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Parti socialiste : Avec ou sans boulettes ?

Le Journal de la Haute-Marne fait tenir à Patrick Lefèvre, le secrétaire de section du PS local, des propos très maladroits dans lesquels il ne se reconnaît pas.
Il dément, tout en précisant que ça ne le décourage pas de communiquer.



Dans une longue interview publiée cette semaine par le Journal de la Haute-Marne, plusieurs déclarations de Patrick Lefèvre, le nouveau secrétaire de section du PS à Chaumont, nous ont fait sursauter. On y apprend qu’il a défendu la motion de Benoît Hamon, lequel est plus partisan d’une alliance avec Besancenot qu’avec Bayrou. Et plus loin, le nouveau premier secrétaire déclare qu’il y a au PS des gens qui n’ont rien à y faire.
Voilà qui est très étonnant de la part d’un responsable fraîchement élu (à la quasi unanimité). On a connu des discours d’entrée en fonction un peu plus rassembleurs. Pour le moins, on dira qu’il s’agit de deux belles grosses boulettes.
Sauf que...

«Pas besoin d’alliances»

Interrogé sur le sujet, Patrick Lefèvre dément avoir tenu ce genre de propos. Il présente d’ailleurs un texte écrit qu’il dit avoir remis au journaliste au moment de l’interview.
Dans celui-ci, il se dit effectivement convaincu qu’il faut repositionner le PS à gauche. Et il précise : «Actuellement, on est en permanence sur la logique comptable. Pour gagner les futures élections, il faudrait (d’après certains) faire alliance avec le centre car les élections ne peuvent se gagner qu’au centre. C’est d’ailleurs faire fi de l’électorat Besancenot (qui me semble actuellement au moins aussi conséquent que l’électorat Bayrou) électorat que l’on perdrait naturellement dans le cas d’une alliance au centre.
«Mais de toutes façons, ce n’est pas comme cela qu’il faut raisonner.
«...Réaffirmons nous de gauche, redonnons une identité politique volontariste, motivante et lisible au PS, et portons cet engagement avec fierté et conviction».

«Tout le monde a sa place»

Par ailleurs, il affirme n’avoir jamais dit que certains adhérents n’ont pas leur place au P.S. Il reconnaît avoir considéré qu’une section dans laquelle on ne trouverait que des supporters n’aurait pas lieu d’être. Selon lui, il faut inciter ceux des adhérents qui ne s’engagent que pour les élections à participer plus régulièrement à la vie de la section.
Sur son document, il est écrit : «pour moi ce doit être une interface entre les citoyens et les élus, un lieu de démocratie participative où l’on fait de la politique, au sens premier du terme : un lieu de débat, un lieu de formation, un lieu de propositions sur le plan national, mais aussi local, un lieu d’action...»
Et il termine en précisant qu’il ne peut donner le positionnement politique d’une section qui ne s’est pas encore réunie. «Je suis le porte-parole d’une instance, conclut-il, je n’en suis pas le guide».

L’art difficile de la communication politique

Après la parution de l’article, ne voulant pas demander un rectificatif au Journal de la Haute-Marne (il explique que ça risque de brouiller encore plus le message), Patrick Lefèvre a passé beaucoup de temps à rassurer ses amis politiques. Ce qui n’a cependant pas été très compliqué dans la mesure où il n’est pas le seul élu de gauche à se plaindre de ne pas se retrouver dans des propos que le journal lui fait tenir
Il confie que d’autres avant lui ont décidé de ne plus communiquer avec le quotidien local. Mais il se refuse à en arriver là. Au contraire, estimant que les Chaumontais ont besoin de savoir ce que pensent et font les élus locaux du PS, il juge toujours aussi nécessaire de répondre aux sollicitations de tous les journalistes. Simplement, il essaiera de mieux se faire comprendre.
On a toutefois envie de lui faire quelques petites remarques :
Avoir le souci d’occuper les médias c’est quand même un peu vouloir exister en attendant les prochaines échéances. C’est donc aussi se préoccuper d’élections avant l’heure. Et puis, en voulant mieux maîtriser sa communication, ne risque-t-il pas de tomber dans les travers de certains dirigeants nationaux du PS très médiatiques, dont il n’aime pas l’attitude ?
Faire de la politique en essayant de se donner toutes les chances de pouvoir appliquer le plus tôt possible ce qu’on préconise, tout en conservant une attitude politique irréprochable, n’est décidément pas chose facile.

Lionel Thomassin
Dimanche 30 Novembre 2008
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