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Quartiers : à propos des jeunes qui en veulent...

Après avoir été en conflit avec la MJC, l’association Jeunes 100 Frontières va être amenée, prochainement, à gérer en partie le local jeunes de La Rochotte. Elle tient à expliquer sa démarche. De son côté, l’élu d’opposition Patrick Lefèvre fait une mise au point concernant son intervention au conseil municipal du 31 janvier.



«Plutôt que de nous casser avant même qu’on démarre, on devrait nous soutenir…». Zacharie El Majdoubi, Omar Boussabata, Amine Lahcen et Jimmy Legros sont tous les quatre membres actifs de Jeunes 100 Frontières, l’association qui devrait être amenée prochainement à gérer en partie le local jeunes de La Rochotte. Une éventualité qui a conduit Patrick Lefèvre, lors du dernier conseil municipal, à mettre en garde le maire Luc Chatel sur ses responsabilités en cas d’incident (lire ci-contre). Et Michel Prost, le directeur de la MJC, à déclarer qu’il avait peur de ce qui allait se passer.
Les responsables de «Jeunes 100 frontières» ont déjà réagi à ces propos dans nos colonnes la semaine dernière. Mais ils ont tenu à rencontrer L’affranchi pour expliquer leur démarche.

«On a demandé à ce que le local soit repris par la ville»

Ils précisent qu’ils ont créé l’association en juillet 2007, c’est-à-dire bien avant les élections municipales. Et s’ils l’ont fait, c’est parce que la façon dont la MJC gérait le local jeunes ne leur convenait pas. «On n’avait rien à reprocher à l’animateur, bien au contraire, on souhaitait qu’il reste», soulignent-ils. «Mais on trouvait qu’il y avait un manque de propositions. Et toutes les idées qu’on pouvait formuler étaient rejetées par la MJC. C’est pourquoi on a demandé à ce que le local soit repris par la ville».
«Avant les élections, on a envoyé une lettre à chaque candidat, ainsi qu’à Jean-Claude Daniel», ajoutent-ils. «On a été reçus par Philippe Debref et Luc Chatel, mais on n’a jamais eu de réponse de la gauche…»
L’association affirme ne pas vouloir faire de politique. Mais elle considère que l’ancienne municipalité n’a pas fait grand-chose pour les quartiers. L’un de ses membres s’est retrouvé sur la liste de Philippe Debref. Et aujourd’hui, tous se félicitent de l’écoute de la nouvelle municipalité. Il faut dire aussi que le président de Jeunes 100 Frontières, Marc Nédélec, est le fils d’une conseillère municipale élue sur la liste de Luc Chatel…

Une gestion en autonomie sur certains créneaux horaires

Cela n’a pas empêché les membres de Jeunes 100 Frontières de participer à la manifestation pour la défense du local jeunes qui s’est déroulée le 30 décembre. «On a manifesté pour qu’il ne soit pas fermé définitivement, mais pas pour qu’il reste confié à la MJC», tiennent-ils (évidemment) à préciser. Reste que beaucoup d’autres manifestants souhaitaient continuer avec la MJC et se rendent désormais au centre-ville…
Début janvier, l’association a fait partie de la «délégation de jeunes» reçue par Luc Chatel. «On est partis sur l’idée d’une gestion de la municipalité en collaboration avec nous», explique Zacharie El Majdoubi. «Et ils nous proposent une gestion en autonomie sur certains créneaux horaires, non pas jusqu’à 2 heures du matin comme il a été dit au conseil municipal, mais jusqu’à 22 heures».
En attendant, après plus d’un mois de fermeture, le local jeunes ne rouvre pour le moment que le mercredi, de 14 h à 18 h, sous la responsabilité du service jeunesse de la ville. «Ça ne peut pas se faire du jour au lendemain», argumentent les membres de Jeunes 100 Frontières. «On est en train de monter le projet avec la mairie et on commence à rédiger une convention… Au début, on sera avec les animateurs de la ville. On ne sera pas tout de suite en autonomie».

Travaux, ateliers emploi, slam, rap, etc.

