on ne peut lui en vouloir puisqu’il n’a pas caché ses intentions et que les habitants, dans leur grande majorité, l’ont mandaté pour mener cette politique.
De même, la position de Jean-Luc Raillard, le maire de Semoutiers-Montsaon, au sein de la communauté de communes du pays Chaumontais est compréhensible.
Dans toute collectivité de ce type, on trouve des élus qui adhèrent sur le principe. Ils sont là pour faire avancer un projet dans l’espoir qu’il bénéficiera à tout le monde. Et puis il y a ceux qui viennent de peur d’être tenus à l’écart et de manquer une opportunité. Et parmi eux, on reconnaît assez facilement les petits malins qui n’ont qu’une idée en tête : obtenir un maximum pour leur commune en donnant un minimum à la communauté.

Elus ou marchands de tapis ?
Jean-Luc Raillard fait partie de ces habiles profiteurs.
Sa commune, qui n’est pas la plus mal lotie du secteur, a vu arriver de nouveaux emplois avec l’aide, directe ou indirecte, de la communauté de communes. Beaucoup d’autres auraient aimé en avoir autant. Mais ça ne suffit pas. Le maire de Semoutiers refuse aujourd’hui de rembourser tout ou partie d’une somme de 44 000 euros qu’il a reçue de l’Etat et qui est due à la communauté. Motif : les aménagements réalisés par le Pays Chaumontais ont causé des perturbations à la commune...
On croit rêver...
Mais M. Raillard a bien manœuvré. Les accords étaient verbaux... si bien que le nouveau président (Luc Chatel) se sent obligé de négocier. Des discussions de marchands de tapis vont s’engager pour essayer de faire récupérer à la communauté de communes une partie au moins de ce qui lui est dû.

Jean-Luc Raillard : un vice-président contestable
Jusque-là, on se dit que l’âme humaine est ainsi faite et qu’il s’agit d’une affaire à régler entre membres de la communauté. En tant qu’observateur on a plus de comptes à demander en fait à ceux qui ont laissé faire qu’à celui qui a tenté le coup tordu.
Mais ce qui est incompréhensible, c’est que M. Raillard est devenu récemment vice-président de la communauté de communes, chargé des transports.
On peut s’attarder encore sur les intentions de Luc Chatel et ses amis qui l’ont proposé - et quasiment imposé - à ce poste. Peut-être croyaient-ils l’amadouer ?
Mais pour le coup, on ne peut plus suivre l’intéressé. Autant on peut comprendre l’attitude de celui qui vient réclamer toujours et encore pour sa commune, autant celui-ci devient condamnable quand il brigue une responsabilité au sein de la communauté.
Cet élu-là est désormais coupable de ne pas œuvrer dans le sens de l’intérêt général. La preuve, c’est qu’en tant que dirigeant de la communauté de communes, il cherche à faire un cadeau de plusieurs dizaines de milliers d’euros à la seule commune de Semoutiers. L’honnêteté voudrait qu’il change d’attitude ou qu’il démissionne. En attendant il est le plus mauvais représentant qui soit de ceux qui l’ont placé là.

Patrick Viard, pas encore...
Et puisque nous avons cité plus haut le nom de Patrick Viard, il nous faut aller au bout de l’argumentation. Car M. Viard vient d’être réélu président du Conseil en développement local du Pays de Chaumont.
On doit se demander comment celui qui dans un contexte intercommunal se bat presqu’exclusivement pour son village, peut être habilité à diriger une structure communautaire. Il y a encore incompatibilité ; sur le fond, du moins. Car dans les faits, ça ne change pas grand chose. Le CDL est une instance de proposition, pas de décision. Tant qu’il ne brigue pas un mandat exécutif, il n’y a pas grand chose à dire.

Le vrai problème de Luc Chatel
Tout cela nous amène forcément à réfléchir au cas de Luc Chatel.
Le maire de Chaumont est irréprochable en tant que président de la communauté de communes. Ses actes et ses déclarations montrent qu’il ne cherche pas à privilégier sa ville, bien au contraire... Mais en tant que ministre et porte parole du gouvernement ?
Nous avons souvent écrit ici que la politique de suppression de postes de fonctionnaires sera très dommageable pour une ville comme Chaumont. Luc Chatel ne le nie pas, mais il ne faut pas compter sur lui pour demander des passe-droits. Il n’a qu’une réponse (très aléatoire quand même) : «A nous de développer l’emploi privé qui compensera les pertes sur le public».
En revanche, sur le dossier de l’armée sa position est beaucoup plus délicate. Tant qu’il argumente sur des aspects techniques - pour montrer que le 61e RA est mieux placé à Chaumont qu’ailleurs - il est dans son rôle. Mais s’il est amené à défendre le seul intérêt de Chaumont, il entre en contradiction avec ce que prône le gouvernement auquel il appartient. Il n’a alors pas d’autre choix que de démissionner.
Comme à notre avis il ne le fera pas, ceux qui souhaitent garder le régiment pour des raisons d’aménagement du territoire et de sauvegarde d’une situation locale auraient tort de compter sur lui. Nous ne pouvons que les inciter à se mobiliser au plus vite.

Lionel Thomassin
Vendredi 30 Mai 2008
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