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Services municipaux ce que dit l’audit

Le cabinet Mazars a rendu les conclusions de son audit sur l’organisation des services de la ville de Chaumont. Il est question, entre autres, de regrouper les services et de constituer un guichet unique pour faciliter les démarches des administrés.



Luc Chatel a une nouvelle fois réuni la totalité du personnel municipal ce jeudi 12 février pour lui présenter les résultats de l’audit organisationnel réalisé par le cabinet Mazars. Un audit dont l’objectif est d’arriver à «un meilleur service avec la meilleure organisation possible», a tenu à rappeler au préalable le maire de Chaumont. 
Tout en reconnaissant que les services de la ville fonctionnent globalement plutôt bien, l’étude s’attarde bien évidemment sur tout ce qui ne va pas ou pourrait être amélioré. Ainsi, les fonctions ne sont pas assez mutualisées. Et les visions sont souvent trop cloisonnées. Cela concerne en particulier les services d’entretien des bâtiments et les espaces verts. S’agissant de ces derniers, l’une des questions consiste à trouver une meilleure articulation entre les services de la ville, ceux de Chaumont Habitat et ceux de la Communauté de communes. 
Il y a aussi des services qui sont «au taquet» à certains moments alors que d’autres ont une activité assez faible.
Un service comme celui de la démocratie participative doit être complètement réorganisé «pour toucher quotidiennement l’habitant». Tandis que la fonction d’un certain nombre d’agents du service des sports mériterait d’être reprécisée. 
L’audit souligne aussi un taux d’occupation très bas, certains jours, des structures de petite enfance. Et il pose des questions par rapport aux personnes âgées. 
Autre conclusion du cabinet Mazars : l’accès aux services communaux (état civil, inscriptions scolaires, service des sports, affaires culturelles, etc.) ressemble trop souvent à un «parcours du combattant» pour le Chaumontais. Et il convient de réfléchir à la constitution d’une sorte de «guichet unique». 
A en croire l’audit, les services ne sont actuellement «pas en capacité de participer de manière réellement contributive à l’élaboration des grands projets urbains». Les services des finances et des ressources humaines, mais aussi les services informatiques et juridiques doivent ainsi «monter d’un cran» et faire le plein de matière grise. 

«Il y a des lacunes managériales»

«Il y a des lacunes managériales au sein des services», déplore aussi le cabinet Mazars qui propose des plans de formation et un «accompagnement managérial» pour que les chefs de services soient en capacité de faire aboutir les projets.  
L’organigramme de la ville est appelé une nouvelle fois à être revu et les missions des directeurs généraux adjoints et chefs de services à être redéfinies.
Enfin, l’éclatement géographique des services peut être source de dysfonctionnements et ne favorise pas la «culture maison». L’audit préconise ainsi le regroupement sur un seul site. 
Luc Chatel se garde bien de reprendre à son compte toutes les critiques et préconisations qui figurent dans ce rapport. Tout reste à discuter, affirme-t-il. C’est ainsi que des groupes de travail vont se réunir prochainement.  L’un sur la maintenance des bâtiments et un autre sur l’entretien de la voirie, des espaces verts et du domaine public, sachant qu’il pourrait y avoir à terme un regroupement de ces services. 
Un troisième groupe de travail va porter sur les services culturels, avec cette question sous-jacente : quelles fonctions peuvent être regroupées ?
Et un dernier groupe de travail va plancher sur le guichet unique. 
Commentaire de l’élu d’opposition Patrick Lefèvre, qui assistait à cette réunion : «Je retiens le regroupement des services sur un seul site, la volonté de décloisonner et le guichet unique. Il n’y avait pas besoin de faire un audit pour arriver à ces conclusions».



LES COUDEES FRANCHES

Ouvrir la mairie entre 12 h et 14 h et jusqu’à 20 h ?

C’est bien religieusement que les employés municipaux ont écouté les conclusions de l’audit. Sauf lorsque le représentant du cabinet Mazars a livré ce commentaire : «Une ville comme Chaumont ne peut pas être systématiquement fermée tous les jours entre 12 h et 14 h et tous les soirs de 18 h à 20 h». Là, il y a eu des réactions. Et encore, la question du dimanche n’a pas été abordée...

Et s’il n’en reste qu’une...

Responsable du syndicat CGT de la ville de Chaumont, Danièle Prost a été quasiment la seule à poser des questions et à exprimer ses inquiétudes à la suite de la présentation de l’audit. «Les agents se posent des questions, mais il n’est pas si facile de prendre la parole dans une assemblée comme celle-ci», a-t-elle expliqué. Peut-être aussi que certains n’en pensent pas moins mais ont peur de se faire mal voir...
En tout cas, Danièle Prost a été applaudie lorsqu’elle a mouché le directeur général des services, Jean-Michel Zupan. La syndicaliste reprochait à la municipalité d’avoir pris certaines décisions bien avant de connaître les résultats de l’audit. «J’ai toujours dit que je n’allais pas attendre l’audit pour modifier certaines choses», s’est défendu le DGS. «Alors, à quoi sert l’audit ?», s’est exclamée Danièle Prost. 

Trop de «cultureux» ?

Si l’on en croit le cabinet Mazars, par rapport aux villes de la même strate, Chaumont compte beaucoup d’agents qui travaillent dans les services culturels. Beaucoup trop ? «Ce n’est pas une critique, on ne fait que constater», a répondu l’auteur de l’audit à Pierre Kechkéguian, le directeur du Nouveau Relax, qui demandait des explications. Il a aussi ajouté qu’il n’y avait «pas suffisamment de synergies entre les activités culturelles».

«On ne taille pas à la hâche»

Interpellé par Danièle Prost sur les suppressions de postes à la ville, Luc Chatel a donné des chiffres très précis : «Il y a 22 agents dont le contrat arrivera à échéance en 2009 : 14 seront maintenus, 4 partent volontairement et nous en remplacerons 2, et les 4 autres ne seront pas renouvelés. Ce n’est pas ce qu’on appelle tailler à la hâche...»
Le maire n’a toutefois pas parlé des départs en retraite qui pourraient ne pas être remplacés. Ni du nombre total de postes qui pourraient être supprimés dans les années à venir. 

Drôle de système

Certains employés municipaux de catégorie C lauréats d’examens ou de concours viennent d’apprendre qu’ils risquaient de ne pas être nommés en catégorie B. Question de Danièle Prost : «Est-ce que ça vaut encore le coup à la ville de passer des examens et des concours ?»
Réponse de Jean-Michel Zupan : «Le système m’interdit aujourd’hui de les nommer.»
La discussion devenant trop technique, Luc Chatel a suggéré qu’elle se poursuive ailleurs...

Christophe Poirson
Vendredi 13 Février 2009
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