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Parti politique : «Il y a un vide énorme à gauche»

Le Parti de Gauche vient de se constituer officiellement en Haute-Marne. Comptant pour le moment neuf adhérents, il ne demande qu’à grandir et propose avec le PCF et l’extrême gauche un «front de gauche» pour les européennes.



Daniel Monnier exerce les fonctions d’animateur départemental du Parti de Gauche. Il est entouré de trois porte-parole : Louise Berthelot pour le nord, Olivier Adda pour le centre, et Hervé Faget pour le sud.
Daniel Monnier exerce les fonctions d’animateur départemental du Parti de Gauche. Il est entouré de trois porte-parole : Louise Berthelot pour le nord, Olivier Adda pour le centre, et Hervé Faget pour le sud.
Créé à l’initiative du sénateur de l’Essonne Jean-Luc Mélenchon et du député du Nord Marc Dolez, qui ont tous deux quitté le PS juste avant le congrès de Reims, le Parti de Gauche vient de se constituer officiellement en Haute-Marne. S’il revendique entre 3000 et 4000 adhérents à l’échelon national, il ne compte pour le moment que neuf adhérents dans le département, dont un seul à Chaumont. Mais ce sont trente personnes qui ont assisté à la réunion publique de lancement qui s’est tenue le samedi 24 janvier à la salle du Patronage-Laïque. Parmi lesquelles plusieurs représentants des autres partis de gauche (PS, PCF, Parti Ouvrier Indépendant) ainsi que des associations (CEDRA, MJC de Chaumont) qui avaient été invités à participer au débat.

«Entre le PS, qui est devenu un parti du centre, et l’extrême gauche qui refuse de gouverner...»

Quel est l’intérêt de créer aujourd’hui un nouveau parti ? Réponse d’un intervenant : parce qu’ «il y a un vide énorme à gauche, entre le PS qui est devenu un parti du centre, le PC qui n’est pas très en forme, et l’extrême gauche qui refuse de gouverner».
A en croire Daniel Monnier, le responsable départemental, le Parti de Gauche n’est pas que «le parti des ex» (socialistes ou communistes). Il attire aussi pas mal de personnes, notamment de la mouvance altermondialiste, qui n’étaient jusqu’à présent pas encartées.

VIe République et protectionnisme économique

Le PG entend contribuer à la «refondation idéologique de la gauche». Et il se veut un parti de gouvernement. Son programme est en cours d’élaboration. Mais Louise Berthelot, porte-parole pour le nord du département, en révèle quelques grands axes : créer une VIe République en faisant primer le législatif sur l’exécutif, en garantissant une «réelle indépendance» de la Justice, en supprimant le Sénat, en repensant le statut des élus et en remettant en cause les institutions européennes ; conduire une «révolution sociale » passant par une refonte de la politique fiscale (incluant la suppression du «paquet fiscal»), la création d’un «bouclier social» contre la misère, le chômage et la maladie, et l’augmentation du pouvoir d’achat ; mener une «révolution économique» en faisant appel notamment au protectionnisme ; instaurer une «planification écologique» avec le développement du fret ferroviaire, l’arrêt du tout autoroutier, le soutien aux énergies renouvelables (étant considéré que le nucléaire n’en fait pas partie), etc.


Rassembler la gauche du PS pour arriver devant aux européennes

Pour Pascale Le Néouannic, membre du bureau national du PG et conseillère régionale d’Ile de France, c’est l’Europe qui peut apporter certaines solutions : «Si l’on veut, par exemple, lutter efficacement contre la privatisation de la Poste et préserver nos services publics à la française, il faut refuser l’application des directives de libéralisation». Et le plus simple, c’est de gagner les élections européennes qui auront lieu en juin prochain.
Selon un premier sondage, le PS arriverait à 19%. Et le total des voix de Lutte Ouvrière, du Parti communiste, du Nouveau parti anticapitaliste et du Parti ouvrier indépendant s’élèverait à 18,5%. La proposition du PG, c’est de créer un «front de gauche» réunissant tous ces petits partis afin de remettre en cause l’hégémonie du PS et modifier la carte politique.
«Il faut recréer ce qu’on a réussi à créer au moment du référendum sur le traité constitutionnel européen», insiste Pascale Le Néouannic. «Face à Sarkozy, il faut une gauche décomplexée».
Le PCF a déjà répondu favorablement. Les discussions se poursuivent avec les autres partis. Mais il semble bien qu’Olivier Besancenot soit très réticent.
Le Parti de Gauche a tenu une réunion publique de lancement en présence d’une trentaine de personnes, dont plusieurs invités politiques et associatifs. 
Le Parti de Gauche a tenu une réunion publique de lancement en présence d’une trentaine de personnes, dont plusieurs invités politiques et associatifs. 

Christophe Poirson
Vendredi 30 Janvier 2009
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