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Les dessous de la visite du Premier ministre

La venue du Premier ministre à Chaumont, ce vendredi 17 avril, a été entourée de drôles de mystères, le paquet ayant été mis sur les conditions de sécurité. 



Ce n’est pas la première fois que Luc Chatel fait venir François Fillon à Chaumont. Comme on peut le voir sur cette photo, en janvier 2002, quelques mois avant la présidentielle, celui qui n’était alors même pas député avait accueilli au bow
Ce n’est pas la première fois que Luc Chatel fait venir François Fillon à Chaumont. Comme on peut le voir sur cette photo, en janvier 2002, quelques mois avant la présidentielle, celui qui n’était alors même pas député avait accueilli au bow
Sauf contrordre de dernière minute (il est toujours délicat pour un organe de presse de parler de quelque chose qui n’a pas encore eu lieu), le Premier ministre François Fillon devait se rendre à Chaumont ce vendredi 17 avril pour un «déplacement de proximité», en compagnie de Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de l’industrie et de la consommation et porte-parole du gouvernement. 

Un secret d’Etat vite éventé...

Les déplacements du chef du gouvernement, comme ceux du président de la République, étant devenus une matière ultra-sensible, une équipe de Matignon est venue repérer les lieux dès le mercredi 8 avril. Voulant rester discrète, elle a fait savoir aux autorités locales qu’elle ne tolérerait aucune fuite. Mais les collaborateurs de Fillon ont voyagé par les airs et ont choisi de faire atterrir l’avion gouvernemental sur l’aérodrome de Chaumont-Semoutiers, qui ne voit pas si souvent se poser ce genre d’appareil. Autant dire que leur arrivée n’est pas passée inaperçue. Et ils avaient à peine touché le sol haut-marnais que la presse locale était déjà au courant et s’en faisait l’écho le lendemain et le surlendemain. Au grand agacement de Matignon qui se serait même demandé s’il ne fallait pas modifier la date de la visite...
L’histoire a provoqué les ricanements du «Canard enchaîné» dans son édition de mercredi. Mais finalement, il n’y a que les horaires qui ont été modifiés, le chef du gouvernement venant le matin au lieu de l’après-midi. Ce qui semblait arranger les (nombreux) journalistes parisiens l’accompagnant.

Parking des Silos, rue Laloy et place des Halles réquisitionnés

Dès jeudi midi, et jusqu’au vendredi soir, un arrêté municipal interdisait le stationnement sur le parking des Silos, dans la rue Laloy, et sur la place des Halles. Au grand agacement, cette fois, de certains commerçants. Mais le paquet a été mis sur les conditions de sécurité, Matignon craignant des manifestations de mécontents. 
Mais, au fait, que venait donc faire le Premier ministre à Chaumont ? L’affranchi a posé la question aux collaborateurs de Luc Chatel. Lesquels nous ont fait savoir que seul le ministre était à même de répondre. Mais jeudi soir, à l’heure du bouclage, L’affranchi était toujours sans nouvelle du ministre-maire...

Montrer qu’il y a des entreprises qui résistent à la crise

Le programme officiel, dévoilé mercredi soir, prévoyait l’arrivée de François Fillon à 10 heures aux Forges de Bologne pour une visite de l’usine et une rencontre avec les salariés. L’idée étant de montrer qu’il y a des entreprises qui résistent à la crise. Et que la situation économique et sociale n’est pas aussi dramatrique que certains le prétendent. Mais c’est justement un reproche qui a aussitôt été adressé au Premier ministre. «Pourquoi ne vient-il pas nous voir ?», s’interrogeait jeudi soir sur France 3 un délégué du personnel de l’usine Isoroy, à Chamouilley, dont la centaine de salariés va être prochainement licenciée. «Comme Nicolas Sarkozy, François Fillon rencontre les gens que ça l’arrange de rencontrer, pas les autres», renchérissait le patron du PS haut-marnais, Eric Loiselet. 
La suite du programme prévoyait une arrivée à Chaumont à midi. D’abord aux Silos pour une présentation des affiches anciennes, du festival international de l’affiche et du graphisme, et du projet de réaménagement du quartier de la gare. Puis à la mairie, pour les discours officiels.
N’y voyant qu’une simple opération de communication, les élus de l’opposition municipale de gauche avaient décidé de boycotter cette visite dont la fin était prévue vers 14 heures. Mais auparavant, le Premier ministre devait encore se rendre au marché couvert pour s’entretenir avec les militants et sympathisants locaux de l’UMP. En privé, en dehors de la présence de la presse...

Christophe Poirson
Vendredi 17 Avril 2009
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