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Michel Prost : «Je suis la victime et non l’agresseur !»

Violemment mis en cause par le JHM, le président de «L’Atelier d’images» Michel Prost dément avoir donné le moindre coup à un journaliste. Il porte plainte pour diffamation et agression physique.



Mais que s’est-il passé jeudi 4 décembre, vers 18 heures, juste avant le début de l’assemblée générale de «L’Atelier d’images» qui gère la télé locale ? Dans son édition du 5 décembre, le Journal de la Haute-Marne a publié un «billet» ravageur intitulé «Quand Michel Prost règle ses comptes» et dans lequel on apprend que le président de l’association aurait «perdu le contrôle de ses nerfs», «asséné moult insultes au journaliste» du quotidien local venu assister à cette réunion au local de la rue des Platanes et qu’il aurait «dérapé».
Les choses ne sont pas dites clairement. Mais comme il est précisé que «le reporter a passé sa soirée aux Urgences» et a fait l’objet d’ «un arrêt de travail de sept jours», le lecteur en déduit logiquement que Michel Prost a pété les plombs et qu’il a cassé la figure à un journaliste. Le billet se termine d’ailleurs par cette sentence : «La vérité blesse, plus encore que les coups».
Quelle «vérité» ? Toujours selon le JHM, si le président de «L’Atelier d’images» était «fermement décidé à empêcher ce rédacteur ne faisant que son travail d’assister à l’assemblée générale d’une association exclusivement financée par des deniers publics», c’est tout simplement parce qu’il «craignait» que «des vérités sur une gestion aléatoire, farfelue et très irrégulière» n’éclatent au grand jour.

«Quand j’ai vu arriver le journaliste, qui n’était ni adhérent ni invité, je lui ai demandé de sortir»

Cet article a évidemment fait beaucoup de mal à Michel Prost. Le sujet a même été évoqué samedi matin au conseil municipal. Evoquant sa démission du conseil d’administration de «L’Atelier d’images» (démission qui n’a pas été justifiée mais qui n’a aucun lien avec cette affaire), l’adjointe aux finances Elisabeth Allaire a voulu faire de l’humour en déclarant : «Je ne savais pas combien il était dangereux de se présenter à l’assemblée générale de cette association et combien le vice allait submerger la vertu». Et quand le maire a annoncé qu’elle serait remplacée par Didier Cognon, toute la salle a éclaté de rire. «On ne l’a pas fait exprès», s’est excusé Luc Chatel, se rendant compte de l’effet produit par le patronyme de son adjoint à la vie quotidienne.
Mais Michel Prost n’a pas envie de rire. Cette semaine, il a appelé L’affranchi (ainsi que la Croix-Hebdo) pour «rétablir la vérité» et pour annoncer qu’il portait plainte pour diffamation et agression physique. Parce que «je suis la victime et non l’agresseur».
D’abord, le président de «L’Atelier d’images» précise que c’est le conseil d’administration de l’association qui a pris –à l’unanimité- la décision de réunir une assemblée générale sans inviter la presse. Il comprend que cela puisse agacer les journalistes. Mais il rappelle que cela fait partie du droit des associations. Et que la décision a été prise «à la demande de la municipalité», ce que nous a confirmé l’élu Jean-Charles Berthier.
«Quand j’ai vu arriver le journaliste Thomas Bouguéliane, qui n’était ni adhérent ni invité, je lui ai demandé de sortir», poursuit Michel Prost. «Mais il s’est mis à crier et à faire un scandale».

«Ça devient dangereux de diriger des associations...»

