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Mai 68: quand le foot français a fait sa révolution

Un petit livre réjouissant, dont François-René Simon est coauteur, raconte pourquoi et comment en mai 68 des footballeurs révoltés, occupant les locaux de la fédération, ont bousculé l’ordre établi.



Edité chez Calmann-Lévy, ce petit livre (156 pages) est préfacé par Daniel Cohn-Bendit. Prix : 12 euros.
Edité chez Calmann-Lévy, ce petit livre (156 pages) est préfacé par Daniel Cohn-Bendit. Prix : 12 euros.
A l’approche du quarantenaire des événements de 1968, nous allons être gavés de bouquins, d’émissions et d’articles évoquant doctement cette période un peu agitée de notre histoire contemporaine. On craint l’indigestion !
C’est pourquoi nous ne sommes pas mécontents d’avoir reçu, en guise de hors d’œuvre, un petit ouvrage bien rafraîchissant intitulé : «Les enragés du football. L’autre Mai 68»». Il était difficile d’imaginer meilleure mise en bouche.
Ce livre est l’œuvre (pour partie) de François-René Simon (le frère de Thierry Simon).
On connaissait le journaliste de Jazz Magazine, auteur de textes de référence sur John Coltrane (entre autres). On le savait aussi spécialiste du surréalisme, capable de savantes analyses sur un mouvement et des écrits nous apparaissant souvent ésotériques. Mais on ne l’imaginait pas féru de football.
Pour l’occasion il se présente comme sympathisant du foot et de ceux qui l’ont fait bouger à l’époque. Mais on apprend surtout qu’il a été journaliste à «Miroir du football» de 1974 à 1976 puis reporter à «Onze». Les deux autres coauteurs du livre ont d’ailleurs été journalistes avec lui, l’un à «Miroir du Football» (Faouzi Majoub) l’autre à «Onze» (Alain Leiblang). Tous les deux ont par ailleurs participé aux événements de 1968.
Alain Leiblang a été ensuite chef de presse de la Coupe du monde 1998. Il est aujourd’hui conseiller de Michel Platini dans le domaine de la presse et des Médias.

«Le football aux footballeurs»

Ce petit livre rouge du football de 68 bénéficie d’abord d’une préface intelligente de Daniel Cohn-Bendit. Celui qui se présente plus comme un «haut-parleur» que comme un leader de l’époque, donne une définition assez peu politique du mouvement. Il rappelle qu’étudiants et ouvriers ne partageaient pas les mêmes revendications. Ils étaient cependant mus par un même esprit de liberté. Ils contestaient l’autorité, souhaitant être mieux maîtres de leur destin.
La révolte des footballeurs s’est donc parfaitement inscrite dans ce contexte.
Il faut se souvenir qu’à l’époque les joueurs touchaient des salaires assez moyens et n’avaient absolument pas leur mot à dire sur les transferts. Ils étaient vendus d’un club à l’autre. Si bien que, dans un article, Raymond Kopa les avait comparés à des esclaves.
Le livre raconte la naissance du syndicat (L’Union nationale des footballeurs professionnels) dont le premier président fut Just Fontaine, la rigidité de la Fédération française de football, les choix désastreux pour l’encadrement et le jeu de l’équipe de France, l’influence de la presse... Il explique en fait pourquoi le 22 mai 1968, un groupe de footballeurs a investi les locaux de la fédération, avenue d’Iéna, inscrivant cette devise au fronton du bâtiment : «Le football aux footballeurs». L’opération dura 5 jours. Mais bien d’autres combats seront nécessaires dans les années suivantes pour faire aboutir les revendications.
Aujourd’hui cependant certaines avancées sont remises en cause, l’argent dirige de plus en plus, certains supporters deviennent insupportables, les saisons sont de plus en plus lourdes. Mais tout n’est pas perdu. Michel Platini a été élu l’an dernier président de l’UEFA (Union des associations européennes de football) au terme d’une campagne reprenant le fameux slogan : «Le football aux footballeurs».

Lionel Thomassin
Vendredi 25 Avril 2008
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