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Lycée pro : Au-delà de la suppression d’un CAP

Pratiquement aucun cours n’était assuré jeudi dans les deux sites du LPI (Ashton et Haut-du-Val). Il faut dire que l’établissement fait face à la suppression annoncée d’un CAP et à la perte de nombreux postes.



Devant le site Ashton, les grévistes du lycée professionnel industriel, accompagnés de représentants de parents, ont fait connaître leurs revendications spécifiques.
Devant le site Ashton, les grévistes du lycée professionnel industriel, accompagnés de représentants de parents, ont fait connaître leurs revendications spécifiques.
A l’origine, il y a une mesure de l’administration qu’on peut penser logique : une formation qui n’attire pas les élèves n’a pas lieu d’être maintenue. Ainsi, le CAP CSI (Conduite de systèmes industriels) ne recrutait plus vraiment au lycée professionnel industriel de Chaumont, sur le site du Haut-du-Val. Il a donc été décidé de le supprimer à la prochaine rentrée.
Les enseignants rappellent pourtant que les élèves issus de cette section ont tous trouvé du travail. Et ils se souviennent de fermetures anciennes, sur le site Ashton, de formations dans le bâtiment pourtant très réclamées par les entreprises locales.
Quand on voit tous les efforts qui sont déployés pour essayer de réorienter des chômeurs vers les métiers qui manquent de main d’œuvre, il est scandaleux de supprimer certaines formations initiales. On peut reprocher en tout cas à l’administration de ne pas savoir guider les élèves vers les formations qui méritent d’être maintenues parce qu’elles correspondent à une réalité économique locale.

Opposés au Bac pro en trois ans

L’autre argument des personnes opposées à la fermeture du CAP CSI, c’est qu’il correspond à un Bac Pro existant dans l’établissement. Or, les textes prévoient que les nouvelles formations Bac Pro, en trois ans au lieu de quatre, doivent s’accompagner d’une formation CAP en deux ans. Le BEP n’existant plus, ça permet au moins de donner un bagage aux élèves qui ne peuvent pas suivre le cursus du Bac Pro.
Du coup, n’ayant plus d’alternative, les enseignants vont devoir garder les élèves en difficultés dans la filière Bac Pro. Ça va forcément ralentir les classes.
Ils affirment par ailleurs que, dans tous les cas de figures, la suppression de 25 % des heures de cours va forcément faire baisser le niveau. Et ils imaginent que, désormais, le passage du Bac Pro au BTS va devenir pratiquement impossible.
En fait, ils ont le sentiment qu’on est en train de détruire une formule qui permettait d’amener, par étapes au plus haut niveau, des élèves qui, au départ, étaient en rupture avec l’enseignement général.

Contre les heures sup

Enfin, comme dans beaucoup d’autres établissements, les enseignants se plaignent de fermetures de postes. Certaines sont directes, comme cette année. Et d’autres sont programmées pour les saisons à venir. Mais il en existe de plus discrètes qui sont la conséquence du non-remplacement de personnes partant à la retraite.
Toutes ces suspensions de postes se traduisent par la mise en place d’heures supplémentaires pour les enseignants restants. Ce qui n’est pas sans conséquences sur la vie de l’établissement.
Mais rien n’est fait encore au lycée professionnel industriel où plusieurs enseignants ont déjà fait savoir qu’ils refuseraient toutes les heures supplémentaires qui ne feront pas partie de leur service obligatoire.

Lionel Thomassin
Dimanche 22 Mars 2009
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