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Le petit journal de... l’année 2008

De la perte du pôle d’instruction aux gendarmes qui se tirent dessus, en passant par les élections municipales, les sanctions prises à l’encontre de la MJC et les tensions au sein du festival de l’affiche, retour sur l’année 2008, mois par mois.



JANVIER. Publication du décret privant Chaumont de son pôle d’instruction. Ce qui est vécu comme un affaiblissement du tribunal de grande instance. Sans juges d’instructions, l’activité va forcément baisser. Est-ce qu’à terme le TGI lui-même se justifiera encore ?
Les amis de Luc Chatel sont inquiets. Rachida Dati n’a pas voulu entendre les arguments de son collègue chaumontais. Et comme beaucoup d’autres services publics sont menacés, rien ne prouve qu’il aura l’influence nécessaire pour éviter les autres catastrophes annoncées. Les opposants du ministre-candidat aux municipales s’en donnent alors à cœur joie.
Réunions, conférences de presse et manifestations se succèdent.
L’intéressé fait le gros dos. Le JHM se montre très discret sur les différents événements et L’affranchi est sollicité pour deux.

FEVRIER. La campagne électorale bat son plein. A peine perturbée par les va-et-vient des compagnons d’Emmaüs étrangers que les autorités locales s’évertuent (parfois de manière spectaculaire) à expulser depuis 6 mois.
Beaucoup de sujets font débat. Mais le plus passionné se situe du côté de Brottes. On y parle de défusion. Patrick Viard ose le mot et, derrière Josette Farina, la gauche se mobilise contre un projet dans lequel elle estime que le village aurait plus à perdre qu’à gagner.
M. Viard sera finalement élu et, filant depuis le parfait amour avec Luc Chatel, on ne l’a plus entendu évoquer un quelconque divorce.
Attendons 2013...

MARS. Elu avec plus de 56 % des suffrages exprimés, Luc Chatel remporte les municipales haut la main. L’affranchi en profite pour faire le point, en deux pages pleines, sur toutes ses promesses de campagne. Un numéro à conserver pendant 6 ans, précisons-nous, persuadés qu’il va se dépêcher d’oublier toutes celles qui ne cadreront pas avec la réalité du budget local.
Peine perdue finalement, puisque 9 mois plus tard il organisera une séance spéciale du conseil municipal pour revenir sur tous ses grands projets, affirmant même qu’il les réalisera sans augmenter les impôts.
C’est donc plutôt le compte-rendu de cette réunion très officielle qu’il faudra garder.

AVRIL. L’affranchi, qui vient tout juste d’avoir 14 ans, s’offre un site internet (laffranchi.fr). On y trouvera les titres des derniers numéros, et surtout, en accès libre, les principaux articles complets des éditions datant de plus d’un mois. Il est possible aussi de télécharger gratuitement chaque numéro (de plus d’un mois aussi) en format pdf.
Moins d’un an après, le site est consulté chaque mois par plus de 1200 visiteurs différents, qui y reviennent à peu près deux fois dans le mois.
Nous n’avions pas imaginé qu’une telle demande existait.
Côté papier, on apprend que l’imprimeur de L’affranchi (L’imprimerie du Petit Cloître) vient d’obtenir le label «Imprim’Vert» nous garantissant une publication toujours plus respectueuse de l’environnement.

MAI. A l’occasion du festival de l’affiche, retour sur le lourd dossier du musée des arts graphiques. Luc Chatel annonce qu’un nouveau projet est à l’étude dans le cadre du futur aménagement du quartier de la gare. On sait déjà (ce qui sera confirmé en décembre) qu’il souhaite utiliser, pour une partie au moins, les locaux de la Banque de France.
L’ancien projet est abandonné au prétexte que sa taille n’était pas conforme au Plan local d’urbanisme. Mais tout le monde le savait et ça n’avait pas empêché le jury (au sein duquel siégeaient des représentants de l’Etat) de choisir ce projet. Jean-Claude Daniel se faisant fort à l’époque de modifier le PLU en conséquence.
Prétendant qu’il ne l’aurait pas pu, Luc Chatel met donc à la poubelle tout le concours d’architectes réalisé sur le projet de l’ancienne municipalité. Pas facile à avaler quand on sait qu’il avait déjà coûté 240 000 euros.

JUIN. Assemblée générale de la MJC. L’affranchi titre : «La ville veut-elle tuer la MJC ?». On parle d’un reliquat de subvention de 60 000 euros (sur 150 000) que la ville avait retenu parce que les documents n’arrivaient pas en temps voulu. Et on commence à se rendre compte qu’ayant enfin ce qu’elle réclamait, la municipalité n’a cependant toujours pas l’intention de verser la part manquante.
La MJC prévient qu’avec ses 11 salaires, elle ne parviendra pas à passer l’été.
Toutefois, un remboursement de trop perçu par l’URSSAF viendra opportunément compenser la perte.
Le dossier reviendra en décembre au Conseil municipal. Et il apparaîtra que la ville a bien l’intention de démanteler la MJC. Elle ferme le local jeunes, puis elle tente de couper la tête en dénonçant la convention qui la lie, pour le poste de directeur, à la fédération nationale des MJC. On sait par ailleurs qu’elle a déjà pris des contacts avec des animateurs leur promettant de les reprendre quand il le faudra.
La ville ayant annoncé qu’elle renouvellerait en 2009 les subventions de 2008. Il suffira qu’elle reconduise la somme amputée des 60 000 euros pour que le fruit mûr tombe dans la main de Vincent Galantier, l’adjoint à la culture.
Très bien joué sur le plan stratégique, mais assez dégueulasse d’un point de vue démocratique. Ce qui contraste avec l’image plutôt lisse de Luc Chatel.
L’espoir des défenseurs de la MJC pour faire reculer le maire-ministre dans ses projets «emjicides» en 2009 : porter l’affaire dans les médias nationaux.

