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Les scoops du festival

  • Centre du graphisme : une étude confiée à l’architecte de la SNCF
  • Cyril de Rouvre 13 ans plus tard...
  • Mai 68 choque encore
  • Les organisateurs du festival indignés par le JHM



Centre du graphisme : ça recommence par
une étude confiée à l’architecte de la SNCF

Lors de l’inauguration du festival, Luc Chatel a déclaré à propos du centre international du graphisme : «Ça reste un projet prioritaire de mon mandat. On va reprendre le dossier et l’intégrer dans le projet global de requalification de la gare». 

A l’issue de l’inauguration de la 19e édition du festival international de l’affiche et du graphisme, Luc Chatel a confié à quelques journalistes : «J’ai toujours soutenu le festival et le graphisme à Chaumont. Parce que c’est un atout exceptionnel pour une ville moyenne. On a quelque chose d’exceptionnel, les Chaumontais ne s’en rendent pas suffisamment compte. Il faut donc trouver les moyens de les interpeller. C’est ce qui a commencé à être fait cette année».
Le maire de Chaumont se réjouit donc de l’installation de Pierre di Sciullo sur le rond-point de la gare, de la reproduction d’affiches de la collection Dutailly sous forme géante, des portraits de Chaumontais exposés au square Philippe-Lebon, de l’atelier mis en place devant la mairie le jour de l’inauguration, du côté interactif de l’exposition qui se tient au Garage et des échanges qui ont pu avoir lieu au bal monté sur la place de la gare.

«Que les Chaumontais puissent dire à la fin : c’était notre festival»
Désireux de «conforter et faire encore rayonner le festival», Luc Chatel juge aussi important «que les Chaumontais puissent dire à la fin : c’était notre festival».
On en reparlera donc à la fin, c’est-à-dire en juillet. Mais force est de constater d’ores et déjà qu’il y a encore bien des progrès à faire. Ne serait-ce que dans la communication de l’événement, marquée cette année par une série de couacs (cartons d’invitation non envoyés, programmes distribués en retard, affiche annonçant le festival peu lisible, etc.).
Comme l’a déjà dit le président du festival Pascal Grisoni, l’appropriation du graphisme par les Chaumontais peut aussi être facilitée par la réalisation d’un centre permanent. «Ça reste un projet prioritaire de mon mandat», a déclaré Luc Chatel lors de l’inauguration.
Le maire entend donc réaliser «un lieu d’exposition, mais aussi un lieu d’accueil des graphistes, un lieu d’échanges, de création, d’innovation et d’anticipation des nouvelles tendances du graphisme». Bref, pas un simple musée. D’autant qu’il y a aussi selon lui «un lien économique à trouver». Mais alors, pourquoi avoir déclaré sans suite le concours d’architectes lancé par l’ancienne municipalité qui avait pourtant coûté 240 000 euros ?


Utiliser des bâtiments existants tels que le Garage ou les locaux de la Banque de France?
«J’ai découvert en arrivant un projet qu’on ne pouvait pas poursuivre parce qu’il n’était pas conforme aux règles d’urbanisme», répète le maire qui n’a pas voulu prendre le risque de modifier le PLU après coup. Mais la vraie raison n’est-elle pas liée au fait que la nouvelle municipalité préfèrerait utiliser des bâtiments existants, tels que le garage des services techniques ou les locaux de la Banque de France, plutôt que de construire un nouvel immeuble à côté des Silos ?
«On va reprendre le dossier et l’intégrer dans le projet global de requalification du quartier de la gare», répond Luc Chatel.
Lors du prochain conseil municipal, qui se tiendra le 12 juin, il sera déjà question de confier une étude à l’architecte de la SNCF, Jean-Marie Duthilleul. Une étude de cinq mois pour savoir exactement ce qu’il est possible de faire entre le centre international du graphisme, le multiplexe cinématographique et le développement du transport multimodal.
A l’issue de cette étude, la municipalité devra donc relancer un concours d’architectes. Après avoir perdu pas mal de temps. Et d’argent