Le ton a monté. Et pour répondre à ce qu’il considérait comme une provocation, le président de l’association reconnaît avoir lancé un nom d’oiseau au journaliste. Il dit avoir ensuite reçu des coups de poing de ce même journaliste, sans qu’il puisse se défendre car, sortant d’un bureau pour se rendre dans la salle où se tenait la réunion, il avait les bras chargés des documents nécessaires à l’assemblée générale.
«Plusieurs personnes sont intervenues pour arrêter le journaliste et m’aider à aller m’asseoir», ajoute-t-il. «J’ai démarré la réunion, avec le souffle court. J’avais du mal à parler. Thomas Bouguéliane est réapparu et a de nouveau réclamé le droit d’être là. Mais quand il a vu que la salle n’était pas d’accord, il est parti. En apparente bonne forme…»
Michel Prost a quant à lui continué d’animer la réunion. Mais, comme il souffrait entre autres d’une douleur à l’épaule et d’une forte poussée de tension artérielle, son médecin lui a ensuite prescrit trois jours d’arrêt de travail.
Cela fait plusieurs fois que Michel Prost dénonce la façon dont le JHM le traite, notamment en tant que directeur de la MJC. Mais cette fois, il a décidé de déposer une série de plaintes. «Comment une personne d’une trentaine d’années, qui a fait des arts martiaux, peut se permettre d’agresser physiquement un grand-père de plus de 58 ans ?», interroge-t-il. «J’ai envie de retourner le compliment à Elisabeth Allaire : ça devient dangereux de diriger des associations quand des journalistes peuvent venir vous casser la gueule, au sens propre comme au figuré !»
Michel Prost affirme que des témoins ont vu ce qui s’est passé et qu’ils témoigneront en sa faveur. C’est donc la Justice qui va devoir trancher.




Pas de problème d’argent

Représentant de la municipalité au sein de «L’Atelier d’images», Jean-Charles Berthier refuse de prendre parti dans le différend qui oppose Michel Prost à Thomas Bouguéliane. «J’attendais dans la salle quand le clash a eu lieu», précise-t-il. «Je n’ai pas vu ce qui s’est passé dans le couloir. Mais je ne suis pas d’accord avec ce qui a été écrit le lendemain dans le JHM où on reprochait à l’association de dilapider l’argent du contribuable. Il n’y a pas de souci avec cette association et la municipalité n’a pas l’intention de lui couper les vivres.»
Il convient d’ailleurs de préciser que «l’Atelier d’images» n’est pas financé exclusivement par des deniers publics. Selon Michel Prost, plus de la moitié des fonds de l’association sont des fonds propres. Quant à la subvention de la ville de Chaumont, elle s’est élevée en 2007 à 22 600 euros pour un budget total de 93 000 euros.
Les comptes sont naturellement tenus par un trésorier et le paiement des factures et des salaires ne souffre aucun retard.
A signaler enfin que l’association a dégagé un résultat net positif au cours des deux dernières années. Ce qui lui permet d’envisager l’avenir avec sérénité.
Reste que «l’Atelier d’images» a connu quelques problèmes administratifs qui l’ont conduit par exemple à tenir le 4 décembre 2008 les assemblées générales de… 2006 et 2007 ! Ces problèmes, qui semblent liés à des questions de personnes (c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la presse n’était pas invitée) sont en cours de régularisation.
Reste aussi que les programmes diffusés sur «Chaumont TV» ne sont pas toujours à la hauteur de ce que le Chaumontais câblé est en droit d’attendre. Michel Prost est d’ailleurs le premier à le reconnaître. Mais là aussi, apparemment, c’est en train de changer.




Tentative de putsch ?

«L’Atelier d’images» semble attirer certaines convoitises. Michel Prost a remarqué que pas mal de personnes avaient adhéré dernièrement à l’association et que de nouvelles têtes étaient donc présentes à l’assemblée générale. De là à imaginer qu’une tentative de putsch a été fomentée pour le virer de la présidence, il y a un pas qu’il n’est pas loin de franchir. Mais dès le début de la réunion, le simple rappel des statuts a suffi à décourager les putschistes potentiels. Ces statuts prévoient qu’il faut être adhérent depuis au moins six mois pour pouvoir voter et se présenter au conseil d’administration !

L' affranchi
Vendredi 12 Décembre 2008
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