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Que va faire Thierry Simon ?

Poussé par Luc Chatel dans le festival de l’affiche, le président de «Chaumont pour Tous» se donnera-t-il encore la possibilité de se battre pour le maintien des services publics ?



On va finir par dire que L’affranchi radote. Dès janvier 2008, son calendrier (qui n’a pas plu à tout le monde) donnait le ton. Avec ses photos de la préfecture et son texte grave, il prédisait que l’année à venir serait remplie de menaces pour les services et les emplois publics locaux. Il incitait alors les citoyens à rester très vigilants.
Et depuis, il ne se passe guère de semaines sans que nous remettions les mêmes inquiétudes sur le tapis. On rabâche certes. Mais les faits commencent malheureusement à nous donner raison. Déjà, du côté du tribunal, de la Protection judiciaire de la jeunesse et de la direction de la concurrence et de la consommation, les craintes se justifient pleinement. Et puis on ne compte plus les annonces de retrait de l’Etat, y compris dans le domaine militaire.
L’ambiance nous rappelle celle de la période encore très proche, où se faisaient jour régulièrement des menaces pour l’hôpital.
Sans savoir si la mobilisation de l’époque aura été durablement efficace (il n’est pas exclu que le projet de délocalisation vers Rolampont ou Marnay resurgisse), on se dit qu’il ne serait pas mauvais de réactiver l’association «Chaumont pour Tous».
Du coup on se tourne naturellement vers son président, Thierry Simon. Et la question se pose de savoir ce qu’il va faire, étant donné qu’il est actuellement appelé à d’autres tâches.

Tenu à l’écart des municipales

Passionné de politique locale, Thierry Simon a été assez peu présent dans la dernière campagne électorale. Parce que les circonstances l’ont voulu ainsi...
Il a bien tenté de représenter une troisième voie en dehors des prédominances du PS et de l’UMP. C’est ainsi qu’il a réactivé «Chaumont en tête», l’association qui avait porté Cyril de Rouvre, puis Christine Guillemy aux précédentes municipales. Mais il n’est pas allé au delà de la première réunion. Une majorité des membres présents étant prête à suivre Luc Chatel sans conditions.
C’est Philippe Debref qui a récupéré la mouvance centriste et l’a faite fructifier. Les deux hommes se sont bien rencontrés alors que la campagne était déjà très avancée, mais ils n’ont pas trouvé de terrain d’entente.
Parallèlement, Thierry Simon a souhaité publiquement que des membres de «Chaumont pour tous» soient représentés officiellement dans les différentes listes. Histoire de veiller partout aux principes de maintien de l’hôpital et des services publics. Lui-même se serait bien vu à la tête d’un petit groupe dans la liste de Luc Chatel. Mais sa proposition n’a pas été retenue, et si quelques uns de ses amis y sont allés, ça n’a jamais été au nom de l’association. A tel point que Thierry Simon leur a suggéré de démissionner de «Chaumont pour tous».
Ce qu’ils n’ont pas fait pour l’instant...

Au festival : c’est président ou rien

En fin stratège, Luc Chatel, qui n’est quand même pas arrivé là par hasard, a bien compris qu’il valait mieux ne pas laisser Thierry Simon à l’écart. Lors de la première réunion du Conseil municipal, il l’a fait désigner comme devenant l’un des trois représentants de la ville au conseil d’administration du festival de l’affiche.
Le nouveau maire n’a rien précisé. Mais dans l’esprit de Thierry Simon, c’est pour en devenir président. Si c’était pour l’installer comme simple administrateur, le conseil n’avait pas besoin d’en faire tant. Même à l’époque de la gauche, Thierry Simon a pu siéger au CA quand il l’a voulu. L’association, qui n’est pas si riche en membres, a toujours été prête à accueillir des personnes de bonne volonté connaissant bien le graphisme ou le festival.
Il est certain en tout cas que si Luc Chatel veut vraiment conserver Thierry Simon dans un organisme proche de la municipalité, il faut qu’il lui donne la possibilité d’en être le principal responsable. Sinon il s’en ira. Mais on n’est même pas sûr que ça suffise...
Toute la question est de savoir si, devenant président du festival de l’affiche, Thierry Simon sera encore à même d’animer «Chaumont pour Tous».
Ça nous paraît difficile en fait.


Le strapontin et le parapluie...

Lorsqu’il s’agira de lutter contre le retrait d’un service d’Etat bénéficiant jusque-là aux Chaumontais, il faudra inévitablement s’opposer au gouvernement qui en aura pris la décision. Et comme Luc Chatel est le principal représentant du gouvernement à Chaumont, c’est forcément sur lui que la pression locale sera mise. Or on voit mal Thierry Simon diriger cette fronde alors qu’on pourra le considérer par ailleurs comme un collaborateur du maire pour une partie non négligeable de l’animation de la ville.
Pourtant, il reste encore un des mieux placés pour mener le combat. N’étant pas soupçonnable de vouloir faire gagner la gauche, il est plutôt crédible lorsqu’il dénonce une mesure du gouvernement qu’il estime mauvaise pour la ville et le département. Il est ainsi un des rares qui puisse mobiliser aujourd’hui ailleurs que sur le terrain politique.
Lorsque l’occasion se présentera, il pourra toujours essayer de confier les rênes de l’association à un membre indépendant et aussi décidé que lui (s’il le trouve). Mais il ne faut pas non plus exclure l’idée qu’il pourrait démissionner du festival, afin de mieux se lancer dans la bagarre.
Qui vivra verra !
La seule chose dont on soit sûr, c’est qu’en lui proposant un strapontin, Luc Chatel ne s’est pas complètement mis à l’abri.

Lionel Thomassin
Lundi 5 Mai 2008
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