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Presse : Les diffuseurs y croient encore

Malgré des difficultés grandissantes, les vendeurs de journaux pensent que le «meilleur réseau de diffusion du monde» a encore de l’avenir.



Une réunion animée par deux membres du bureau national de l’UNDP
Une réunion animée par deux membres du bureau national de l’UNDP
Contrairement à ce qu’on a pu croire un temps, vendre des journaux n’est pas vraiment une sinécure. Il faut gérer quotidiennement une quantité incroyable de titres qu’on n’arrive même pas à exposer en totalité. Pour chaque article vendu, on doit se contenter d’une commission de 14 % en moyenne. Et il faut ouvrir le magasin sur de grandes plages horaires, six ou sept jours par semaine.
Ajoutons à cela le fait que, depuis quelques années, la presse écrite se vend de moins en moins en France et que, de plus en plus, les journaux sont proposés dans les grandes surfaces, on comprendra que les petits diffuseurs éprouvent quelques difficultés. Et comme la plupart vivaient aussi de la vente du tabac, on imagine les baisses de chiffre d’affaires qui peuvent se suivre année après année. Enfin, pour couronner le tout, ils s’attendent à perdre encore une partie de leur autre source de revenus : les jeux de la Française des jeux qui, eux aussi, se répandent dans les grandes surfaces.
C’est dans ce contexte peu réjouissant que s’est tenue mardi soir au bowling «Le Strike», l’assemblée générale de l’Union départementale des diffuseurs de presse.

Des mesures nationales intéressantes...

Le président Laurent de Kanel avait toutefois pris soin d’inviter divers intervenants susceptibles d’apporter une vision positive pour l’avenir de la profession. Et d’abord, deux membres du bureau national (Daniel Panetto, le secrétaire et Monika Gerhardy, la trésorière) sont venus exposer les procédures d’aides en cours et surtout les espoirs que suscitent les états généraux de la presse écrite.
Pour M. Panetto, les déclarations de Nicolas Sarkozy en ouverture des travaux se sont avérées très inquiétantes. Il faut dire que les diffuseurs sont attachés à leur système d’approvisionnement. Alors que beaucoup le définissent comme étant le plus lourd, le plus contraignant et le plus cher du monde, les diffuseurs eux, tiennent au grand principe de la loi de 1947 qui permet une égalité d’approvisionnement et de traitement sur tout le territoire. Et, de ce point de vue, la distribution à la française peut être considérée comme étant la meilleure du monde.
Or, il faut croire que l’Union nationale des diffuseurs a su donner des arguments convaincants au Président de la République, puisqu’elle s’est déclarée finalement très satisfaite de l’évolution du discours de M. Sarkozy.
Différentes mesures, qui sont déjà prises ou simplement promises, sont effectivement rassurantes.
Il y a d’abord la poursuite des plans de modernisation et d’informatisation des magasins. Des aides permettent à la fois d’améliorer le travail et de mettre en valeur les produits. Ce qui fait généralement progresser les ventes. Et puis sont prévus des allégements de charges et des augmentations des taux de rémunération des diffuseurs. Par ailleurs, ceux-ci peuvent espérer être mieux livrés. Il s’agira de recevoir en quantité suffisante les produits qui se vendent bien et de limiter le nombre de ceux qui sont beaucoup moins réclamés par les clients. Ce qui commence enfin à venir...
L’avenir s’éclaircit donc. Et mardi soir, une responsable commerciale du Figaro, pour la zone Est, est venue montrer que certains journaux comme le sien investissent à nouveau beaucoup dans le papier. Ils obtiennent des résultats...


...et quelques tensions locales

De même, un représentant du Journal de la Haute-Marne a dit que la presse locale résistait bien à la crise et à la baisse de population.
Toutefois, des inquiétudes demeurent. En imaginant qu’internet ne tuera pas la presse écrite et que les gratuits ne supplanteront pas les journaux payants, les diffuseurs de presse ressentent le besoin de défendre leur réseau.
Laurent de Kanel, qui a été félicité pour ses actions à la tête de la délégation départementale et réélu à l’unanimité, a néanmoins déclaré avoir ressenti comme un échec le fait de n’avoir pu empêcher l’hypermarché Géant d’ouvrir un rayon presse en ville. Les diffuseurs estiment en effet qu’ils sont suffisamment implantés pour répondre à toute la demande. Selon eux, l’expérience montre que l’ouverture d’un tel rayon n’apporte pas de ventes supplémentaires sur la ville. On déplace simplement la clientèle des petits magasins vers le grand.
«Si on veut créer de nouveaux points de vente, disent-ils, il faut le faire dans les secteurs où il n’y a rien, comme à Colombey par exemple...».
De même, une vive discussion a été engagée avec le Journal de la Haute-Marne qui, après avoir servi les boulangeries, commence maintenant à se vendre dans les stations essence. C’est le cas à Chaumont dans une station qui se situe à quelques dizaines de mètres seulement d’un magasin spécialisé.
A l’heure où on promet aux diffuseurs une meilleure rémunération et de bons approvisionnements, il serait dommage qu’ils perdent de nouvelles parts de marché. D’autant qu’ils rappellent avoir contribué au succès de plus d’un titre. Selon eux, une multiplication des dépôts de bilans de diffuseurs n’arrangerait personne...
Cependant, ils se disent prêts à étudier de nouveaux modes de fonctionnement. Des formules d’abonnements et de portage à domicile sont d’ailleurs déjà expérimentées.
En assemblée générale mardi soir au bowling.
En assemblée générale mardi soir au bowling.

Lionel Thomassin
Vendredi 27 Mars 2009
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