Les organisateurs du festival indignés par le JHM

De plus en plus moralisateur et donneur de leçons, le Journal de la Haute-Marne a publié un drôle de compte-rendu de cette inauguration du festival dans son édition dominicale. Dans un premier article, le quotidien local y fait état de «dessous scandaleux», à cause de la diffusion d’images «à caractère zoophile» lors d’une soirée au Super ou encore d’affiches «explicitement pornographiques placardées durant la nuit en plein centre-ville».
Le JHM publie aussi une interview de Luc Chatel bizarrement intitulée «Le bas de l’affiche» et dans laquelle l’accroche et certaines questions sont pour le moins affirmatives. Du style : «Le festival peine à répondre à sa dimension d’événement international». Ou encore : «Cette 19e édition laisse la part belle aux artistes engagés».
C’est bien la peine d’avoir un maire UMP !
Dans un encadré, on apprend aussi que des centaines d’étudiants sont venus partager leur «phobie créatrice» (sic). Et, dans un autre, que l’affiche annonçant le festival décroche «la palme de l’inanité».
En son temps, L’affranchi avait aussi critiqué le fait qu’il faille prendre une loupe pour savoir qu’il s’agit d’un festival se déroulant à Chaumont du 24 mai au 6 juillet. Mais le JHM n’a pas peur de comparer le graphiste auteur de l’affiche «au plus malveillant des escrocs».
La réponse du festival ne s’est pas fait attendre. Dans une «mise au point» datée du mardi 27 mai, le président Pascal Grisoni, les trois directeurs artistiques Pierre Bernard, Alex Jordan et Vincent Perrottet, ainsi que le délégué général Etienne Bernard, expriment «leur étonnement et leur indignation»

Le coup de patte de «Libé» au quotidien local
«Si certaines images projetées dans le cadre de la programmation visuelle et musicale des soirées organisées dans le bal monté « Le Super » s’adressaient à partir de 23 h 30 à un public adulte, aucune des images imprimées à caractère pornographique placardées dans la ville n’ont été produites par le festival », précisent les organisateurs. «Nous condamnons d’ailleurs leur contamination intempestive de notre système signalétique officiel ».
Et ils ajoutent : «Il est choquant que cet article ne fasse en aucun cas mention du contenu des expositions
présentées mais s’emploie à vilipender sans objet leur mise en oeuvre. Il est insultant pour les artistes, les équipes de montage du Festival et des différents services de la Ville mobilisés depuis plusieurs mois, de s’entendre reprocher d’avoir bâti les choses «à la hâte». Il est diffamant pour Frédéric Teschner, graphiste de l’affiche du Festival, de se voir comparer «au plus malveillant des escrocs». Si nous pouvons discuter sur la critique quant à la taille de la typographie, il est inadmissible que dans la ville de l’affiche, des journalistes d’information qualifient une proposition graphique d’auteur d’«art de ne rien dire».
«Enfin, avec plus de 2300 affiches en provenance de 83 pays, la participation à nos workshops de 7 graphistes internationaux reconnus, des expositions réalisées en collaboration avec deux continents, une présentation magistrale du maître incontesté du graphisme moderne mondial Josef Müller-Brockmann, est-il réellement pertinent de mettre en doute l’envergure internationale du Festival de Chaumont ?
«Nous ne le croyons pas. Ces attaques sont sans fondement, manifestement écrites par des gens fort peu intéressés par le graphisme dans le but de nuire au Festival et à ses équipes.
«Elles visent ouvertement à déstabiliser et désinformer le public chaumontais dans une période de transition où chacun souhaite au contraire continuer à construire ensemble.»
Le JHM se fait aussi épingler par «Libération», dans son édition du 27 mai. «Le poster du festival, signé Frédéric Teschner, est construit en abyme, le graphiste s’y montrant lui-même en train de montrer l’affiche», écrit le quotidien qui consacre un long article au festival. «Partout en ville, cette image obsède comme une belle ellipse qui questionne la composition d’une image. Comme chaque année, l’affiche est critiquée, le journal de Chaumont lui offre même «la palme de l’inanité». Elle est le symbole du travail qui reste à faire pour apprendre, collectivement, à voir, mais aussi à «lire» les images.» Cela dit en toute confraternité...

Les coudées Franches

Cyril de Rouvre, 13 ans plus tard…
Après s’être plaint de n’avoir pas été invité à l’inauguration du festival de l’affiche et du graphisme (L’affranchi de la semaine dernière), l’ancien maire de Chaumont Cyril de Rouvre a finalement reçu un carton, au dernier moment, par porteur spécial. Du coup, il s’est senti obligé d’être présent. Ce qui a fait dire aux habitués du festival, qui ne l’avaient pas vu depuis qu’il a quitté la mairie, en 1995 : «Il suffit qu’il ne soit pas invité pour qu’il vienne».

Jean-Claude Daniel toujours présent
Cyril de Rouvre n’était pas le seul ancien maire à être présent à l’inauguration du festival. Il y avait aussi Jean-Claude Daniel, dont le comportement a parfois agacé certains membres de la nouvelle municipalité. «Il faudrait lui dire qu’il n’est plus le maire», a ironisé l’un d’eux. Sans toutefois oser aller le dire à l’intéressé.
Il faut dire que Jean-Claude Daniel était surtout là en tant que nouveau président de l’ORCCA, l’Office régional culturel de Champagne-Ardenne, c’est-à-dire le bras armé de la politique culturelle de la Région, laquelle est le deuxième financeur (après la ville) du festival de Chaumont.