JUILLET. Coup de chapeau à Luc Chatel. Il a obtenu le maintien du 61e RA à Semoutiers.
On voit ici le premier effet de son influence auprès du Président de la République. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, était pourtant un partisan acharné du déménagement de ce régiment.
Le maire-ministre est en pleine bourre. On le verra en photo dans VSD s’apprêtant à marquer un but sur le terrain de sable de Chaumont-Plage (encore une belle réussite de la nouvelle équipe municipale).
Dans la foulée, comme on ne prête qu’aux riches, on voudra lui attribuer plus tard le mérite du maintien de l’Ecole de gendarmerie. Mais ça sera d’autant plus facile pour lui que personne en haut lieu n’a vraiment envisagé le déplacement de cet établissement qui est le plus moderne de France et dont l’emplacement, par rapport aux autres sur le territoire français, n’est pas à remettre en cause.

AOÛT. C’est le retour des gens du voyage. 2 500 tziganes se rassemblent à La Vendue. Et certains d’entre-eux se comportent mal. Rodéos sur la route de Neuilly, détritus sur la voie publique, incidents dans les établissements voisins... puis finalement saccage de la stèle des résistants fusillés.
Le ras le bol de la population locale s’exprime d’autant plus vigoureusement que le quotidien local, si friand de faits divers habituellement, mettra beaucoup de temps à l’entendre. Il estime que cette présence est une aubaine pour l’économie locale. Certes, mais ça n’empêche pas de dire ce qui ne va pas.
Une fois de plus, c’est L’affranchi qui doit s’y coller. Heureusement, une lettre ouverte d’une tsigane (Zsa Zsa Brinzwiska) au pasteur responsable des rassemblements dits «évangéliques» remet les choses en place. Elle qui a écrit un livre sur l’histoire tragique des tziganes pendant la seconde guerre mondiale ne supporte pas les dégâts causés à la stèle. Elle condamne en même temps tous les débordements indignes de ce peuple.

SEPTEMBRE. Ayant réuni l’ensemble du personnel municipal, Luc Chatel annonce un grand chambardement au sein des services. Sans attendre les résultats de l’audit organisationnel, il supprime des directions, redistribue les compétences et réclame des économies de fonctionnement.
Tout cela sous le regard approbateur de la CGT qui découvre étonnée que le dialogue avec cette municipalité de droite est plus facile qu’avec l’ancienne, de gauche.
Mais rassurez-vous, ça ne va pas durer... A l’heure du passage aux actes, la CGT se déclarera très déçue. On en reparlera en 2009...

OCTOBRE. Deuxième coup de chapeau à Luc Chatel. Le dossier qui avait été déposé en toute hâte avant les vacances auprès des structures régionales gérant les aides de l’europe a été retenu. Chaumont recevra 5 millions d’euros du FEDER si elle réalise les projets annoncés, parmi lesquels on trouve déjà l’aménagement du quartier de la gare et la zone commerciale de La Vendue.
Puis le maire fait savoir qu’il a déniché une entreprise décidée à s’installer dans les anciens locaux de Capdevielle. Le groupe Arvato, que le maire-ministre a rencontré à Bercy, veut monter un centre d’appel qui pourrait embaucher 90 bacheliers dès le mois de février.
Avec tout cela, organise une petite réunion sympa du Conseil municipal un samedi matin. En fait, les oppositions vont chipoter sur les cadeaux faits à l’entreprise, contester la légalité d’une délibération, s’opposer à l’installation de caméras de surveillance au centre-ville... et jugé un peu cher le concert de Calogero (150 000 euros pour une soirée, soit autant que la subvention de la MJC pour 1 an et 1 000 adhérents)
Il repart à Paris en retard et fâché.

NOVEMBRE. Explications musclées à l’assemblée générale du festival de l’affiche. On parle d’un climat de défiance entre la ville et la direction générale et artistique du festival. Vincent Galantier, adjoint à la culture et nouveau président du festival est contesté.
Les choses ne s’amélioreront pas quelques semaines plus tard quand on apprendra que la ville demande aux graphistes ayant participé au festival d’abandonner leurs droits sur les œuvres qu’ils ont laissées à Chaumont.
Enfin, une seconde assemblée générale en décembre n’aplanira pas toutes les difficultés. Un budget en augmentation est prévu pour organiser la 20e édition du festival. Mais, contrairement à ce qu’elle avait annoncé, la ville ne mettra pas un sou de plus que l’an dernier. Mais elle compte sur l’augmentation des subventions du Département, de la Région et de l’Etat.
Si Luc Chatel arrive à obtenir des autres ce qu’il se refuse à faire lui-même, nous ne manquerons pas de lui tirer un nouveau grand coup de chapeau.

DÉCEMBRE. Les esprits s’échauffent. Les gendarmes se tirent dessus. Les réunions sont houleuses. La justice est saisie à maintes reprises.
Il va encore y avoir bien des choses à raconter en 2009.
Ceux qui n’ont pas bien saisi les mesures prises en janvier dernier vont comprendre dans les années à venir combien il est gênant de devoir se rendre à Dijon pour répondre à la convocation d’un juge d’instruction.

Lionel Thomassin
Dimanche 4 Janvier 2009
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