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Méfiez-vous des journalistes !



Chaque métier a ses ficelles et celui de journaliste n’en manque pas. Il nous arrive certainement d’en utiliser, comme les autres, consciemment ou pas. Mais il en est une qui nous horripile particulièrement, c’est celle qui consiste à construire une interview qui n’a pas existé ; dans la forme où elle est publiée, du moins.
Lorsque vous voyez dans un journal une interview écrite sous la forme de questions/réponses, vous êtes fondés à penser que vous lisez la retranscription à peu près exacte d’un entretien qui a réellement eu lieu. Tout au plus vous pouvez imaginer que le journaliste a traduit, sous une forme plus littéraire, un langage parlé généralement moins académique.
En fait, dans 99 % des cas, ça n’a rien à voir avec ce qu’on vous fait croire.
Au mieux, l’entretien n’a pas eu lieu. Les questions ont été écrites et envoyées à «l’interviewé» qui a répondu lui aussi par écrit. Ça n’a alors rien de spontané et le contenu, très maîtrisé, est assez banal. Mais au moins, vous avez en principe l’intégralité de l’échange.
En revanche, lorsque la rencontre a bien existé, l’article est forcément incomplet. Ce qu’on vous donne à lire ne vous prendra généralement guère plus de 5 minutes. Or, il est assez courant que les entretiens durent entre une demi-heure et une heure. Vous n’en avez donc qu’un résumé. C’est logique.
Le journaliste ne peut pas faire autrement. Mais pourquoi éprouve-t-il le besoin de faire croire qu’il publie l’intégralité de l’interview ? Pourquoi ne se contente-t-il pas de raconter la teneur de l’entretien, en illustrant simplement le propos par des phrases clefs citées entre parenthèses ? C’est l’option qu’a fini par choisir L’affranchi. Bien sûr, ça fait moins vivant, mais c’est beaucoup plus correct.
On comprend bien que si la formule «questions/réponses» oblige le journaliste à réécrire les propos de son interlocuteur, elle le contraint également à inventer après coup les questions qui vont bien avec les déclarations remodelées.
Si c’est bien fait, il est possible que l’esprit soit respecté et que, du coup, personne n’ait rien à redire sur le fond. Mais souvent, il arrive que l’interviewé ne se retrouve ni dans ce qu’on lui fait dire, ni dans les questions qui sont censées lui être posées. Ainsi on peut s’étonner qu’une fausse affirmation contenue dans une question ne soit pas démentie dans la réponse. On comprend mieux en fait quand on sait que l’interlocuteur n’a jamais connu la question.
On pourrait vous donner quelques exemples. Mais, au train où vont les choses à Chaumont, nous ne voudrions pas passer trop de temps au commissariat à devoir nous justifier sur la base de plaintes fantaisistes.
Sachez seulement lire entre les lignes lorsque vous rencontrerez une interview sous forme de questions/réponses. Vous verrez : dans certains cas, le montage est assez facile à décrypter.

Lionel Thomassin
Vendredi 3 Avril 2009
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