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Modem : Lipp-Debref l’emportent

Les élections internes au Modem de Haute-Marne ont vu la victoire du courant Lipp-Debref sur le courant Vigneron- Guillemy.



Jean Lipp, le Conseiller général du canton de Val de Meuse, a été désigné samedi dernier, président du Mouvement des Démocrates haut-marnais (MoDem 52). Il l’a emporté par 33 voix contre 12, face à la liste conduite par Vincent Vigneron.
Les instances du MoDem sont ainsi faites que les présidents et vice-présidents sont élus directement par les adhérents. Chaque candidat à la présidence devant présenter une liste de 5 noms. Les désignations obéissant ensuite à une forme de proportionnelle.
Jean Lipp a donc fait passer trois vice-présidents de sa liste : Philippe Debref (Chaumont), David Vasseur (Saint-Dizier) et André Parker (Chaumont). Vincent Vigneron (Chaumont) n’a pu obtenir que la place de 4e vice-président.
Et puis il fallait désigner aussi les 20 membres du conseil départemental.
Deux listes, qui cette fois-ci devaient respecter la règle de parité, étaient également en présence. L’une conduite par Nicolas Guénel (Chaumont), dans la mouvance de celle de Lipp et Debref. L’autre présentée par Vincent Vigneron, à la suite de la précédente.
Au final, les premiers ont obtenu 14 sièges, les autres 6. Mais Vincent Vigneron a formé un recours auprès du Conseil national du MoDem demandant l’invalidation de cette partie de l’élection.
Restait enfin un troisième vote pour désigner les 4 militants qui pourront siéger à la conférence nationale. Mais les principaux intéressés étant déjà membres des instances nationales une seule liste a été présentée. C’était celle du second courant. Elle a été élue avec une douzaine de voix.

Le recours de Vincent Vigneron

On se dit quand même que 45 électeurs pour un mouvement qui prétend avoir une centaine de militants, ça fait assez peu. Mais il faut savoir que seuls les adhérents ayant plus de trois mois d’ancienneté pouvaient voter. Or Philippe Debref, qui affirme avoir réuni beaucoup d’adhésions après les élections municipales, précise les avoir fait enregistrer trop tard. Et puis on notera qu’il n’y avait qu’un bureau de vote dans tout le département (il était à Chaumont) et qu’il n’était pas possible de voter par correspondance.
C’est sur ce dernier point que Vincent Vigneron dit avoir essentiellement fondé son recours. Il rappelle que les crispations actuelles sont plutôt chaumontaises et, pour lui, une meilleure organisation des élections sur tout le territoire départemental n’aurait pas donné les mêmes résultats. Il ajoute qu’il n’a pas eu accès aux mêmes documents que ses adversaires.
Enfin, il se souvient avoir été le premier à faire l’objet d’un recours. On lui reprochait d’avoir mis sur sa liste une adhérente de la dernière heure (Catherine Pazdzior). Il avait du alors la remplacer par Christine Guillemy. Aujourd’hui, il met à son tour en cause des personnes de la liste de Nicolas Guénel, qui ne seraient pas éligibles.
Ceci étant, il reconnaît : «Je sais bien que nous n’aurons pas la majorité. Mais il me semble que notre place est plus importante que ce qu’ont donné ces élections».

Deux vrais courants, mais sont-ils prêts à cohabiter ?

Vincent Vigneron a raison lorsqu’il parle d’une crispation essentiellement chaumontaise. Mais, contrairement à ce qu’écrit le Journal de la Haute-Marne (1) il existe, au delà d’éventuelles querelles de personnes, une vraie divergence politique entre les deux groupes. Et elle tient au positionnement de Christine Guillemy au sein de la municipalité chaumontaise. Philippe Debref et ses amis lui reprochent son soutien à des décisions de l’UMP qu’ils combattent. Ils estiment qu’elle aurait plus sa place aujourd’hui au Nouveau Centre.
Vincent Vigneron et les amis de Christine Guillemy pensent au contraire qu’il est possible de travailler avec Luc Chatel tout en gardant une âme de centriste. Ce à quoi les autres répondent que rien n’a été fait, bien au contraire, pour que le MoDem retrouve ses petits dans l’actuelle municipalité.
C’est l’éternel débat qui agite les partis minoritaires. Faut-il se fondre dans l’équipe des plus forts avec le secret espoir de faire évoluer les choses de l’intérieur ? Ou bien se tenir à l’extérieur en réaffirmant régulièrement ses idées ? Et ça n’en fait pas pour autant des pétaudières. Sauf que les recours ont souvent pour effet de dégrader l’ambiance.
Le MoDem n’a que deux moyens de s’en sortir. Soit en se rassemblant, chacun acceptant les différences de l’autre, soit par la rupture. Actuellement il a plutôt l’air de se précipiter vers la deuxième option.

(1) Le JHM a écrit : «Christine Guillemy affiche sa volonté de prendre du recul... Ne souhaitant certainement pas être prise dans une pétaudière pathétique»

Lionel Thomassin
Vendredi 3 Octobre 2008
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