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Médecins de garde : ça va encore se compliquer

Le préfet de la Haute-Marne modifie le dispositif de garde des médecins libéraux. Le nombre de secteurs va passer dans un premier temps de 16 à 10 (et ensuite 5). Ce qui va allonger les déplacements. Le secteur de Chaumont va par exemple désormais comprendre aussi celui de Nogent. Dans le sud du département, c’est encore pire.



Le nombre de secteurs où il y a un médecin de garde passe de 16 à 10. Et en 2011, il n’y en aura plus que 5. Les temps de déplacement vont être forcément beaucoup plus longs...
Le nombre de secteurs où il y a un médecin de garde passe de 16 à 10. Et en 2011, il n’y en aura plus que 5. Les temps de déplacement vont être forcément beaucoup plus longs...
Répondant à la demande du ministère de la Santé, le préfet de la Haute-Marne Yves Guillot vient de prendre un «arrêté relatif à la mise en œuvre de la permanence des soins en Haute-Marne». En clair, il s’agit de modifier le dispositif de garde mis en place pendant les périodes de fermeture des cabinets médicaux libéraux : la nuit (de 20 h à 24 h), le dimanche et les jours fériés (de 8 h à 24 h). 
Le préfet avait reçu pour instruction au cours de l’an née 2008 de réévaluer la sectorisation existant dans le département pour permettre -à enveloppe financière constante !- d’étendre la permanence des soins : aux samedis, à partir de 12 h ; aux lundis ouvrés de 8 h à 20 h lorsqu’ils précèdent un jour férié ; et aux vendredis de 8 h à 20 h et samedis de 8 h à 12 h lorsqu’ils suivent un jour férié. Avec, en ce qui concerne la Haute-Marne, un problème de taille : celui de la démographie médicale. 

«La concertation a été particulièrement difficile»

Les trois grands villes ont «une bonne adéquation, voire une très bonne densité de médecins généralistes libéraux». En revanche, les zones rurales sont globalement sous-médicalisées. Par exemple, le canton de Juzennecourt ne possède plus qu’un seul médecin qui n’a trouvé aucun médecin voisin pour former un secteur de permanence des soins. Le canton d’Auberive possède également un seul médecin, aussi propharmacien et médecin pompier. 
De plus, ces médecins sont vieillissants. Au 1er janvier 2009, sur 154 médecins qui assurent la permanence des soins, 76 ont 55 ans ou plus. 
«La concertation a été particulièrement difficile», ne cache pas le préfet. «Parce que chacun voit midi à sa porte. Comme il n’y avait pas de consensus, le sous-comité médical a sollicité l’appui de la mission ministérielle». 
Résultat de l’arbitrage ministériel : le nombre de secteurs passe dès maintenant de 16 à 10. Et en 2011, il n’y en aura plus que 5, avec 5 maisons médicales de garde. 
Les secteurs d’intervention des médecins de garde s’agrandissent donc considérablement. Et les temps de déplacement vont être forcément beaucoup plus longs. 
Comme on peut le voir sur la carte publiée en page 4, le secteur de Chaumont va par exemple désormais comprendre aussi celui de Biesles et de Nogent. Soit un total de 34 communes, dont Consigny, Mennouveaux, Millières, mais aussi Buxières-les-Froncles et Is-en-Bassigny. 

Dans le sud du département, un seul médecin de garde pour 136 communes !

Dans le sud du département, c’est encore pire. Le secteur s’étend d’Auberive à Val-de-Meuse, en passant par Langres, Longeau, Prauthoy et Fayl-Billot. Soit un seul médecin de garde pour un total de 136 communes ! Bonjour la proximité...
«Il a fallu que je prenne une décision», se défend le préfet. «Mais je suis prêt à modifier ultérieurement mon arrêté au vu de la pratique qui va être faite de ces secteurs». Yves Guillot ajoute qu’il n’y a pas de notion d’urgence dans la permanence des soins. Et que les interventions de «SOS Médecins» dans les grosses agglomérations ne sont guère plus rapides qu’en milieu rural. Il tient également à relativiser le besoin réel d’interventions en citant ce chiffre : «En 2007, il y a eu 2178 appels, entre 20 h et 24 h, pour toute la Haute-Marne. Soit une moyenne de 6 ou 7 par jour». 
On peut tout de même se demander si, dans ces conditions, plutôt que d’attendre l’intervention d’un très hypothétique médecin de garde, de plus en plus de Haut-Marnais ne seront pas tentés de se rendre directement aux urgences. Mais le préfet feint de ne pas croire à cette hypothèse.



Comment ça marche

Tous les soirs, de 20 h à 24 h, le samedi, de 12 h à 24 h, le dimanche et les jours fériés de 8 h à 24 h, les personnes désireuses de consulter le médecin de garde sont invitées à faire le 15. La régulation des appels est assurée par le permanencier du SAMU qui peut : soit régler le problème s’il s’agit d’une demande d’information sans objet médical ; soit transmettre l’appel au médecin permanencier du Centre 15 ; soit transmettre l’appel au médecin d’astreinte du secteur concerné. 
La permanence des soins médicaux de 0 h à 8 h relève des trois services d’accueil des urgences situés dans les centres hospitaliers de Chaumont, Saint-Dizier et de Langres. 
Une particularité sur le secteur de Bourbonne-les-Bains : les médecins assurent la garde également en nuit profonde (de 0 h à 8 h). 

Christophe Poirson
Samedi 28 Février 2009
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