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Meilleurs ouvriers de France : quand le travail manuel atteint l’excellence

Redonner au travail manuel ses lettres de noblesse est un des objectifs du Préfet. Voilà pourquoi il a mis à l’honneur les deux lauréats haut-marnais du dernier concours des Meilleurs Ouvriers de France.



En Haute-Marne, on peut rencontrer une bonne vingtaine de Meilleurs Ouvriers de France. Ce qui, rapporté au nombre d’habitants, est nettement supérieur à la moyenne nationale. Les plus nombreux se trouvent dans le bassin Nogentais, ainsi que, dans une moindre mesure, du côté de Fayl-Billot.
Il faut savoir que le concours n’est ouvert que tous les trois ans et qu’il est très sélectif.
Pour la dernière session, neuf candidats haut-marnais se sont inscrits. Mais trois seulement ont été présentés au final. Et deux ont obtenu le titre.
Ces deux lauréats ont été mis à l’honneur lundi soir à la préfecture.
Ce sont : Fabrice Liiri (cisellerie) et Manuel Dos Santos (instruments de chirurgie).
A cette occasion, le préfet Yves Guillot a rappelé qu’il avait fait de la valorisation du travail manuel une des priorités de l’année. Parce que les métiers matériels ont de l’avenir - l’économie de l’immatériel ne pouvant se suffire à elle-même - et parce qu’on peut s’y épanouir tout autant.

«Comme des sportifs de haut niveau»

Le travail manuel possède lui aussi ses filières d’excellence. Et le concours des Meilleurs ouvriers de France en est un bel aboutissement, sanctionné d’ailleurs par un diplôme de l’Education nationale. Pour le préfet, ceux qui l’obtiennent méritent d’être placés sur le devant de la scène, parce qu’ils peuvent susciter des vocations, puis devenir des modèles et enfin transmettre leur savoir faire. Leur statut est certainement comparable à celui des sportifs de haut niveau.
Patrick Viard, représentant le comité d’organisation du concours, a justement évoqué les sacrifices auxquels il faut consentir pour devenir «Un des meilleurs ouvriers de France» (tel est le titre exact de ce diplôme institué au début du siècle dernier). Ce concours réclame de la dextérité, de la précision, de grandes connaissances techniques, de la créativité et un bon sens esthétique.
Beaucoup de candidats doivent se présenter plusieurs fois pour obtenir le titre. Lundi soir, d’ailleurs, à la préfecture, on pouvait admirer un superbe ouvrage de broderie d’une incroyable finesse qui a pourtant été recalé. La réalisatrice de cette œuvre a compris ce qui lui avait manqué. Elle proposera une nouvelle pièce en 2010.
Les deux lauréats, présentés par le président de la Chambre de Métiers, Jean-Louis Mouton, ont reçu les diplômes des mains du préfet ; ainsi qu’un cadeau du Conseil général (des beaux livres traitant du département) remis par Paul Flamérion.

Meilleurs ouvriers de France : quand le travail manuel atteint l’excellence



Agé de 54 ans, Fabrice Liiri est originaire de Nogent. Embauché en 1974 chez Landanger à Chaumont, il est contrôleur qualité dans l’entreprise qui a été rachetée par DePuy puis Precimed. A partir d’une plaque d’inox, il est capable de réaliser à la main des ciseaux très finement ouvragés. C’est une passion qu’il a contractée après avoir consulté un ouvrage de dessins réalisés par le ciselier Nogentais Nicolas Pelletier.
Il a essuyé deux échecs au concours avant d’obtenir le titre en cisellerie qui n’avait pas été attribué depuis 32 ans.

Meilleurs ouvriers de France : quand le travail manuel atteint l’excellence



Manuel Dos Santos a réalisé un instrument de chirurgie assez complexe (en bas à droite sur la photo) entièrement à la main, à partir d’éléments bruts comme ceux qui sont présentés à côté.
Né en 1974 à Saint-Germain en Laye, il a effectué son apprentissage aux Etablissements Cornu à Nogent. Et depuis 1992, il est ajusteur dans l’entreprise Oury Guyé et fils à Nogent.

Lionel Thomassin
Vendredi 31 Octobre 2008
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