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Promesses : Luc Chatel a-t-il trop chargé la barque ?

Ne se satisfaisant pas de sa casquette de ministre, Luc Chatel s’est présenté devant les électeurs avec un programme particulièrement ambitieux. Peut-être même un peu trop... Mais pour que rien ne s’oublie, et que chacun puisse contrôler l’exécution du programme électoral au cours des six années qui viennent, L’affranchi a décidé de rappeler toutes les vraies et parfois fausses promesses du nouveau maire de Chaumont.



Avec sa casquette de membre du gouvernement, face à une gauche locale essoufflée par 13 années de gestion, Luc Chatel aurait peut-être pu se faire élire maire de Chaumont sans promettre trop de choses. Mais, en bon professionnel de la politique, il ne néglige aucun détail. Il a donc voulu se présenter devant les électeurs avec un programme particulièrement ambitieux, pour faire nettement la différence avec celui de Lionel Blondelle, qui pouvait apparaître trop modeste ou trop raisonnable. En tout cas, pas vraiment sexy. Ce faisant, le ministre-candidat aurait-il trop chargé la barque ? La question se pose, même si certaines de ses propositions, évoquées sérieusement en réunions publiques, n’ont finalement pas été inscrites dans le programme officiel ou la profession de foi. C’est le cas, par exemple, de la couverture partielle de la voie ferrée, un projet irréaliste qui réapparaît à chaque élection municipale. C’est le cas aussi du parking couvert, sur deux niveaux ( !), censé être construit entre l’avenue Foch et la voie ferrée. Ou encore du fameux «étang biotope» qui devait rendre attractif le nouveau camping aménagé… sous le viaduc.

«Nous construirons une salle multi-activités»

Pour Luc Chatel, «le chef-lieu du département doit disposer d’un lieu permettant d’accueillir 2000 à 3000 personnes pour des manifestations sportives ou culturelles, concerts ou congrès professionnels». Considérant qu’il s’agit d’un «projet départemental», le nouveau maire compte sur le concours financier du Conseil général et du GIP, le groupement d’intérêt public (présidé par Bruno Sido) qui gère les fonds d’accompagnement du laboratoire de Bure. Le hic, c’est que le GIP a décidé de soutenir dorénavant exclusivement les projets économiques. Et qu’une salle multi-activités n’en est pas vraiment un. Quant au Conseil général, l’idéal serait qu’il prenne la maîtrise d’ouvrage d’un tel équipement. Mais s’il le faisait, les villes de Saint- Dizier et de Langres risqueraient de lui réclamer la même chose. Toutes ces subtilités financières (l’investissement est quand même de l’ordre d’une qunzaine de millions d’euros, soit presque l’équivalent du Mémorial de Colombey) n’ont pas empêché Luc Chatel de promettre la réalisation de cette salle multi-activités «à mi-mandat». Soit en 2011.

«Avec Chatel à Chaumont, la Silicon Valley n’a qu’à bien se tenir»

Lors de ces diverses réunions ou «conventions», les sportifs ont aussi pu se réjouir du déplacement envisagé du stade Georges- Dodin aux Lavières, ou bien du projet de construction d’une nouvelle piscine, voire d’un centre nautique. Mais dans le programme définitif, ces belles propositions ont ainsi été résumées : «L’OMS sera conforté, il proposera des priorités dans les grands équipements à construire (terrain d’entraînement de foot, terrain d’athlétisme, piscine…) ». Cela reste très vague. Mais on imagine que beaucoup de ceux qui en ont «entendu parler» continuent d’y croire fermement. Et puis, il y a les vraies promesses. Et elles restent nombreuses. Au point que Luc Chatel se fait sérieusement épingler par le Canard enchaîné de cette semaine. «Incroyable, tout ce que le lisse Chatel a pu en effet promettre pour relancer cette commune en déclin», écrit notre vénéré confrère, toujours bien informé. Et de se moquer : «Avec Chatel à la mairie de Chaumont, la Silicon Valley n’a qu’à bien se tenir».

