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Le grand défi de la fonction publique



Luc Chatel a aujourd’hui le «cul entre deux chaises». Ministre d’un gouvernement qui a annoncé vouloir supprimer un fonctionnaire sur deux, il s’est fait élire maire d’une ville qui vit essentiellement de ses fonctionnaires. Durant sa campagne, et même sur ses documents électoraux, Luc Chatel s’est donné Saint-Dizier (entre autres) comme modèle. Pourtant, des chiffres même de l’Etat, il apparaît que, depuis 10 ans, la ville du nord du département a perdu trois fois plus d’habitants que Chaumont et que le nombre de ses emplois salariés est en chute, tandis que celui du bassin de Chaumont est en nette progression (+ 7,5 %). Ce moindre mal local tient au fait qu’il existe une base solide de fonctionnaires. Or on voit bien que les mesures annoncées par le gouvernement vont toucher prioritairement les chefs-lieux des petits départements. Ça a d’ailleurs commencé. La suppression à venir des juges d’instructions fait craindre le pire pour le tribunal de Chaumont, voire à terme pour la prison. L’exemple de la protection judiciaire de la jeunesse, puis les craintes exprimées par les agents de la concurrence, la consommation et la répression des fraudes... tout cela montre que la stratégie de l’Etat est de supprimer les petites directions départementales. C’est par des regroupements régionaux qu’il envisage de réaliser des économies d’échelle. Si on regarde bien, il y en a des services départementaux à retirer à Chaumont... Sans oublier que des restructurations s’annoncent aussi au sein de l’armée. Combien d’emplois et de familles pourraient quitter Chaumont dans les 5 ans qui viennent ? Or, bien que l’intéressé ait toujours soigneusement évité de faire des promesses dans le domaine, beaucoup d’électeurs ont voté pour le ministre en pensant que lui seul aurait le bras assez long pour nous éviter les catastrophes. Mais il ne faut guère y compter. Les précédents événements montrent que, même s’il en avait l’intention, il aurait beaucoup de mal à obtenir pour sa ville, un statut privilégié auprès de ses collègues du gouvernement. Les amis de Luc Chatel se rassurent en affirmant que des créations d’emplois privés viendront compenser les pertes du public. Ça ne va pourtant pas être simple. Le contexte actuel n’est certainement le meilleur qu’on puisse espérer. Cependant, même s’il y parvenait, la ville n’en serait pas pour autant sauvée. C’est en cumulant le maintien du public et le développement du privé qu’on sortira vraiment le département de ses difficultés. Sans compter que les suppressions de fonctionnaires s’accompagneront forcément d’un recul des services publics qui rendront la vie locale plus difficile pour les citoyens. En fait, nous ne voyons qu’une solution. C’est celle qui passera par l’opposition, les syndicats et les associations indépendantes. Seule une mobilisation très forte de toute la ville pourra pousser le gouvernement à tenir les seules promesses, pourtant primordiales, que le maire n’a pas faites.

L.T.
Vendredi 4 Avril 2008
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