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Qui veut se battre pour les régiments ?

Contrairement à leurs voisins des Ardennes, les Haut-Marnais ne bougent pas beaucoup pour défendre la BSMAT de Langres et le 61e RA de Chaumont-Semoutiers. Et lorsque l’on écoute des élus comme François Cornut-Gentille et Jean-Claude Etienne, cela fait peur pour l’avenir. Une manifestation associant les Chaumontais et les Langrois pourrait toutefois voir le jour.



Si l’on en croit un écho paru cette semaine dans le Canard enchaîné, Luc Chatel disposerait du soutien de Nicolas Sarkozy pour le maintien du 61e régiment d’artillerie à Chaumont-Semoutiers. Selon “le volatile”, ce soutien agaçerait même le ministre de la Défense Hervé Morin. Reste que rien n’est encore officiellement décidé pour le moment. Et, compte tenu de la réaction de certains élus locaux, la réunion du 19 juin au cours de laquelle le ministre de la Défense devait donner le détail des restructurations militaires - et des fermetures de sitesaurait été repoussée à une date ultérieure. En attendant, force est de constater que les Haut- Marnais ne se bougent pas beaucoup pour défendre leurs régiments. Contrairement à leurs voisins des Ardennes qui ont su dépasser les clivages politiques.

Cornut-Gentille : «A Chaumont, on peut essayer de gagner un petit peu de temps»
Dans l’émission «La voix est libre», diffusée sur France 3 le samedi 17 mai, on a même pu entendre le député UMP du nord haut-marnais François Cornut- Gentille, membre de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale, déclarer : «A Chaumont, on peut essayer de gagner un petit peu de temps. Mais si on y arrive, ça ne sera que provisoire. On n’arrivera pas à défendre des sites isolés ». Celui qui n’en menait pas tellement large il n’y a pas si longtemps, lorsque la BA 113 était elle aussi menacée, se montre donc assez pessimiste pour Chaumont. Quant à la BSMAT (base de soutien de matériel) de Langres, il ne prend même pas la peine d’en parler. Tout juste imagine-t-il quand même la possibilité d’attirer d’autres activités militaires dans le sud hautmarnais pour faire une vraie «base de Défense» comptant entre 2500 et 3000 hommes. Ce qui semble être le nouveau seuil fixé pour les implantations militaires.


Jean-Claude Etienne se console avec le développement de Mourmelon
Au cours de cette même émission télévisée, on a pu entendre aussi le sénateur UMP de la Marne Jean- Claude Etienne, ancien président de Région, annoncer quand même une bonne nouvelle : si des sites militaires sont appelés à disparaître, la Champagne- Ardenne ne devrait globalement pas trop souffrir puisque «le camp de Mourmelon va à coup sûr prendre une dimension bien plus importante qu’aujourd’hui ». Tant mieux pour la Marne, mais la Haute-Marne dans tout ça ? Invité à participer à cette émission en tant qu’employé de la BSMAT de Langres et délégué syndical FO, Henri Linarès n’en a pas cru ses oreilles. Ce manque de volonté politique l’a convaincu qu’il était grand temps de faire quelque chose. Avec l’appui de la députée Sophie Delong, il a été décidé d’inviter le ministre de la Défense à venir visiter les sites de Langres et de Chaumont-Semoutiers. «Et s’il ne peut pas venir, on demandera à ce qu’il nous reçoive pour qu’on lui explique ce qu’on fait, car il ne le sait pas !», précise Henri Linarès. «On a aussi à lui présenter des arguments techniques pour justifier notre maintien en Haute- Marne». La BSMAT est chargée de la maintenance des matériels électroniques et informatiques de transmission. «On est les seuls à faire ça en France», tient à souligner le délégué syndical. «On a du matériel nec plus ultra. On a le soutien -jusqu’en 2027- du programme radio de 4e génération, qui est le top du top en matière électronique et qui fonctionne aussi bien dans les chars Leclerc que sur le porte-avions Charles de Gaulle».

Imaginer une manifestation associant les Langrois et les Chaumontais
La BSMAT (121 civils et une quinzaine de militaires) soutient aussi les drones du 61e RA (990 militaires et une trentaine de civils). Et c’est un argument supplémentaire pour imaginer une action commune. «Si on n’obtient ni la visite d’Hervé Morin ni un rendez- vous avec lui à Paris, on pourrait organiser une grande manifestation en associant les Langrois et les Chaumontais», confie Henri Linarès. «Pour montrer à quoi on sert, on n’exclut pas non plus un mot d’ordre de grève...» «A force, il ne restera plus rien en Haute-Marne», se désole le délégué syndical. «Même si ça ne peut pas être le seul critère pour l’armée, il faut quand même aussi tenir compte de l’aménagement du territoire.» Faudrait aussi que les Haut- Marnais se sentent davantage concernés et ne s’en remettent pas uniquement au ministre-maire Luc Chatel. Lequel serait d’ailleurs encore plus convaincant en haut lieu s’il pouvait s’appuyer sur une mobilisation des citoyens. Pourquoi, par exemple, ce combat n’est-il pas pas partagé par une association comme «Chaumont pour tous» ? Même si cela ne relève pas du même registre, le départ du régiment ne serait-il pas aussi catastrophique pour la ville que le transfert de l’hôpital à Rolampont ?

Ministre ou maire, Chatel va peut-être devoir choisir

Selon le Canard enchaîné de cette
semaine, Xavier Bertrand aurait
demandé à Luc Chatel le nombre
d’habitants à Chaumont. Réponse :
"Un peu plus de 20 000". Alors, le
ministre du Travail lui aurait lâché,
en se marrant : "Un conseil alors :
laisse Morin fermer ton régiment.
Chaumont descendra sous les
20 000. La commission des Lois
vient d'adopter un amendement
interdisant le cumul des fonctions
de ministre et de maire, sauf pour
les municipalités de moins de 20
000 habitants".
Deux commentaires. Primo, comptant
aujourd’hui officiellement
24 200 habitants, Chaumont ne
risque quand même pas de passer
immédiatement sous la barre des
20 000, d’autant que tous les militaires
n’habitent pas à Chaumont et
que beaucoup sont installés dans
les villages environnants».
Deuzio, si cet amendement voté
dans le cadre de la réforme des institutions
venait à s’appliquer, Luc
Chatel serait contraint de choisir
entre son engagement au service de
la ville de Chaumont et la poursuite
de sa carrière ministérielle.
L’affranchi avait déjà envisagé cette
possibilité dans son numéro du 16
novembre 2007. Mais, à l’époque,
Luc Chatel avait répondu qu’il n’y
croyait pas du tout...cy[

Christophe Poirson
Vendredi 23 Mai 2008
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