«Si on n’en fait qu’une partie, ce sera déjà un énorme progrès pour la ville»

Le «Canard» ne croit pas si bien dire : lors de la convention «Chaumont capitale», le 26 janvier, Luc Chatel et ses amis ont imaginé «donner corps à une vallée de la prothèse, la CBN, vallée Chaumont-Biesles-Nogent, qui ait les moyens de rayonner mondialement». Toutes ses promesses électorales, le nouveau maire de Chaumont les a faites avec cet engagement primordial : «Je n’augmenterai pas les impôts de la ville, la pression fiscale actuelle étant insupportable». Aujourd’hui, même certains de ses proches reconnaissent que le programme d’ «Allez Chaumont !» est difficilement réalisable. «Mais si on n’en fait qu’une partie, ce sera déjà un énorme progrès pour la ville», ajoutent-ils. Pour que rien ne s’oublie, L’affranchi a toutefois décidé de dresser la liste des promesses qui ont été faites ci-dessous. En conservant précieusement ce numéro, chaque lecteur pourra ainsi contrôler la réalisation du programme municipal durant les six ans qui viennent.

«Nous transformerons le quartier de la gare»

Luc Chatel entend mettre le paquet sur la gare, qu’il souhaite voir rénovée et rebaptisée «gare Charles-de-Gaulle». L’idée est de faire de Chaumont la porte d’entrée vers le Mémorial de Colombey, censé accueillir à partir du 18 juin des hordes de pèlerins. Ce qui implique notamment de créer des navettes entre Chaumont et Colombey. Va tout de même falloir convaincre ceux qui prendront le train depuis Paris de pousser jusqu’à Chaumont et de ne pas descendre à Bar-sur-Aube... Plus généralement, outre la «modernisation de la gare», c’est tout le quartier qui est appelé à devenir le fer de lance du coeur de ville avec l’installation d’un multiplexe de cinéma (sur les espaces des ateliers SERNAM) ; la réalisation d’un centre international de l’affiche et du graphisme ; des parkings ; de nouveaux restaurants- bars sur la place. A terme, une nouvelle entrée de ville piétonne serait aménagée (depuis l’école Arago jusqu’au théâtre). Pour ce faire, la ville doit devenir propriétaire des terrains SERNAM (les négociations engagées par l’ancienne municipalité avec la SNCF et RFF se heurtent depuis deux ans à un imbroglio juridique) et à convaincre l’exploitant des cinémas (car il s’agit là d’un projet privé) de s’installer à cet endroit et non plus au Dépôt SNCF.

«Se loger plus facilement, pouvoir devenir propriétaire»

Le programme de Luc Chatel prévoit beaucoup de choses en matière de logement. «J’explorerai toutes les possibilités d’accès à la propriété pour que chaque Chaumontais, quel que soit son revenu, puisse envisager d’acheter son logement», a promis le candidat. Cela passe notamment par la vente de logements de Chaumont-Habitat, la réalisation d’un lotissement en location-accession à l’ancien Dépôt SNCF, la construction d’une résidence pour personnes âgées, ainsi que l’aménagement d’un «éco-quartier». C’està- dire d’un quartier avec une «forte présence végétale, d’espaces publics et de loisirs, qui atténue la sensation de densité, une bonne intégration dans le paysage, l’implantation des garages à l’arrière des maisons, des déplacements “doux” privilégiés (cheminements piétons et cyclables), l’utilisation de matériaux régionaux économes en eau et en énergie, des sols perméables (pour le respect du cycle de l’eau), etc.» Dans son journal de campagne, Luc Chatel a aussi ressorti l’idée chère à Jean- Louis Borloo de maisons à 100 000 euros. Pour ce qui est du Dépôt SNCF, il faudrait toutefois que la ville arrive à récupérer le terrain, lequel a été vendu à la société Les Arches pour la réalisation d’un centre commercial et d’un multiplexe...

C.P. & L.T.
Vendredi 28 Mars 2008
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