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OMS : le jeu subtil du chat et de la souris

Main tendue ou reprise en main ? Bien malin serait celui qui pourrait tirer une conclusion claire de l’intervention de Luc Chatel à l’assemblée générale de l’OMS. D’ailleurs, les sportifs sont plutôt restés sur leur réserve.



Après avoir écouté religieusement Luc Chatel, les sportifs
Après avoir écouté religieusement Luc Chatel, les sportifs
On ne parle pas de la même manière à un ministre qu’à un élu de base. C’est un peu l’impression qu’il nous est restée de l’assemblée générale de l’Office municipal des sports, vendredi dernier. Les représentants du monde sportif local avaient beaucoup de questions à poser au nouveau maire. Ils n’ont pas obtenu toutes les réponses (loin de là d’ailleurs), mais ils ont écouté et applaudi poliment le discours du ministre. C’est ce qui a permis au premier adjoint Gérard Groslambert de leur déclarer sans être contredit : «Les propos de Luc Chatel vous ont réconfortés». Et ça pouvait laisser croire à un observateur non averti que les membres de l’OMS avaient été rassurés par le maire. Ce n’est pourtant pas ce qu’on pouvait entendre après la réunion. Les interrogations demeurent. Mais la différence, peut-être, avec d’autres époques, c’est qu’on ne s’autorise pas à intervenir sur des interprétations. On attend de voir les décisions et les faits avant de faire des commentaires.

Subventions : volume inchangé, mais principes à revoir
Le seul élément vraiment rassurant, mais il est de taille quand même, c’est que Luc Chatel a fait part de son intention de conserver le volume des subventions attribuées au sport. Mais il a aussitôt apporté quelques bémols. Il a par exemple ajouté qu’il souhaitait aider plus les sportifs eux-mêmes plutôt que les clubs. Chacun a bien compris alors qu’il voulait parler du chèque sport, dont le but est de moins payer pour les sportifs extérieurs à la ville (voir L’affranchi N° 730). Il a d’ailleurs précisé qu’il confiait à Isabelle Groslambert une mission d’étude sur le sujet. Mais tout cela va forcément remettre en cause le système de calcul actuel et risque de faire perdre des adhérents. Cet inquiétant sujet est remis à plus tard. Luc Chatel a précisé aussi qu’il ne serait plus question de subventionner les clubs qui ne fournissent pas les chiffres de leurs bilans. Or, c’est dans le principe même du système actuel. Personne ne peut théoriquement passer outre. Luc Chatel a-t-il parlé sans savoir, ou bien a-t-il connaissance de pratiques illicites ? Tout le monde s’est regardé, sans oser pourtant demander d’explications...

«Choisir, c’est renoncer !»
Pour les équipements sportifs, le maire n’a guère été plus clair. Il a parlé d’environnement budgétaire contraint. Il a confirmé le choix d’un terrain de foot synthétique et de travaux dans un gymnase du site Issartel. Il est revenu sur le grand projet de salle multiactivités qui nécessitera des investissements très lourds. Et puis, invitant l’OMS à réfléchir sur les besoins, il a conclu : «choisir, c’est renoncer !» A la question «Que peut-on attendre de la municipalité pour la pérennisation des emplois sportifs ?», la réponse de Luc Chatel a été : «Beaucoup de bonne volonté... Mais la ville ne va pas prendre en charge tous les emplois !». En revanche, il s’est dit prêt à garantir l’emploi de l’OMS. Et, allant à l’encontre de ce que tous les représentants de l’Etat avaient préconisé jusqu’ici, il a demandé à l’association de réinjecter au plus vite dans son fonctionnement les réserves qu’elle avait constituée pour assumer sa masse salariale. Le problème, c’est que si l’OMS laisse son emploi de secrétaire assurer par la ville, il risque d’y perdre une partie de son indépendance.


Méfiance et reprise en main
La question de l’indépendance n’est pas anodine. Elle se pose avec d’autant plus d’acuité que Luc Chatel a montré une réelle volonté de reprise en main de l’OMS. D’emblée, il a planté une certaine ambiance en précisant qu’il avait fait étudier le fonctionnement de l’OMS parce qu’on lui avait dit qu’il pouvait y avoir un problème de gestion de fait. Ce qu’il n’a cependant pas trouvé. Mais ça ne l’a pas empêché de le dire quand même... Il a fait savoir ensuite qu’il aimerait revoir avec l’OMS les critères de calcul des points donnant droit aux subventions, persuadé que ceux-ci avaient besoin d’un petit toilettage. Certes, mais jusqu’à présent, l’OMS - au sein duquel siègent des représentants de la ville - s’occupait seul de cette question. Le maire, pour sa part, décidait de la somme globale qui serait partagée en fonction des critères. Enfin, Luc Chatel a expliqué qu’il ne voyait pas bien l’intérêt de financer un journal des sports dont il trouve la ligne éditoriale abrupte et pas grand public. Il propose plutôt de passer les articles sur la vie sportive dans le grand magazine que la ville va éditer régulièrement. Chacun se souvient aujourd’hui d’un édito signé du précédent président de l’OMS Daniel Channaux, qui titrait à l’époque s’adressant au maire Jean- Claude Daniel : «Le compte n’y est pas !». On ne peut pas trouver meilleure preuve d’indépendance. Peut-on imaginer le même article dans un journal de ville dont le maire sera le directeur de publication ?

L’hommage de l’OMS à l’ancien adjoint
Mine de rien donc, et dans la forme courtoise qui le caractérise, Luc Chatel a fait comprendre aux membres de l’Office municipal des sports qu’ils s’étaient bien amusés jusque-là, mais qu’il allait falloir désormais prendre son avis avant de faire quoi que ce soit. Croire qu’ils en ont été rassurés, c’est se tromper beaucoup. Ils n’ont rien dit. Mais un peu plus tard, ils ont rendu publiquement un hommage appuyé à Patrick Lefèvre, l’ancien adjoint aux sports. C’est lui qui, à peine élu, il y a 13 ans, a jeté les bases de l’Office municipal des sports. Il a donné ainsi au monde sportif les moyens de s’autogérer, en partie au moins. Ça a bien fonctionné jusqu’ici, et pour l’en remercier, les membres de l’OMS lui ont offert un voyage d’une assez belle valeur. Ce faisant, consciemment ou non, ils ont montré leur volonté d’indépendance.

Lionel Thomassin
Vendredi 23 Mai 2008
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