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MJC : Toujours vivante !

Parce que certains la croient morte (ou voudraient qu’elle le soit), la MJC de Chaumont tient à rappeler qu’elle est encore bien vivante. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir toujours de grosses inquiétudes.



Entourés d’une petite dizaine d’administrateurs et animateurs, la présidente de la MJC Rose-Marie Agliata et le directeur Michel Prost ont tenu une conférence de presse ce jeudi 2 octobre. Pour deux raisons principales : «parce que depuis le mois de juin, on a lu et entendu tout et n’importe quoi sur la Maison des jeunes et de la culture, sur certains de ses responsables, sur sa situation et sur son avenir» et «parce que beaucoup nous croient morts, que certains nous pensent en train de mourir et que d’autres le souhaitent peut-être». 
«De ce fait, précise Rose-Marie Agliata, même si certaines activités ont déjà presque fait le plein, quelques-unes ont redémarré doucement car beaucoup s’interrogent et nous interrogent sur l’avenir de l’association. Par cette conférence de presse, nous voulons les rassurer et annoncer que nous sommes vivants et que la qualité est toujours au rendez-vous».

Un mois d’octobre riche en animations

Mise à part l’accordéon, toutes les activités ont donc redémarré à la MJC. «Leur autonomie financière habituelle n’est pas remise en cause par les difficultés de l’association liées aux subventions non validées sur le second semestre 2008», insiste la présidente. 
Et pour ce qui est des animations, le mois d’octobre s’annonce riche : vernissage de la première exposition «Les adhérents ont du talent» le samedi 4 octobre à 18 h 30, festival d’échecs organisé en partenariat avec Chess 2000 les 4 et 5 octobre, Rendez-vous du cinéma français spécial Belgique du 15 au 28 octobre.
La MJC travaille en outre sur plusieurs projets : animation autour des musiques urbaines avec l’intervention d’un graffeur sur le Local Jeunes, commission «Nouvelle MJC», festival des arts martiaux en partenariat avec une dizaine de clubs de Chaumont et du département, Forum de l’égalité, fête de la musique et feux de la Saint-Jean...

Un licenciement et une situation de trésorerie «qui va devenir difficile»

Malgré tout, les inquiétudes sont loin d’être dissipées. Sur la base d’une convention triennale, la MJC a touché de la ville de Chaumont en 2006 et 2007 une subvention de l’ordre de 150 000 euros. Mais cette année, pour une histoire de délai, cette subvention a été réduite de 60 000 euros par la nouvelle municipalité. 
Lors de son assemblée générale qui s’est déroulée en juin, la MJC redoutait le pire pour son avenir. Et si elle a pu malgré tout tenir le coup au niveau de la trésorerie, c’est grâce à un gros remboursement qu’elle a obtenu de l’URSSAF au cours de l’été. 
Reste que le non versement de ces 60 000 euros se fait aujourd’hui sentir. «Au conseil d’administration du 23 septembre, on a constaté qu’on était à - 55 000 euros sur le budget 2008», révèle Michel Prost. «Pour l’instant, on tient car on a aussi des rentrées financières liées à la reprise des activités. Mais on est dans une situation de trésorerie qui va devenir très difficile». 
Les pertes de financements liés au Local Jeunes ont aussi conduit la MJC à licencier cet été pour raison économique l’une de ses animatrices, Nadia. 

De nouvelles informations «inquiétantes»

La MJC est d’autant plus inquiète qu’elle se plaint d’ignorer ce qui va se passer en 2009.  «Au cours de notre dernier conseil d’administration, le 23 septembre, Vincent Galantier, adjoint à la culture et représentant de la ville de Chaumont, nous a donné des informations inquiétantes, de notre point de vue, pour la vie associative en général», souligne Rose-Marie Agliata. «L’intention de la ville est de ne reconduire aucune convention avec les associations, quelles qu’elles soient, avant début 2009. La municipalité va lancer un appel à projets en octobre/novembre, précisant SES objectifs, SES priorités et SES critères. Les associations auront deux mois pour répondre aux exigences de la municipalité et celles dont les projets cadreront avec les siens, ou encore «les Meilleures» (c’est ce qui nous a été dit), se verront proposer une convention avec des objectifs à atteindre, qui seront régulièrement évalués pour savoir s’ils seront reconduits.»

Les associations mises en concurrence ?

Selon Rose-Marie Agliata, c’est ce que la loi appelle des «délégations de service public», lesquelles ne s’appliquent pas, théoriquement, à la vie associative et «mettent les associations en concurrence sur un marché, ce qui ne peut que créer des tensions et affaiblir, voire détruire, le tissu associatif. En outre, ce système va à l’encontre de l’indépendance associative et de la cogestion démocratique des MJC où les objectifs et leur mise en place doivent être proposés et discutés entre partenaires et à égalité». 
«Tout ça nous dérange beaucoup», résume la présidente de la MJC, tandis que le directeur fait observer : «Il est difficile de présenter un budget 2009 sans savoir si on entre dans un conventionnement ou pas». 
Cette fois-ci, il se pourrait donc bien que ce soit la municipalité qui ne respecte pas les délais...



L’histoire du bon (Chatel) et du méchant (Galantier)

Rose-Marie Agliata et Michel Prost racontent que, lors du dernier conseil d’administration de la MJC, ils ont demandé à Vincent Galantier si, comme d’habitude, le maire signerait bien un édito dans la plaquette des Rendez-vous du cinéma français et si, comme l’an dernier, il pouvait y avoir pour l’ouverture du festival une petite réception en mairie. «Après les méchancetés que vous avez écrites dans la plaquette de rentrée de la MJC, ça m’étonnerait», leur aurait répondu l’adjoint. Mais, ce jeudi, Michel Prost a appris que Luc Chatel avait répondu favorablement aux deux demandes. 
Cette anecdote mais aussi d’autres éléments conduisent les dirigeants de la MJC à se demander s’il n’y a pas un bon et un méchant à la mairie de Chaumont. 

Christophe Poirson
Vendredi 3 Octobre 2008
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