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Le Conseil général répond-il à la crise ?

Bruno Sido et sa majorité parient sur l’investissement. Mais la gauche pense qu’il faut soutenir les familles en difficulté et aider les entreprises locales à passer le cap de la crise. Le débat qui s’est déroulé à la dernière session du Conseil général.



Faisant sien le discours du président de la République, le président du Conseil général de la Haute-Marne (et sénateur UMP) Bruno Sido pense que la meilleure manière de répondre à la crise, c’est d’investir. C’est ainsi qu’il a fait voter par ses collègues, lors de la session du 27 mars, la décision modificative n°1 du budget 2009 qui se traduit par une augmentation de 5,6 millions d’euros de la section d’investissement. Une évolution liée au plan de relance gouvernemental et au remboursement anticipé par l’Etat de la TVA, qui permet de ne toucher ni aux taux d’imposition, ni à l’emprunt.
Ces nouveaux crédits concernent, pour l’essentiel, les réseaux et infrastructures (nouveaux parkings au Mémorial de Colombey, desserte de l’usine Marie à Corlée, chaussée à Sommevoire et autres travaux routiers). Mais le Département a aussi voté de nouvelles «autorisations de programme» : 5,6 millions d’euros pour l’aménagement du quartier de la gare à Chaumont et 8 millions d’euros pour le plan de réhabilitation des logements de l’office départemental d’HLM Hamaris.
Pour ce qui est de Chaumont, «je me félicite de l’initiative et des ambitions de notre ami Luc Chatel», a confié Bruno Sido, trouvant naturel «que le Conseil général prenne toute sa part dans ce projet d’envergure».

«Les Haut-Marnais verront tout de même leurs impôts augmenter»

En ce qui concerne Hamaris, «46% des logements nécessitent une modernisation». Ce qui représente environ 90 millions d’euros d’investissements à réaliser dans les cinq années à venir (dont 24 millions d’euros sur les fonds propres de l’office, le reste étant assuré par des emprunts et des aides). «Il n’y a pas d’aide de l’ANRU pour les offices ruraux ou semi-urbains», regrette Bruno Sido. «On se retrouve Gros-Jean comme devant. Mais ce que l’Etat n’a pas fait, le Conseil général doit le faire. C’est une question de survie. C’est un moyen aussi de soutenir l’activité et l’emploi».
Voilà une façon de répondre à la crise qui laisse sceptique Didier Jannaud (groupe socialiste). «Pour 2009, les Haut-Marnais verront tout de même leurs impôts augmenter», fait-il remarquer, soulignant que si les taux n’évoluent pas, les bases d’imposition progressent tout de même en moyenne de 3,5%.
L’élu du canton d’Auberive trouve par ailleurs Bruno Sido un peu trop optimiste. «Je pense que nous allons plus particulièrement ressentir, en Haute-Marne, les effets de la crise mondiale dans les trois mois qui viennent», avance-t-il. «Les entreprises qui jusqu’alors tiennent grâce à leur trésorerie mais connaissent déjà le chômage technique ne vont plus pouvoir éviter les licenciements et vont mettre ainsi de nombreuses familles dans de grandes difficultés. Le plus dur va arriver (…). Pour certaines familles, les prochaines factures (cantines, demi-pension, loyer, chauffage, transport) vont être difficiles à honorer. Nous allons certainement devoir intervenir plus fortement. En aurons-nous les moyens si nous investissons toutes nos recettes nouvelles dans des travaux d’infrastructures ? De même, les entreprises vont être confrontées à des problèmes. C’est pourquoi il nous semblerait plus opportun de garder une réserve financière».
Didier Jannaud suggère par ailleurs au Conseil général de mettre en place un «comité de crise pluraliste», associant les principales communes haut-marnaises, ainsi que les communautés de communes.

«Les fonctionnaires, qu’est-ce qu’ils ont perdu comme pouvoir d’achat ?»

