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Mystères du château d’Arc : on ne saura jamais !

L’audience du tribunal n’a pas permis d’éclairer le moins du monde le fonctionnement plus qu’opaque des sociétés hollandaises. Dommage pour tous les Haut-Marnais qui se sont fait flouer !



A l’audience du tribunal correctionnel, mardi dernier, étaient convoqués Wilhelmus Pepels, un ancien patron du château d’Arc, et Gerard Anton Van Leest, le responsable de la maison mère en Hollande. Seul ce dernier est venu s’expliquer à la barre. Et c’est bien dommage parce que ses déclarations vont complètement à l’encontre de celles de M. Pepels. Une confrontation entre les deux aurait peut-être permis de mieux comprendre les dessous d’une affaire qui apparaît bien louche.
Mais d’abord, le procès a commencé sur de mauvaises bases. Alors qu’il était question de liquidation et d’administrateur judiciaire, l’avocate de M. Van Leest a déclaré que la procédure était terminée depuis avril dernier et que tous les créanciers avaient été payés.
Ce qui est pourtant loin d’être le cas.

D’une société à l’autre

Il faut savoir en fait que le tribunal jugeait les agissements des responsables de la SARL Château en France. Cette société, qui avait des dettes impressionnantes, a fait l’objet d’une procédure auprès du tribunal de commerce. Tout n’est pas encore terminé d’ailleurs du côté de l’administrateur judiciaire. Mais on sait que bien des entreprises locales ne seront pas payées pour les services qu’elles ont rendus. L’une d’elles, à qui Château en France devait 120 000 euros, a même dû fermer ses portes.
Mais tout cela date de 2004. Entre temps, la maison mère a placé un nouveau gérant. Et ce dernier a créé une nouvelle société (la SARL La belle vie de château) qui a repris l’activité et le personnel de la précédente. Cette nouvelle entité a fonctionné tant bien que mal. Et elle n’a plus aujourd’hui la moindre activité à Arc-en-Barrois.
Le dernier bilan publié fait état d’un chiffre d’affaires de 3510 euros en 2007, pour un déficit de 119 567 euros. C’est cette société probablement qui a payé ses créanciers. En tout cas, elle a dû trouver des accords amiables puisqu’elle ne fait l’objet d’aucune procédure.
Cependant, le fait que l’avocate puisse donner des informations récentes nous laisse penser que la maison mère en Hollande a toujours quelque chose à voir avec le château.

Beaucoup de clients, mais pas de comptabilité

Mais revenons à l’ancienne société. Le gérant officiel de «Château en France» était M. Van Leest, qui se présente par ailleurs comme responsable en Hollande de Club Cruise, une société qui fait partie de Net Holding ; laquelle compterait 1 200 employés.
Toujours est-il qu’à Arc-en-Barrois la SARL «Château en France» a vécu plusieurs années sans tenir la moindre comptabilité. Ce qui constitue un premier gros délit. Les responsables sont également accusés de banqueroute, d’abus de biens sociaux, d’infractions au droit du travail et enfin de défaut de permis de construire.
L’affaire fonctionnait bien. On pouvait voir s’arrêter au château de nombreux bus de touristes (Anglais généralement). Le maire d’Arc-en-Barrois, Philippe Fréquelin, confirmait d’ailleurs à l’époque que la commune percevait des taxes de séjour particulièrement importantes.
Le problème, c’est que la législation n’était pas respectée dans bien des domaines et que les fournisseurs avaient énormément de mal à se faire payer.

Sur la route du Luxembourg...

M. Van Leest affirme qu’il ne savait rien de tout cela. Pour lui, M. Pepels était le gérant de fait. Il avait toute lattitude pour diriger la société sur place. Mais, menant grande vie et embauchant à tort et à travers, il perdait de l’argent et il demandait sans cesse au groupe de le renflouer.
Les déclarations de M. Pepels sont bien différentes. Il affirme pour sa part qu’il n’était pas autorisé à émettre des factures. Les prestations étaient payées en Hollande par les Tours Opérators. Et Arc-en-Barrois devait réclamer sans cesse pour obtenir un peu d’argent dans l’espoir de payer les fournisseurs et les salaires.
Il explique même que certains voyages organisés vers le Luxembourg (pour acheter de l’alcool et des cigarettes, paraît-il), comprenaient carrément un hébergement gratuit au château d’Arc.
M. Van Leest le reconnaît, mais une ou deux fois seulement (1).
Tout cela laisse tout de même une désagréable impression. Ça n’empêche pas l’avocate de M. Van Leest de demander la relaxe de son client, au prétexte qu’il ne connaissait pas les lois françaises et qu’il ne se doutait pas des agissements de son directeur.
Le Vice-procureur de la République, Gérard Launoy, se contente de réclamer 5 000 euros d’amende par infraction.
La décision du tribunal est mise en délibéré. Elle sera rendue le 8 septembre prochain.

(1) NDLR : Depuis, M. Van Leest a créé au luxembourg une société de location de véhicules. Il doit être content de pouvoir plus facilement aller acheter ses cigarettes moins cher...

Lionel Thomassin
Dimanche 21 Juin 2009
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