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Le loupé européen de la nouvelle municipalité

Un tournoi de foot européen et diverses animations qui devaient avoir lieu ce week-end à Chaumont ont été annulés. La nouvelle municipalité s’est dite prise de court par un événement dont elle n’a pas bien vu l’intérêt.



Bernard Gautier, l’élu chargé des jumelages au sein de la précédente équipe municipale, ne décolère pas. La manifestation européenne regroupant à peu près 200 jeunes de différents pays qu’il avait préparée pour ce week-end a été annulée. Les villes et les clubs concernés ont reçu le coup de téléphone d’une employée de Chaumont le 20 avril dernier. Puis une lettre confirmant l’annulation, signée du 1er adjoint Gérard Groslambert, leur est parvenue la semaine dernière.
Pour l’ancien élu, il s’agit là d’un grave manquement à la parole de la ville. Et au-delà de l’image désastreuse qui est ainsi offerte, il évoque les problèmes que pose ce désistement tardif.
Il rappelle que dans chaque ville des bus étaient déjà loués, que de nombreuses personnes avaient pris des congés pour venir en France, que des chambres d’hôtel étaient réservées à Chaumont... Il se demande aussi ce qu’est devenu le spectacle qui devait être donné par une compagnie strasbourgeoise ce vendredi soir en français et en allemand, autour des personnalités de Marlène Dietrich et d’Edith Piaf. Il regrette également l’abandon d’une réunion qui devait avoir lieu à Bourbonne avec le maire André Noirot et ses homologues des villes thermales de Bad Nauheim et de Bad Langensalza.
Il précise enfin, qu’il avait décroché une subvention de l’Europe de 20 000 euros (1) et que le budget était pratiquement bouclé.


Guillaume Minel : «Il était trop tard»

Du côté de la ville, on explique surtout avoir été pris de court. Guillaume Minel, le chef de cabinet du maire, s’insurge d’ailleurs contre l’ancienne municipalité. «Comment a-t-on pu s’engager, s’interroge-t-il, sur une manifestation qui devait être organisée après les élections ? Le maire ne se représentant pas, on savait que la responsabilité reposerait forcément sur une nouvelle équipe. Or il était sûr qu’elle n’aurait pas le temps de bien préparer.
«Il a fallu annuler parce qu’on allait droit dans le mur. La ville aurait encore plus déçu si elle avait maintenu la manifestation sans pouvoir en assurer le bon déroulement.
«Par ailleurs, sachant que Chaumont est jumelée avec 4 villes européennes, nous n’avons pas compris pourquoi deux d’entre-elles n’étaient pas invitées à cette rencontre.
«Enfin, la manifestation tombait plutôt mal. Durant le week-end nous avions déjà des rencontres de foot et un tournoi de basket. Et puis il était prévu aussi qu’une action soit menée avec les Silos sur le graphisme alors que les personnes concernées ne sont pas disponibles».

Bernard Gautier : «Tout était prêt»

«Le 9 mai c’est la journée de l’Europe qui est fêtée un peu partout, rappelle Bernard Gautier. La rencontre des jeunes footballeurs existe depuis 12 ans, elle rassemble 8 villes européennes (plus quelques invitées de temps en temps) et elle a eu lieu déjà à Chaumont en 1999 (à l’époque on avait eu les jeunes du Spartak de Moscou !). Si elle a été programmée ici cette année, c’est tout simplement parce que le tour de Chaumont était revenu.
«On fonctionne sur le principe de : «les jumelées de nos jumelées sont nos jumelées». Comme le veut d’ailleurs la loi de 1992, il s’agit de favoriser toutes les rencontres directes entre villes européennes. Ce système nous a permis d’aller en Grèce l’an dernier, et nous permettait de recevoir des cette année des Tchèques et des Lithuaniens.
«Et tout était prêt. Une réunion avait eu lieu avec les clubs de Chaumont concernés. Je sais que les équipes locales étaient déjà constituées. On avait le terrain (le stade Gagarine) suite à une entente avec le club de rugby.
«Comme d’habitude, l’accueil dans des familles chaumontaises était prêt. Et pour les jeunes sportifs, nous avions demandé à l’armée de nous prêter 120 lits Picot, qui devaient être installés dans le gymnase Gagarine. Les repas avaient été négociés avec une société du groupe Scolarest...
«Le budget aussi avait été préparé. Il ne restait plus grand chose à faire. Une exposition sur l’Europe avait été réservée. Elle devait être installée dans le hall de l’Hôtel de ville. Nous avions prévu de faire venir un député européen, mais nous n’avions contacté personne. Ça ne devait pas être un problème pour le nouveau maire. Je ne vois pas en tout cas quelle difficulté aurait pu justifier une annulation...».


