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Qu’ils sont énervants ces journalistes !



En vacances au mois d’août, pour me changer les idées, j’en ai eu une dont j’aurais pu me passer : je me suis offert un peu de temps devant les jeux olympiques à la télé.
Au lieu de profiter de bons moments de détente et de dépaysement, je me suis vu pestant contre ces idiots de journalistes qui ont trop souvent une fâcheuse tendance à prendre ceux qui les écoutent pour des imbéciles.
Je me souviens surtout d’une arrivée de 4 X 400 m masculin...
On voit alors les commentateurs de France 2 dépités par la piètre prestation du relais français. L’un des athlètes interrogés à chaud lâche qu’il ne fallait tout de même pas s’attendre à un miracle et il ajoute que les conditions de préparation de l’équipe tricolore n’ont pas été satisfaisantes. Le journaliste demande alors des précisions. Et l’intéressé répond que les quatre coureurs se sont souvent sentis bien seuls. Ils n’ont jamais pu bénéficier de l’apport de remplaçants. Mais d’abord, ils se sont sentis abandonnés par l’entraîneur attitré, qui avait bien d’autres occupations.
Un commentateur de France Télévision reprend l’antenne. Il s’insurge contre les déclarations du sportif au prétexte que ce ne sont pas des choses à dire à la télé et que s’il existe des problèmes, ceux-ci doivent se régler en interne. On croit rêver...

Cacher les problèmes n’est jamais bon

On se demande à quoi sert de poser des questions si on ne veut pas avoir de réponses.
France Télévision peut toujours revendiquer le droit de regarder béatement le spectacle sportif et d’en rendre compte avec enthousiasme sans se poser de questions sur les coulisses. Mais alors les intervenants ne doivent plus se prétendre journalistes et perdre leur temps à solliciter des interviewes. Ça nous donnera au moins une raison objective de refuser de payer la redevance.
Le journaliste a quand même le devoir de poser des questions et d’informer celles et ceux qui lui font l’honneur de l’écouter ou de le lire. Mais surtout, quand il ne s’en donne pas la peine, on attend au moins qu’il ne fasse pas le dégoûté quand quelqu’un apporte des réponses non convenues. Son réflexe devrait être plutôt de vérifier le bien fondé ou non des déclarations, puis d’apporter son éclairage.
A la fin des jeux, ce «on ne veut pas savoir, gardez vos problèmes en interne», asséné plusieurs fois par jour, devenait franchement pénible.
Les citoyens sont mis à contribution de différentes manières pour que des sportifs se développent et aillent représenter leur pays aux JO. On leur doit au moins la vérité sur la manière dont est employé leur argent. D’autant que c’est presque toujours en mettant les difficultés au grand jour qu’on pousse les responsables à chercher des solutions efficaces. Cacher ne rend service à personne.

Une image qui ne cesse de se dégrader

Mais si les journalistes refusent d’aller la chercher, cette vérité, qui va le faire à leur place ?
Pas étonnant que les sondages nous présentent régulièrement des Français faisant de moins en moins confiance à la presse.
Je leur en veux à ces journalistes qui masquent la réalité (et je n’évoque même pas le sujet du dopage !). Ils discréditent la profession. Ce qui se reporte inévitablement sur le terrain.
Deux types de réactions se développent déjà en fait. D’un côté le journaliste qui cherche à fouiller un sujet se voit reprocher par les personnes intéressées de s’occuper de ce qui ne le regarde pas. Et de l’autre, le public a tendance à douter de plus en plus de la sincérité de ce qu’il reçoit des médias.
Pas facile de faire son métier dans son petit coin, quand les confrères les plus en vue (et pas seulement dans le domaine des sports) en donnent une mauvaise image.
Mais à quoi sert de s’énerver ?
Pour quelqu’un qui voulait se changer les idées, j’ai été servi... J’aurai au moins amusé mes proches qui, durant plusieurs jours m’ont entendu râler devant la télé. Et puis, pour que la saine colère ne soit pas vaine, je me suis dit que je pourrais au moins en faire un édito à la rentrée...

Lionel Thomassin
Vendredi 5 Septembre 2008
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