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Nucléaire : Une poubelle peut en cacher une autre

Une réunion - à laquelle la presse n’était pas invitée - s’est tenue à St-Blin au sujet du stockage des déchets nucléaires FAVL. En présence du président du Conseil général, de la directrice générale de l’ANDRA et du préfet qui a piqué un «coup de sang». Ce qui a d’ailleurs provoqué une réaction amusante de Michel Marie.



Saint-Blin fait partie des quelque 3115 communes françaises qui ont reçu au début de l’été une lettre du préfet et un dossier de l’ANDRA leur indiquant qu’elles se situent dans une zone géologique propre à accueillir un enfouissement des déchets nucléaires à faible activité et à vie longue (FAVL). 
Une réunion dite d’information, à laquelle la presse n’était pas invitée, s’est tenue le vendredi 5 septembre dans cette commune en présence du préfet, du président du Conseil général et sénateur, et de la directrice générale de l’Andra. 
L’assistance était composée d’une soixantaine de personnes, principalement des élus, mais aussi quelques militants du CEDRA, c’est-à-dire des opposants à l’enfouissement qui se sont invités et ont eu le don d’agacer notre bon préfet (lire en page 2). 
Il faut dire qu’après avoir épluché des rapports de l’Autorité de sûreté nucléaire et de la Commission nationale d’évalution, le CEDRA en conclut : que «la durée de nocivité d’un tel enfouissement se comptera en dizaines de milliers d’années» ; que «nul ne sait vraiment ce que contiendrait cette décharge» ; que «le piégeage de ces déchets nucléaires est loin d’être garanti car on est confronté à un problème plus complexe qu’il n’y paraît pour stocker les déchets graphites» ; et qu’«un tel projet est d’une complexité extrême (lixiviation, dégazages, pressions, tassements, irradiations, sismicité, etc.»
Bref, de quoi faire douter quelques élus. D’autant qu’après Soulaines (Aube), Morvilliers (Aube) et Bure (Meuse), il s’agirait de la quatrième poubelle nucléaire dans la région. 
Au cours des débats, l’Andra a toutefois reconnu que la géologie de Saint-Blin n’était peut-être pas la plus adéquate. Et le préfet a précisé qu’il y avait moyen d’organiser sur ce sujet une consultation de la population locale. 
D’aucuns se demandent toutefefois pourquoi la directrice générale de l’Andra a pris la peine de se déplacer, sachant qu’elle ne se rendra vraisemblablement pas dans les 3114 autres communes concernées...



Chantage terminé

En mai dernier, le Conseil général de la Meuse avait fait du chantage en liant le sort du 8e régiment d’artillerie de Commercy dans le cadre de la réforme de la carte militaire et la poursuite de l’activité du laboratoire de Bure. Mais, comme L'affranchi s'en est déjà fait l'écho, cela n’a pas empêché le ministre de la Défense de considérer cet été la fermeture du 8e R.A. de Commercy comme «inéluctable».
Le 4 septembre, la Meuse a voté une nouvelle motion exigeant du gouvernement «le maintien du 8e R.A. ou sa compensation militaire». Mais cette fois sans aucune référence à Bure, ni dans les débats ni dans le texte adopté à l’unanimité.
Il faut dire que le «labo» constitue une véritable manne financière pour ce département (comme pour celui de la Haute-Marne). Et il serait dommage de perdre en même temps les militaires et les déchets nucléaires !



Amusé par le «coup de sang» du Préfet

Suite à la réunion du 5 septembre à Saint-Blin, le citoyen haut-marnais Michel Marie a envoyé un «courriel public» au préfet Yves Guillot. «Présent à la réunion de Saint-Blin vendredi dernier, je tenais à vous exprimer mes chaleureux remerciements pour le coup de sang que vous avez piqué», écrit-il. «Je vous laisse imaginer, en effet, le bonheur qu'ont procuré vos paroles au "chercheur de démocratie" que je m'efforce d'être. Défendre ainsi, au mépris de votre tension artérielle et donc de votre santé, tout ce qui fait notre fameux système de "gouvernance" m'a laissé admiratif. Quelle noble mission que la vôtre : la défense de l'Etat de droit tel que nous le connaissons, et l'Etat de droit étant basé sur la loi, "faire respecter la loi, la faire respecter telle qu'elle a été votée".
«Quel dommage que votre actuel confrère de Meuse vous ait devancé voici quelques mois en gratifiant le bureau du CLIS d'une envolée identique à la vôtre.... avant qu'un malotru -forcément- ne lui fasse remarquer le mutisme général quand la loi du 30 décembre 1991 (dite loi Bataille) fut bafouée, et de manière pourtant cinglante ! Rappelez-vous : cette loi obligeait à ce qu'il y ait non pas un mais DES laboratoires souterrains, or les parlementaires, nos législateurs, se sont délibérément assis sur cette loi lorsqu'ils ont voté celle du 28 juin 2006. Sidérant ? En effet.
«Depuis ce jour se pose pour moi la question de la CONFIANCE, et une question me taraude : où donc étaient les dits défenseurs de l'Etat de droit, et où sont-ils passés depuis ? car, manifestement, celles et ceux que l'on a vu se dresser ne sont pas de ces rangs-là !
«Veuillez croire, Monsieur le Préfet, en mon engagement persistant envers ce peuple (souverain ?) dont je suis... et bien des choses à Edvige.»

Christophe Poirson
Vendredi 12 Septembre 2008
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