Mais Bruno Sido ne l’entend pas de cette oreille. Il pense que le fait de soutenir la consommation, c’est inciter à acheter davantage de produits fabriqués en Chine ou à Taïwan et que ça n’aidera pas les entreprises locales. Ce à quoi Denis Maillot répond : «Pas si vous donnez des bons alimentaires…»
Selon le président du Conseil général, avec 74 millions d’euros par an, ce qui représente le premier poste de dépenses, l’effort de solidarité est par ailleurs «à un bon niveau» en Haute-Marne. Et il ajoute : «On nous dit que la crise a entraîné une baisse du pouvoir d’achat. Mais les fonctionnaires, qu’est-ce qu’ils ont perdu comme pouvoir d’achat depuis le début de la crise ? Et tous ceux qui ont gardé leur emploi ?»
Bref, les avis restent partagés. Et le débat risque de durer aussi longtemps que durera la crise…



Non au déterrage des blaireaux !

Dans un tract distribué à ses collègues et au public, le conseiller général Michel Brocard (Nogent) dénonce «la fédération des chasseurs (qui) organise le 27 juin une journée de déterrage de blaireaux en divers endroits de Haute-Marne».
«Beaucoup de chasseurs reconnaissent, de même que des agents de l’ONF, que le blaireau n’est pas un problème en Haute-Marne», souligne l’élu. «Il est utile à la biodiversité en favorisant la dispersion des graines et participe à la régulation des rongeurs en forêt. Dans les pays voisins de la France, le blaireau est une espèce protégée. Le déterrage est une pratique très cruelle. Les animaux sont terrorisés au fond de leurs terriers, extirpés au moyen de pinces et tués. Pourquoi cette pratique aussi inutile que cruelle ? Elle ne peut être expliquée que par le plaisir de faire souffrir et de tuer. De nos jours, elle est inadmissible et condamnable. J’espère que les maires ne seront pas complices de cette cruauté».
Cette initiative de la fédération des chasseurs a également conduit Nature Haute-Marne et la Ligue de Protection des Oiseaux à lancer une pétition.

«Mon pauv’ M. Jannaud, vous rêvez !»

Croyant déceler dans une intervention de Didier Jannaud, qui faisait référence au rapport Balladur sur les collectivités locales, une volonté du sud haut-marnais de «faire sécession» pour s’associer à la Côte d’Or, Bruno Sido a ironisé : «Comme si Dijon allait penser à Auberive… Mon pauvre monsieur Jannaud, vous rêvez !»
Mais l’élu d’Auberive ne s’est pas démonté. «Une partie du repeuplement du sud haut-marnais se fait par les Côte d’Oriens», a-t-il répliqué. «C’est peut-être un signe. Et puis, il est désormais question de faire un parc naturel national à cheval sur la Haute-Marne et la Côte d’Or…»
Comme quoi, Didier Jannaud ne «rêve» pas tant que ça.


La colère des élus de Neuilly l’Evêque

Le maire et les conseillers municipaux de Neuilly l’Evêque sont venus manifester au Conseil général contre la suppression du centre d’exploitation, qui s’occupe entre autres de la viabilité hivernale. «C’est l’équivalent d’une entreprise de 7 salariés», a argué Michel Kuzara. «La fermeture de ce centre est un mauvais coup pour Neuilly l’Evêque et la communauté de communes.» L’élu a aussi parlé de désertification, soulignant qu’ «entre Langres et Montigny, il n’y aura plus personne». Et de conclure : «Avant, on se plaignait du désengagement de l’Etat. Maintenant que c’est le Conseil général, c’est beaucoup plus inquiétant».
Le plan de «modernisation» des centres d’exploitation du Conseil général prévoit la suppression de 6 sites (Wassy, Doulaincourt, Saint-Blin, Neuilly l’Evêque, Varennes et Longeau) sur 22 d’ici au printemps 2010. Mais Bruno Sido a tenu à rappeler que la «restructuration» s’accompagnait globalement d’une quarantaine d’embauches.

Christophe Poirson
Vendredi 3 Avril 2009
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