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Services publics : menaces de plus en plus sérieuses

PJJ : pourquoi supprimer un service qui fonctionne bien ?



Jeudi matin, à l’appel du Syndicat des personnels de l’éducation surveillée protection judiciaire de la jeunesse (SNPES-PJJ FSU), et soutenus par la CGT, plus des trois quarts des personnels de la PJJ de Haute- Marne ont entamé une grève reconductible de jour en jour. Ils signifiaient ainsi leur opposition à la fermeture annoncée du Foyer d’action éducative (2, rue du Cdt Hugueny). Ce type de foyer accueille, souvent en urgence, des jeunes qui sont placés par un juge. Soit parce qu’ils sont en train de déraper, soit parce qu’ils sont en danger. Dans la foulée, les grévistes ont dénoncé ce qu’ils interprétent comme une logique de suppression à terme de la Direction départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse. Pour faire passer le message ils avaient organisé une conférence de presse en fin de matinée dans les locaux de la FSU. Et on a vu alors arriver des responsables syndicaux régionaux et nationaux. Ceux-ci ont expliqué en fait qu’ils tenaient à marquer le coup à Chaumont. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un foyer de ce type ferme ses portes en France. Mais, selon eux, c’est bien la première fois qu’on décide d’en supprimer un qui donne toutes satisfactions. Ses moyens sont adaptés aux besoins et les juges y trouvent les solutions qu’ils recherchent pour certains cas précis. De toutes façons, le principe du Foyer étant de pouvoir placer un jeune sans l’éloigner de ce qui permet de le structurer, dans un travail qui tente d’impliquer aussi les parents et les proches, il paraît absurde de le diriger vers des centres situés à plus de 100 km. D’autant que ces foyers situés à Dijon, Troyes, Epinal... n’ont pas de places disponibles. Pour les syndicats, il n’existe donc qu’une explication : l’Etat agit dans une simple logique comptable. Il est en train de créer des centres éducatifs fermés, répondant plutôt à une préoccupation répressive datant d’un autre siècle. Or ces centres coûtent très chers. On cherche donc à les financer en fermant les structures qui existent. Ce qui est inquiétant quand on sait que beaucoup d’observateurs considèrent que l’existant a pourtant le mérite d’être moins cher tout en étant probablement beaucoup plus efficace. La fermeture du Foyer de Chaumont serait d’autant plus dramatique qu’il n’existe pas vraiment en Haute-Marne de réponse associative aux besoins locaux. Et comme ça ferait baisser nettement l’activité de la PJJ, la suppression de la direction départementale deviendrait inéluctable. On créera bien une autre structure pour que persiste une activité d’éducateurs en milieu ouvert. Mais tant en termes d’efficacité que d’économie locale (beaucoup d’emplois seront perdus), ça ne pourra être satisfaisant.

L.T.
Vendredi 28 Mars 2008
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