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MJC : l’espoir fait vivre

Criblée de dettes, mais attendant quelques nouvelles rentrées d’argent, lâchée sur certains points par une ville qui a quand même besoin d’elle, la MJC reconduit ses projets en 2009. Echos d’une assemblée générale où le problème avec la ville s’est clairement révélé politique.



MJC : l’espoir fait vivre
Plus d’une trentaine de membres présents disposant d’une bonne soixantaine de pouvoirs... il y a bien longtemps que la Maison des jeunes et de la culture n’avait pris ses décisions en assemblée générale avec 98 votes. Samedi dernier les responsables de l’association ont voulu y voir, en cette période difficile, la preuve d’un attachement tout particulier à la structure. Ils ont noté aussi un renouvellement sans difficultés des membres du CA. Devant la vice-présidente et le DRH de la fédération française des MJC (qui avaient exceptionnellement fait le déplacement) les candidatures spontanées de jeunes adhérents ont été remarquées aussi comme la démonstration d’une belle vitalité.
Bref, on ne pouvait guère imaginer que la MJC venait tout juste d’échapper à la catastrophe.
Accusant pour 2008 un déficit de plus de 43 000 euros (la faute au 60 000 euros de subventions que la ville a refusé de donner), l’association connaît de sérieux problèmes de trésorerie. Les salaires du mois de mai ne pouvaient pas être payés. Mais le maire est intervenu auprès de la banque pour qu’un découvert soit autorisé. Et, si on en croit Vincent Galantier, la ville a enfin fait le nécessaire pour que la vieille subvention de 15 000 euros, votée sous conditions par le Conseil général, soit enfin débloquée.
Luc Chatel n’a aucun intérêt à voir la MJC tomber. Il veut simplement la cantonner dans certains domaines (voir ci-dessous).

La menace d’une plainte

La MJC, qui a déjà perdu 3 emplois, est encore incitée à réduire sa voilure. Pourtant, considérant que les missions qu’on veut lui voir abandonner font partie des plus importantes, elle vient de voter un budget prévisionnel 2009 à peu près semblable à celui de 2008. Celui-ci se base sur une subvention de la ville de 156 000 euros, alors que la municipalité ne s’est encore engagée que sur 80 000. Et même s’il reste encore quelques domaines à étudier, la ville n’a guère l’intention de faire mieux que l’an dernier.
En fait, lors de l’assemblée générale, la MJC a laissé pour une fois dire à Vincent Galantier que la demande de 2008 était arrivée trop tard. Et du coup, sachant que celle de 2009 a été rendue dans les temps, elle ne voit pas pourquoi elle ne serait pas honorée sur la base des années précédentes.
Une partie d’échecs s’engage alors.
De son côté la ville saucissonne les subventions et elle se débrouille pour trouver de nouveaux prétextes permettant de retirer encore 60 000 euros.
Mais la MJC contre-attaque en se disant prête à porter plainte auprès du tribunal administratif. Elle reproche à la ville de n’avoir pas respecté la convention triennale qui courait encore en 2008.
Mais gagner pour 2008 ne permettrait guère à la MJC d’assurer son avenir. Elle ne tentera vraisemblablement le procès que si elle est au plus mal. Personne n’ayant intérêt à aller au clash, elle compte certainement survivre en trouvant un terrain d’entente plus favorable.



Une affaire strictement politique

Les choses sont très claires aujourd’hui. Il n’est plus question de querelles de personnes entre Vincent Galantier, l’adjoint à la culture, et Michel Prost, le directeur de la MJC. Il serait idiot d’ailleurs pour la ville de se focaliser sur un problème de relations difficiles puisque Michel Prost s’approche de la retraite. Il a annoncé samedi matin qu’il vivait là sa dernière assemblée générale en tant que directeur.
Les relations se sont normalisées en fait. Et on n’imagine plus aujourd’hui que la ville souhaite la mort de la MJC (même si le danger est toujours présent). Simplement, on voit bien la municipalité tenter de façonner l’association.
On sent bien par exemple, quelle ne tient pas du tout à mécontenter le millier d’adhérents profitant chaque semaine des diverses animations. Elle entend donc se débrouiller pour que ces activités perdurent. De même, la ville souhaite favoriser la poursuite des actions sur le cinéma. Tout simplement parce qu’elle constate que ça crée une animation appréciée par la population et qu’elle ne se sent pas capable de l’assurer elle-même.
En revanche, Vincent Galantier a bien précisé que la diffusion culturelle était prioritairement l’affaire de la ville.
Autrement dit : si vous réalisez ce qui nous intéresse et qu’on ne sait pas faire nous-mêmes, on vous aide. Mais si vous voulez faire venir un groupe de musique ou une troupe de théâtre, débrouillez-vous tout seul. La ville est capable d’organiser elle-même ce qui l’intéresse.
Voilà qui pose quand même quelques questions.
Dans un domaine aussi sensible que celui de la culture, au sein d’une démocratie, une ville a-t-elle vocation à faire elle-même ou à aider ceux ont la volonté d’organiser ? Il nous semble qu’il y a un certain danger à voir les politiques décider eux-mêmes de la culture qui sera donnée au peuple.
Mais, à la décharge de Luc Chatel, il faut reconnaître que le mouvement a été particulièrement lancé à Chaumont par Jean-Claude Daniel.

Moins d’actions de prévention et plus de caméras de surveillance

Il y a plus grave cependant : Vincent Galantier a annoncé que la ville refusait de subventionner cette année le Forum de l’Egalité. Or, l’événement organisé contre le racisme et les discriminations a déjà eu lieu comme d’habitude en mars.
L’élu prétend que ça n’intéresse personne et encore moins la municipalité.
Ce n’est pourtant pas ce que disent ceux qui ont participé aux débats et assisté aux spectacles, animations et projections vidéos. Michel Prost rappelle que le spectacle de clôture (Pierpoljak) a rassemblé plus de 700 personnes à la salle des fêtes. Ce qui constitue la meilleure fréquentation de la salle depuis de nombreuses années. Il compare alors ce score avec celui du concert d’Abd Al Malik que la ville a voulu organiser seule et qui a fait un flop.
En fait, après la reprise par la ville du local jeunes (là encore une comparaison aujourd’hui ne serait pas au désavantage de la MJC) on voit bien que la municipalité ne reconnaît pas à la MJC une vocation à s’occuper des questions de société.
Ça fait pourtant partie de ses missions d’éducation populaire.
Michel Prost n’a pas manqué de rappeler que les MJC étaient nées après la guerre. Il s’agissait d’apporter aux jeunes une réflexion et un mode de prise en charge, de sorte qu’ils ne puissent plus être embrigadés.
Cette action a été voulue par toutes sortes d’élus (y compris à Chaumont) qui n’étaient pas forcément de gauche. Or aujourd’hui, au nom d’une politique de droite fièrement revendiquée, la municipalité supprime les actions de prévention et d’éducation. Et, à la place, elle installe des caméras de surveillance.
Finalement, beaucoup d’adhérents de la MJC s’insurgent. Ils ont le sentiment qu’elle est la seule association à voir ses activités saucissonnées. Chacun trouve d’ailleurs des exemples d’associations chaumontaises bénéficiant d’un traitement différent. A commencer d’ailleurs par le festival de l’affiche qui, selon Danièle Prost, a été cette année fort peu respectueux des deniers publics.
A la MJC, le sentiment d’injustice ne cesse de se renforcer...

MJC : l’espoir fait vivre

Lionel Thomassin
Vendredi 12 Juin 2009
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