Depuis sa création, l’association –qui s’est fixée pour objectif de «rassembler les jeunes des différents quartiers, pas seulement celui de La Rochotte, et de mettre en place des animations avec eux»- se vante d’avoir organisé des tournois de foot, une soirée couscous ou encore des activités en lien avec Tremplin 52 et Chaumont Habitat. «On va aller chercher les jeunes et on va essayer de les motiver», affirment Zacharie El Majdoubi, Omar Boussabata, Amine Lahcen et Jimmy Legros. «On va faire des travaux d’embellissement au local, on va essayer de mettre en place des ateliers emploi, des ateliers d’écriture, des animations slam et rap, et des activités sportives comme le futsal. Ce serait bien de pouvoir commencer pendant les vacances de février. Il y a des attentes. On voudrait aussi favoriser la mixité et ouvrir le local aux jeunes mamans».
Cerise sur le gâteau : l’association «Jeunes 100 Frontières» affirme être prête à travailler avec la MJC sur certains projets…


Jimmy Legros, Omar Boussabata, Zacharie El Majdoubi et Amine Lahcen : «On va aller chercher les jeunes et on va essayer de les motiver». 
Jimmy Legros, Omar Boussabata, Zacharie El Majdoubi et Amine Lahcen : «On va aller chercher les jeunes et on va essayer de les motiver». 

Local jeunes : une mise au point de Patrick Lefèvre

Suite à la réaction de l’association Jeunes 100 frontières, publiée dans L’affranchi de la semaine dernière, l’élu d’opposition Patrick Lefèvre revient sur l’intervention qu’il a faite au conseil municipal du 31 janvier :
«Avant toute chose, une précision s’impose. Afin de désigner certains membres de l’association «Jeunes 100 frontières», je n’ai bien évidemment pas parlé «d’incapables» et encore moins de «voyous» mais de «personnes que j’apprécie» amenées à «encadrer» des «jeunes attachants mais parfois turbulents». Vous avouerez que ce n’est pas la même chose. Ces propos ont d’ailleurs été repris dans la presse. A propos de cette association, j’ai toujours pensé qu’elle représentait une initiative digne du plus grand intérêt.
«Cette mise au point étant effectuée, je crois qu’il est normal que les jeunes réagissent pour défendre leur projet (la mise à disposition à une association d’un lieu communal), pour revendiquer leur part d’autonomie, de «liberté». Nul ne peut leur en faire reproche. Bien au contraire !
Pour tout dire, je m’y attendais !
Le rôle des élus de la commune, c’est de faire en sorte que cette délégation de responsabilité s’effectue dans les meilleures conditions possibles.
Un cadre juridique existe. Il s’applique quelquefois durement en cas de problème grave. Se constituer en «association de type 1901» ne constitue pas systématiquement une garantie juridique. C’est la compétence de l’encadrement qui est souvent mise en cause lorsqu’un problème survient.
Car en effet, encadrer des jeunes, ce n’est pas toujours simple. Cela s’apprend. Comme d’ailleurs s’apprend la compétence visant à faire fonctionner de façon démocratique une association. Cette compétence est validée par des diplômes d’Etat. Ce sont les services de l’Etat qui ont pour rôle de vérifier sur le terrain si tout est conforme.
Si par malheur, un problème grave survient, le président de l’association peut être, au vu de la loi, désigné comme responsable des faits. Le «propriétaire» du lieu peut l’être également. En l’occurrence, celui-ci est le maire de la commune.
Les problèmes rencontrés peuvent d’ailleurs survenir de l’extérieur. En 2001, lorsqu’on a ouvert en «semi-autonomie» le gymnase du Cavalier B, les jeunes responsables du site ont eu des ennuis lorsqu’ils ont dû interdire l’accès du lieu à d’autres jeunes désirant entrer pour y faire tout autre chose que du sport !!!. Ces derniers revendiquaient l’exploitation du site au titre «qu’ils étaient tous du même quartier».
La mise en œuvre d’une telle délégation de responsabilité (généralement actée par le biais d’une convention) est donc plus compliquée qu’elle semble n’en avoir l’air. Mon intervention au sein du conseil municipal n’avait d’autre raison que de souligner cette complexité.
En aucun cas, je n’ai voulu qualifier de façon péjorative les animateurs de l’association «Jeunes 100 frontières». Ils semblent d’ailleurs avoir conscience des remarques que j’ai soulevées ici, puisqu’ils disent se préoccuper de la qualification de leurs animateurs (certains ayant le BAFA), afin qu’au sein de la structure se déroulent des activités organisées et conviviales.»

Christophe Poirson
Vendredi 20 Février 2009
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