Lequel des trois maires et anciens maires a raison ?
Luc Chatel a vu dans la présence de ses deux prédécesseurs un symbole fort : celui de l’engagement continu de la ville de Chaumont en faveur du graphisme. Mais, sur le rond-point de la gare, apercevant une affiche de Pierre di Sciullo affirmant «Deux hommes sur trois ont tort», il a lancé : «Nous sommes trois maire et anciens maires. Lequel a raison ?»
Réponse en aparté de son directeur de cabinet Eric François : «On sait déjà qu’il y en a deux qui ont eu tort».
Eric François aurait-il oublié qu’il a siégé au conseil municipal, aux côtés de Cyril de Rouvre, entre 1989 et 1995 ?

40 ans après, Mai 68 choque encore
Faut-il y voir une petite provocation des organisateurs du festival, réputés de gauche, à l’égard de la mairie de Chaumont, passée à droite aux dernières élections ? Toujours est-il que, 40e anniversaire oblige, le festival fait cette année un clin d’œil à Mai 68 à l’hôtel de ville, dans la salle du conseil municipal.
Pour rappeler que l’expression contestataire ne date pas d’hier, l’exposition montre une caricature de 1878, issue du fonds Dutailly et tirée d’un journal anti-boulangiste, et une sélection d’images soixanthuitardes fortes.
En découvrant les images, Luc Chatel a préféré sourire et se taire. Ce qui n’a pas été le cas de plusieurs de ses amis politiques qui ont jugé cette expo «orientée» et manquant de respect à l’égard du Général de Gaulle pour qui le Consiel général construit un Mémorial à Colombey-les-deux-Eglises.
Quant au préfet de la Haute-Marne Yves Guillot, un ancien flic, il n’a pu s’empêcher de manifester un certain agacement face aux affiches stigmatisant la police d’il y a 40 ans.
Finalement, les commémorations ont quand même du bon !


Les scoops du festival
Les ravis de l’affiche
L’installation de Pierre di Sciullo sur le rond-point de la gare, baptisée «N’importenawak», fait partie des bonnes surprises du festival. Tout au long de la journée d’inauguration, les affiches qui se sont succédé à un rythme soutenu sur les quatre panneaux de 3 x 4 m interrogeaient les passants avec leurs drôles de messages : «Les riches ont du mal à s’intégrer dans la société», «Vous qui entrez ici, abandonnez toutes vos actions, obligations et dividendes», ou encore cet hommage à la grande distribution «Pour tout produit échangé, repris ou garanti, une baffe dans la gueule !»
Les trois maire et anciens maires ont préféré poser ensemble devant une affiche délivrant ce message consensuel : «Nous sommes ravis».
Un regret, tout de même : en raison de la pluie, ces affiches ont fini par se décoller. Mais, pendant toute la durée du festival, de nouvelles affiches devraient être collées deux fois par semaine.

Il faut de tout pour faire un festival
Comme chaque année, il y a un peu à boire et à manger dans le festival de l’affiche et du graphisme. L’exposition aux Silos, en hommage au graphiste suisse Josef Müller-Brockmann, est absolument magnifique.
Certaines affiches du concours international, exposées aux Subsistances, sont de véritables œuvres d’art. Au même endroit, à l’étage, chacun appréciera aussi la spontanéité des étudiants des écoles de graphisme invités à plancher sur le thème des rapports hommes / femmes.
L’exposition au musée de la crèche, résultat d’un workshop animé Mexique à l’automne, vaut aussi le détour. En revanche, l’installation à la Chapelle (une sorte de golf) est pour le moins surprenante, tandis que l’exposition présentée au Garage (la scène graphique zurichoise) est assez déroutante.

Toujours les mêmes discours
Après la visite des expositions du centre-ville, les fameux discours d’inauguration du festival ont eu lieu à l’hôtel de ville, aux alentours de 13 h 30. Tour à tour, le maire Luc Chatel, le directeur artistique Pierre Bernard, le vice-président du Conseil général Gérard Groslambert, la vice-présidente du Conseil régional Sylvie Cotillot et le président du festival Pascal Grisoni ont appelé de leurs vœux la réalisation prochaine d’un centre permanent du graphisme à Chaumont. 
Les mêmes discours avaient déjà été tenus l’an dernier et les années précédentes. 

Christophe Poirson
Vendredi 30 Mai 2008
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1.Posté par Oolong le 30/07/2008 12:05
Totalement d'accord concernant vos commentaires sur le JHM, journal de plus en plus totalitaire et donneur de leçons où il n'existe aucun véritable contrôle face à l'abus de pouvoir dont usent et abusent certains journalistes (pas la majorité heureusement) visiblement aigris. Ce canard savonne sa planche en compromettant gravement son indépendance à l'égard du nouveau maire de Chaumont. Quelques plumitifs ont visiblement à cœur de démontrer leur zèle à leur patron, en servant une soupe dont la saveur ne trompe personne.


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