Un cafouillage incompréhensible

Le moins qu’on puisse dire, dans cette affaire, c’est que le passage de témoin entre les deux municipalités a été inexistant. Le tout est de savoir si c’est l’ancienne qui n’a pas transmis correctement le dossier ou si c’est la nouvelle qui ne voulait pas en entendre parler.
Guillaume Minel affirme que Luc Chatel et son équipe sont animés des meilleures intentions et que leur bon état d’esprit vis à vis des anciens n’est plus à démontrer. Si Bernard Gautier avait des éléments à apporter, il aurait été le bienvenu.
Bernard Gautier répond qu’il est passé à la mairie, après les élections, et qu’il a rencontré Marc Duval, le directeur général adjoint des services qui s’est souvent occupé des questions de jumelage. Ce dernier lui a alors précisé que le sujet était à l’ordre du jour de la prochaine réunion de bureau des élus.
Les seules informations qu’il a eues ensuite, sont venues beaucoup plus tard, quand ses amis d’Allemagne et de Belgique lui ont appris que Chaumont annulait la manifestation. Il s’était engagé et c’est tout naturellement que les maires concernés se tournaient vers lui. D’où sa colère...
Il indique que le dossier avait été validé par Jean-Claude Daniel et que si Luc Chatel avait eu besoin de précisions, il se serait fait une joie de les lui fournir.
Pour donner enfin la mesure de son incompréhension, Bernard Gautier ajoute qu’il n’imaginait pas voir un ministre du gouvernement casser une belle dynamique européenne passant par sa ville, au moment où Nicolas Sarkozy s’apprêtait à prendre la présidence de l’Europe.


(1) Pour donner une idée de l’importance que prenait cette manifestation aux yeux de l’Europe, Bernard Gautier précise que seuls 15 dossiers, sur les 391 acceptés par la commission, ont obtenu cette aide plafond de 20 000 euros.

P. Lefèvre : «un manque de respect»

Ancien adjoint aux sports, aujourd’hui conseiller municipal d’opposition, Patrick lefèvre a tenu à apporter un éclairage politique à cette affaire.
«J’ai évoqué la question en commission animation, déclare-t-il. Personne n’était au courant du projet. Pas même l’adjointe Céline Cuccuru (qui par ailleurs fait très bien son travail). Si le dossier n’est pas arrivé jusqu’à la commission, c’est bien parce qu’on a voulu l’enterrer avant même de l’étudier.
«Pour l’avoir connu en 1999, je peux dire que l’événement est exceptionnel. Il suffit de demander aux jeunes qui l’ont vécu... Et le fait qu’il y ait d’autres manifestations sportives durant le week-end était un argument de plus en faveur des rencontres européennes. Les jeunes footballeurs auraient pu aller aussi voir les matchs de basket.
«Je peux comprendre que Luc Chatel et la nouvelle municipalité aient une autre vision des jumelages. Mais rien ne les empêchait de mettre une nouvelle politique en application après avoir au moins assumé ce qui était déjà engagé.
«Ne pas l’avoir fait, c’est vraiment la marque d’un manque de respect vis à vis des organisateurs et des participants de cette manifestation».

Lionel Thomassin
Vendredi 9 Mai 2008
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