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Prison : 153 détenus pour 78 places

Le syndicat UFAP dénonce un gros problème de surpopulation carcérale à la maison d’arrêt de Chaumont. Et, malgré la récente rénovation, des conditions de vie pour les détenus dignes du début du XIXe siècle.



Ce vendredi 20 juin, les personnels de surveillance de la Maison d’arrêt de Chaumont sont appelés par l’UFAP (Union Fédérale Autonome Pénitentiaire) à observer un mouvement de protestation. Le syndicat dénonce en effet un gros problème de surpopulation carcérale.
Le phénomène est général. Mais ils rappellent que, même dans une Maison d’arrêt récemment rénovée comme celle de Chaumont, les conditions de détention, d'hygiène et de sécurité des personnes détenues sont fortement dégradées. Ce qui complique d’autant plus le travail des personnels du terrain.
Le syndicat précise que l’établissement chaumontais compte actuellement 153 détenus pour 78 places, dont 115 majeurs pour 62 places. Et le décalage ne fait que s’accentuer en dépit de mesures censées éviter l’incarcération, comme l’utilisation du bracelet électronique.
Cette situation est jugée d’autant plus inadmissible que, par un décret de 2003, le gouvernement avait prévu d’atteindre dans les cinq ans l’objectif d’«encellulement individuel». Or, un nouveau décret vient de reporter la mesure de 5 ans encore.
L’UFAP dénonce cette dérive jugée intolérable dans un pays qui prétend être celui des Droits de l’Homme.

Comme au XIXe siècle

A Chaumont, le syndicat précise dans un communiqué :
«Oui, dans notre Maison d'Arrêt rénovée, la population pénale vit encore comme au début du 19ème siècle, les détenus sont démunis d’eau chaude en cellule, la distribution se fait encore au seau.
«Oui, dans notre Maison d'Arrêt rénovée, les douches restent un problème pour les détenus, car elles sont en nombre insuffisant, ce qui n’améliore pas les conditions de vie carcérales, et de travail des personnels (12 douches pour plus de 115 détenus, quand les installations fonctionnent).
«Oui, la sécurité des personnes est compromise, car les incompatibilités de personnalités des différents détenus affectés dans une même cellule peuvent mettre en péril la vie de chacun d’eux, et celles des personnels (rackets, harcèlements, religion, caïda, suicides, rebellions, agression, évasion…)».
L’UFAP met enfin en garde contre «cet entassement volontaire par l'exécution des décisions de justice, sans répondre aux différentes difficultés, en reportant ses obligations, en refusant d’entendre les cris d’alarmes et les légitimes revendications des personnels». Il s’en prend alors à l’Administration Pénitentiaire qui «ne cesse de se complaire dans l'absence de considération et l’atteinte à la dignité humaine».

L' affranchi
Vendredi 20 Juin 2008
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