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La ville se ruine à toujours vouloir reloger ses services



Fort de son expérience d’ancien employé de la ville, Pierre Volot est persuadé qu’un nouveau regroupement des services municipaux (comme le souhaitait Lionel Blondelle) entraînerait des dépenses inconsidérées. Pour justifier son propos, il s’appuie sur les erreurs passées. «Parmi les professions de foi qui ont défilé dans ma boite aux lettres, pendant la campagne électorale, le détail de l’une d’elles m’a fait sursauter. Celle-ci propose, entre autres, le regroupement des services municipaux au lycée Bouchardon Nord. Non pas que les diverses constructions qui les abritent actuellement soient luxueuses ou vétustes, bien conçues ou inadaptées, puisque quel que soit le domaine on peut toujours faire mieux. Mais parce que j’imagine sans peine la somme astronomique qu’il faudrait débourser au final pour passer d’un lycée à une cité administrative bis. «J’ai assisté pendant des décades, impuissant, aux multiples transformations et travaux lourds de toutes sortes qui ont abouti à ce que l’on connaît aujourd’hui. Au vu de ce que j’ai vécu pendant 22 ans, je peux dire que la transformation d’un établissement scolaire avec internat, de construction ancienne, pour en faire une batterie de bureaux modernes, avec leurs annexes (salles de réunions, reprographie, cafétérias...) demanderait beaucoup de temps et surtout d’argent. Que diriezvous d’un directeur de clinique qui voudrait transformer les cuisines d’une gargote en bloc opératoire ? «Pour moi, tout a commencé lors de la grande récréation nationale de mai 68. Venant de la fonction publique, j’avais choisi de poursuivre une carrière dans la fonction territoriale, en l’occurrence à la ville de Chaumont. J’y ai découvert avec stupéfaction une anarchie dans la façon d’utiliser l’argent du contribuable ; un modèle du genre... «A l’époque, on préparait déjà la réélection de Marcel Baron pour un troisième mandat (de trop). C’est ainsi que les ateliers municipaux du boulevard Diderot ont été rasés, pour aménager le parking actuel, et transférés place du 11 Novembre, dans les bâtiments des abattoirs. D’où une succession de transformations en profondeur, qu’il faut peaufiner encore et encore et qui ne donnera jamais entière satisfaction. «Puis vint l’achat d’un petit immeuble à trois niveaux, rue de Lorraine, pour y loger les services financiers, la DRH et autres, après quantité de modifications. Puis l’achat du troisième étage d’un immeuble neuf, rue Victor Fourcaut pour les services techniques qui y sont restés à peine 10 ans. Puis l’achat de l’ancien parc de la DDE, place du 11 Novembre, dont la réhabilitation n’en finit pas, alors que le bon sens recommandait sa destruction complète. Puis l’achat de l’immeuble SADAC (Société anonyme des autobus chaumontais), place du Général de Gaulle, bâtiment relativement neuf puisque reconstruit après la guerre 39/45, qui abrite les services techniques, l’urbanisme, le service culturel et le service environnement. Et qui, pour ne pas déroger à la tradition, a subi et subit peut-être encore, des transformations intérieures au gré des fantaisies des responsables du moment (élus ou chefs de services). «Là je voudrais ouvrir une petite parenthèse : lors de l’achat de la SADAC, l’intérieur des locaux était délabré. Il a fallu remettre à neuf tous les revêtements muraux et de sol, l’installation électrique, le système de chauffage et autres liftings. A l’évidence, aucun travail n’avait été entrepris depuis l’origine. Ce qui veut dire que, lorsqu’il s’agit de capitaux privés, on les économise à outrance pour renflouer les poches des actionnaires, alors que lorsqu’il s’agit du produit des impôts, on ne lésine pas. C’est ce qui me hérisse. «Plus récemment, la commune a encore investi au quartier Foch, dans un des vieux bâtiments de l’armée pour y loger la démocratie participative et l’Anru. «Parallèlement à ces hémorragies successives, au fur et à mesure que la décompression du personnel s’opérait dans les locaux de l’hôtel de ville (ce qui était une bonne chose, tellement les conditions de travail étaient intolérables) les chantiers s’y suivaient à intervalles réguliers pour cloisonner, décloisonner, vitrer, murer, démurer, fermer, ouvrir, agrandir, scinder, isoler, équiper différemment et j’en passe. «Chaumontais, êtes-vous prêts à payer la note ? Et puis où aurait-on mis les bagnoles de tous ces gens ? Ah oui ! J’oubliais : peutêtre sous les arbres de la promenade Gambetta... comme avant. «Si l’on pouvait aujourd’hui mettre bout à bout les dépenses générées dans ces conditions pour loger les agents municipaux depuis une quarantaine d’années, la somme ainsi constituée représenterait au bas mot 2 ou 3 fois ce qui aurait été nécessaire pour obtenir une (ou des) installations fonctionnelles et pour longtemps».

Pierre Volot
Jeudi 3 Avril 2008
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