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Service minimum la ville a fait le maximum

Bilan du service minimum dans les écoles de Chaumont le 15 mai : une trentaine d’employés municipaux mobilisés pour accueillir une centaine d’enfants.



En plein pont du 8 mai
et de la Pentecôte, le
maire de Chaumont a
tenu une conférence de
presse en compagnie de
l’inspecteur d’Académie
pour annoncer la mise en
place du «service minimum
d’accueil dans les écoles
maternelles et élémentaires
en cas des grève des enseignants
».
«C’est une mesure à caractère
social», a souligné Luc
Chatel. «Car ce sont d’abord
les familles modestes
n’ayant pas les moyens de
faire garder leurs enfants
qui sont pénalisées les jours
de grève.»
«Il n’y a qu’un seul objectif
: rendre service aux
familles», a renchéri l’inspecteur
d’académie
Christian Wassenberg.
La mise en place de ce service
minimum nécessite la
signature d’une convention
entre l’Etat et la ville de
Chaumont, laquelle doit
être approuvée par le
conseil municipal. Celui-ci
ne se réunira que le 12 juin.
Mais cela n’a pas empêché
la nouvelle municipalité
d’expérimenter ce dispositif
dès ce jeudi 15 mai.
Bilan de l’opération : la ville
a mobilisé à peu près autant
d’employés municipaux que
d’enseignants grévistes, soit
une trentaine. Mais tous les
enfants concernés ne sont
pas venus à l’école. Il n’y en
a eu qu’une centaine. Ce
qui fait une jolie moyenne
d’encadrement : un adulte
pour trois enfants. Des
conditions de travail dont
n’osent même pas rêver les
enseignants qui étaient en
grève !

Tout le monde
n’est pas convaincu


Lors de sa conférence de
presse, Luc Chatel a toutefois
tenu à rassurer le
contribuable chaumontais :
l’Etat a prévu de verser des
compensations financières.
Reste que s’il peut être
effectivement apprécié de
certains parents, ce service
minimum continue de faire
débat. «Il y a des employés
de la ville qui n’ont pas pu
se mettre en grève à cause
de ça», confie Danièle Prost
(CGT). «Et puis, il y a un
problème de responsabilité
en cas de pépin».
Au nom du syndicat
SNUipp-FSU, Jean-Luc
Annequin s’interroge aussi
sur le recours à du personnel
pas forcément habilité à
entrer dans une école et sur
la possibilité d’utiliser ainsi
les locaux scolaires.
Le syndicaliste n’admet pas
non plus que les enseignants
doivent communiquer
au maire -qui n’est pas
leur supérieur hiérarchique-
s’ils sont grévistes
ou non. «On remplace par
des employés municipaux
des enseignants grévistes
alors que l’Education nationale
avait prévu cette situation
», s’insurge-t-il. «Je
rappelle que le service minimum
existait déjà dans les
faits puisque les enseignants
non grévistes
accueillaient les élèves de
leurs collègues grévistes.
Mais il faut aussi rappeler
que l’Education nationale
est dans l’incapacité de
remplacer les maîtres
malades. Tous les ans, il y a
des classes qui vaquent pendant
plusieurs jours à cause
de ça».

Christophe Poirson
Vendredi 16 Mai 2008
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